Yanou : « ils ne le trouveront pas. A moins de l’appâter, ils ne le trouveront pas. Ce
type n’est pas un sorcier comme les autres mages des ordres mystiques. Le temps ne l’affecte
pas, et sa façon de tuer est particulièrement sanglante. C’est un vampire ou quelque chose qui
s’en rapproche. »
Ping : « on peut lui faire face »
Yanou : « peut-être, mais nous serons légèrement désavantagés. Souviens-toi que
nous sommes des mortels, par contre, lui il est un immortel. Du moins, il ne peut pas mourir
facilement. Même une balle dans la tête ne le tue pas »
Kim : « mais une balle de Casanova pourrait lui faire mal n’est-ce pas ? »
Yanou : « peut-être. Mais il faut d’abord qu’on soit face à lui au moins une fois. »
Au commissariat, Casanova a expliqué au commissaire Aphrodite que les souvenirs
d’Alexandra lui sont revenus. Il en profite pour lui parler du cas particulier de Cornelius
Agrippa.
Aphrodite : « hm ! C’est encore un individu à part comme l’autre du stade »
Casanova : « exactement, mais on ne sait pas encore à qui on a à faire. On sait juste
que ce type est né en 1486 d’après le nom qu’il a donné à Alexandra »
Aphrodite : « il a dû lui faire quelque chose de magique. Pas étonnant qu’elle ne se
souvenait pas de ce qui le concernait directement. Et moi qui l’accusais, la pauvre. »
Casanova : « Cornelius a fait une panoplie de choses dans sa vie. Juriste, philosophe,
magicien, etc. Autant dire qu’il ne sera pas facile à attraper »
Aphrodite : « dans ce cas, nous allons faire preuve de beaucoup d’intelligence pour
attraper ce type de 600 ans. Je n’arrive même pas croire ce que je dis, mais avec ce que j’ai
déjà vu… cette affaire doit se régler discrètement, je ne voudrais pas affoler mon personnel »
Casanova (sortant du bureau du commissaire) : « il faut d’abord qu’on le trouve. »
Deux jours passèrent. Alexandra a repris son travail normalement. Son équipe s’active
à la recherche du maximum d’éléments sur Cornelius Agrippa. Une fois la nuit tombée,
Zédicus et Ursula se préparent à sortir de leur repaire pour aller au domicile de Casanova. Ils
sentent, tout à coup, un mystérieux courant d’air traverser la salle. Mais ils ne voient
personne.
Chef (alerté) : « qui est là ? »
Cornelius (apparaissant à l’entrée de la salle) : « c’est moi »
Chef : « qui es-tu ? »
Cornelius : « peu importe. Vous avez quelque chose que je veux et je suis venu le
récupérer »
Zédicus (sort son épée) : « tu ferais mieux de t’en aller »
Cornelius : « vous ne pouvez rien contre moi. Remettez-moi la fiole qui contient le
garçon »
Zédicus : « c’est moi qui l’ai, mais je crois que… »
Zédicus n’a pas eu le temps de finir sa phrase que Cornelius, d’une rapidité incroyable,
lui arrache le cœur et décapite Ursula.
Cornelius : « tu es leur chef. Je pense que je sais qui tu es »
Chef : « surprend-moi »
Cornelius : « tu as profité, toi aussi, de ma potion de jouvence lorsque nous étions
encore dans l’Ordre du Temple. Mais tu ne m’as pas dit que tu avais d’abord subi l’effet d’un
sort interdit. »
Chef : « tu es plus jeune que moi, petit. J’étais déjà à 200 ans. »
Cornelius : « je me fous de ton âge. Mais je rappelle de ton nom : Béraud »
Béraud : « je n’utilise plus ce nom depuis des siècles. Quand je te regarde, ta tête me
dit bien quelque chose finalement »
Cornelius : « je suis venu récupérer la fiole »
Béraud : « prends-la. »
Cornelius (usant de ses facultés sensorielles) : « ton cœur bat encore ! Tu l’as changé,
c’est ça ? »
Béraud (se rapproche petit à petit) : « j’ai trouvé un cœur spécial, mais j’ai dû attendre
que son possesseur décède avant de le récupérer »
Cornelius (fouille le corps de Zédicus et trouve la fiole dans laquelle est enfermé
Dietrich) : « tu peux donc espérer vivre encore un millénaire, voire plus. Je vais te le prendre
aussi »
Béraud : « tu ferais mieux de t’en aller, tu as tué mes derniers serviteurs »
Cornelius : « j’ai un cœur à prendre et je m’en irai »
Béraud : « vois-tu, je ne suis pas aussi facile à battre »
Cornelius : « je m’attends à un combat facile au contraire »
Béraud et Cornelius se fixent longuement. Puis, Cornelius passe à l’attaque. Ses
assauts sont fulgurants, mais Béraud parvient à les esquiver. Ensuite, Béraud décide de
contre-attaquer, il réussit à blesser Cornelius à la joue, mais… Quelque chose d’inattendu se
produit. Béraud regarde son torse : il n’a plus de cœur. Ensuite, il se fait arracher la colonne
vertébrale par un coup extrêmement rapide de Cornelius.
Cornelius : « je t’ai dit que le combat serait facile »
Béraud s’effondre, il s’éteint rapidement.
Cornelius : « c’en est fini de l’ordre mystique de la Croix Bleue. Maintenant je vais
m’occuper de ce cœur »
Il sortit de la salle et s’en alla, laissant trois cadavres.
Deux jours passent. Au
commissariat, une alerte est donnée : un triple homicide. Casanova, Alexandra, Stonecold et
d’autres agents se rendent sur les lieux et découvrent le spectacle macabre. Les corps de
Béraud, de Zédicus et d’Ursula gisaient là en compagnie des mouches.
Casanova (se bouchant le nez) : « p****n ! C’est quoi cet endroit ? »
Stonecold : « on dirait une salle de rituel »
Alexandra : « non. Regardez l’inscription au fond. Nous sommes dans le repaire de
l’ordre de la Croix Bleue »
Casanova : « sans blague ! C’est donc ici que se trouvaient ces meurtriers. Mais j’ai
l’impression qu’on n’entendra plus parler d’eux maintenant »
Stonecold : « qui a pu faire ça ? »
Alexandra : « aucune idée, mais ça devait être des gens très brutaux »
Casanova : « je crois que brutal n’est pas le mot. Une colonne vertébrale arrachée, ce
type qui a perdu un cœur. C’est presque comme ce qui s’est passé avec Alexandra… »
Alexandra (regarde brusquement Casanova) : « quoi ? Vous pensez que ça peut être
lui ? »
Casanova : « c’est probable. Moi je dirai que c’est lui. La question c’est : pourquoi ? »
Stonecold : « mais qui est ce type ? On dirait qu’il aime tuer comme ça »
Casanova : « quoiqu’il en soit, il faudra qu’on l’arrête. C’est une bête, ce Cornelius »
Une fois revenus au commissariat, ils s’activent à retracer la vie de Cornelius. Mais
tout semble s’arrêter à son décès. Ils ont beau essayer, mais en vain.
Casanova : « d’accord. Ce monsieur est officiellement mort en 1535. Il faisait partie
d’une confrérie appelée l’Ordre du Temple. »
Alexandra : « je fais quelques recherches dessus »
Stonecold : « encore un autre groupe de mages ? »
Casanova : « je suis aussi dépassé que toi. Ce type n’était pas n’importe qui de son
temps »
Alexandra (tapant sur le clavier) : « écoutez ça, l’Ordre du temple est un ordre
religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge. Ses membres sont
appelés les templiers »
Casanova : « continuez s’il vous plaît »
Alexandra : « c’est un ordre de chevalerie fondé à Troyes vers 1110 par neuf
chevaliers en vue d’assurer la sécurité des pèlerins. S’étant rendus coupables du reniement du
Christ et de crachat sur le crucifix, ils ont été condamnés par le pape Clément V et le roi de
France Philippe Le Bel. Le pape prononça l’interdiction de l’ordre et le roi les fit arrêter. Ils
firent l’objet de procès interminables où la t*****e leur était férocement appliquée et qui
aboutiront pour la plupart à des condamnations à mort par le feu. Les derniers templiers à être
exécutés furent Jacques de Molay, Geoffroy et Cornelius Agrippa »
Casanova : « p****n ! Mais que fait-il encore en vie ? »
Alexandra : « ces gens devaient être des mages très forts, mais ils ont tous été
exécutés. »
Stonecold : « vous oubliez un peu vite Agrippa »
Alexandra : « j’avoue que ça me dépasse, cette histoire »
Casanova : « continuez de lire, Alexandra »
Alexandra : « l’Ordre du Temple se continua dans la clandestinité avec pour leader
Bernard de Fabré »
Casanova : « je suis sûr qu’ils ont eu plus de neuf adeptes. Mais que s’est-il passé pour
qu’ils renient leur christianisme ? Qui est finalement ce Cornelius Agrippa ? »
Alexandra : « ils étaient chargés de protéger des pèlerins, ils étaient militaires. Ce type
doit être très entrainé »
Casanova : « peut-être, mais je ne connais aucun entrainement qui permet de vivre 600
ans, et vous ? »
Alexandra : « aujourd’hui, cet ordre n’existe plus. »
Stonecold (regardant l’écran de l’ordinateur) : « inspecteur, venez voir ça »
Casanova et Alexandra se rapprochent.
Casanova : « attendez une minute ! C’est… c’est le type qu’on a retrouvé mort tout à
l’heure. Thomas Bérard, encore appelé Béraud… Il a fait partie de l’Ordre du Temple à partir
de 1256. »
Alexandra : « finalement il a fondé l’Ancien et Mystique Ordre de la Croix Bleue.
Mais il a vécu jusqu’à cette époque ? »
Casanova : « cette histoire est vraiment dure à avaler pour un profane. Autant dire
qu’il est encore plus vieux que Cornelius. Mais ce dernier l’a tué. »
Stonecold : « ça commence à faire beaucoup de morts. On ne sait pas qui sera le
suivant »
Casanova : « c’est vrai ça. On doit trouver la prochaine cible »
Alexandra : « on ne sait pas qui d’autre a pu survivre depuis des siècles comme lui, à
part bien-sûr ce Béraud »
Stonecold : « et ces gens vivaient dans ce taudis, coupé du reste du monde. Le pouvoir
de la religion est vraiment capable de bien des choses »
Casanova : « dans ce cas, je sais à qui je vais demander »
Alexandra : « qui ça ? »
Casanova (se dirige vers la sortie) : « l’antiquaire »
Casanova se met donc en route pour la boutique d’objets anciens. Pendant ce temps,
dans le repaire de l’ordre de l’Aurore Dorée, Chokhmah s’est vite remis de ses blessures et ses
confrères ont déjà incinéré les corps de Daath et Chesed. Le groupe ne compte que trois
membres désormais : Kether, Chokhmah et Tiphareth.
Kether : « je crois que plus on touche au but, plus les choses deviennent compliquées.
On a encore perdu des membres importants, mais on reste fort néanmoins »
Tiphareth : « je vais attraper ces mioches et leur faire passer un sale quart d’heure »
Chokhmah : « j’étais à deux doigts de les avoir, mais ils m’ont eu. Ils sont puissants »
Kether : « vous irez ensemble, ramenez-moi ne serait-ce qu’un seul d’entre eux »
Chokhmah : « il en sera fait ainsi, Maître »
Kether : « quitte à les tuer sur place pour récupérer les parties d’Horus, faites-le »
Tiphareth : « bien, Maître »
??? : « Vous êtes toujours aussi simplets à ce que je vois. Tu as échappé au bucher et
tu te crées encore des ennuis avec des philosophies qui n’aident personne »
Tiphareth : « qui a parlé ? »
Quelqu’un entre par la porte et se tient au milieu de Chokhmah et Tiphareth. Ce
dernier décide de l’attaquer mais il n’arrive pas à bouger, y compris Chokhmah.
Kether : « hahahahaha ! Cela fait au moins cinq siècles que je ne t’ai pas vu, Jacques
de Molay. »
Jacques : « Geoffroy Kether ! Tu n’as pas changé. »
Kether : « toi non plus. Qu’est-ce qui t’amène dans mon antre ? »
Jacques (observant Chokhmah et Tiphareth avec dédain) : « c’est quoi, ça ? Je te
signale que tu n’es plus un commandeur de l’Ordre du Temple. Et en plus, leur niveau est
dérisoire »
Kether : « laisse-les tranquille, tu veux ? »
Jacques : « bien, je suis venu te prévenir que tu risques d’avoir une visite qui risque de
tourner en scène macabre »
Kether : « non ! Ne me dis pas que… »
Jacques : « si. Le légendaire Cornelius Agrippa est de retour. Et le phœnix a déjà
commencé à régler ses comptes. Si je me souviens bien, tu lui dois une vie »
Kether : « non ! Je ne lui dois rien, rien du tout. C’est Béraud qui l’a dénoncé chez le
roi. La nouvelle est arrivée chez le pape et nous avons tous été pris. »
Jacques : « je vais te laisser lui expliquer ça »
Chokhmah : « maître, qui est ce type ? »
Jacques : « eh ben, dis-leur qui je suis »
Kether : « j’ai autrefois fait partie d’un ordre très puissant appelé l’Ordre du Temple.
Ce type comme tu dis étais le grand maître de cet ordre et moi le grand commandeur »
Chokhmah : « vous êtes donc aussi puissant que lui »
Kether : « détrompe-toi. Ces titres n’étaient pas attribués par ordre de puissance. Mais
je peux t’assurer que vous deux, vous ne faites absolument pas le poids face à ce type. La
preuve, essaie de bouger »
Chokhmah (après avoir essayé plusieurs fois de se mouvoir) : « je n’y arrive pas. Ce
n’est pas possible. Quel étrange pouvoir ! »
Jacques : « Cornelius viendra. Il est en mode vengeance là, même moi je le redoute.
C’est vrai que je ne me suis jamais mesuré à lui, mais c’est quand même grâce à lui que nous
avons pu échapper au bûcher. »
Kether : « je n’ai pas envie de me souvenir de ce qu’il a fait pour moi. C’était il y a
très longtemps. Je préfère organiser le futur en cherchant les parties d’Horus »
Jacques : « les parties d’Horus ? Les Templiers cherchaient ces parties mais ils n’ont
jamais trouvé quoique ce soit »
Kether : « tu crois ça ? Je te prouverai le contraire d’ici quelques jours. Il existe des
enfants qui possèdent chacun un pouvoir digne de celui d’Horus. Ils sont tous ici à Saint-
Louis »
Jacques : « la légende ne parle pas d’enfants possédant des pouvoirs. Elle parle d’une
complète réapparition du Messie »
Kether : « peu importe, je vais d’abord les capturer et je te montrerai que tu as tort »
Jacques (se dirigeant vers la sortie) : « je te laisse, je ne serai pas responsable de ta
folie. Pense à recevoir Cornelius comme il se doit, sinon il tuera tes deux guignols »
Dès qu’il mit le pied à l’extérieur, Chokhmah et Tiphareth retrouvèrent leur mobilité
normale. Ils voulurent en découdre avec Jacques en le poursuivant à l’extérieur, mais Kether
les arrêta.
Kether : « arrêtez, malheureux ! Je vous répète que vous n’êtes pas de taille contre lui.
Ne vous avisez pas de me désobéir. Sinon il vous tuera »
De son côté, Casanova arrive chez l’antiquaire. Il fait une rencontre inattendue dans
cette boutique gorgée de clients : Cornelius Agrippa. Casanova hésite à sortir son arme de
peur de créer de la panique. Cornelius reconnait l’inspecteur, mais il est curieusement calme.
Casanova se rapproche discrètement de lui.