Aphrodite : « Nicolas Scott »
Casanova : « hm. Vous connaissez son nom ! »
Aphrodite : « évidemment. C’était l’enfant le plus turbulent de toute ma carrière de
redresseur d’enfants. Il a toujours eu un goût pour le luxe, ce qui brille, le bling-bling. Un jour,
il m’a subtilisé une centaine de dollars, juste pour impressionner une fille. Je lui ai administré
une correction mémorable. »
Casanova : « est-ce qu’il s’est fait des amis du temps où vous y étiez ? »
Aphrodite : « je crois que oui. Deux garçons surdoués traînaient toujours avec lui. Mais
j’ignore ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. »
Casanova : « étant donné que les pirates sont au nombre de trois, nous avons peut-être
la réponse »
Aphrodite (fouillant son tiroir pour en sortir une ancienne photo) : « f****e jeunesse trop
pressée de jouir des richesses mais à qui la maturité de les conserver manque encore. (Ensuite,
elle montre la photo à Casanova) Tenez, regardez voilà les deux surdoués, très intelligents.
Celui-ci s’appelait Dietrich Eckart, et celui-là c’est Johan Eckart, je pense qu'il s'agit de ces deux là »
Casanova (observant la photo) : « des frères ? »
Aphrodite : « exactement. Dietrich est l’aîné des deux »
Casanova : « nous allons devoir utiliser cette photo afin de dresser un portrait-robot de
ces deux garçons »
Aphrodite : « je vous la laisse pour aujourd’hui et aujourd’hui seulement. »
Casanova : « bien, madame ».
A la fin de la journée, le portrait-robot des deux suspects était déjà dressé. Casanova
rentre chez lui, satisfait de l’avancée de son travail. Il constate que sa porte d’entrée n’est pas
fermée, il s’équipe de son arme et entre lentement. Grande est sa surprise lorsqu’il trouve, dans
sa maison, Kim et Ping. On dirait qu’ils l’attendaient. L’inspecteur est un peu méfiant, il pointe
d’abord son arme sur eux. Puis, il a juste le temps de cligner des yeux que Kim se retrouve déjà
derrière lui. Casanova sursaute, il ne l’a pas vu se déplacer.
Ping : « inspecteur, venez et asseyez-vous s’il vous plaît »
Casanova : « comment êtes-vous entrés chez moi ? »
Ping : « j’ai juste dit : sésame, ouvres-toi »
Casanova (rangeant son arme) : « qu’est-ce que vous me voulez ? »
Kim : « on a des choses à vous dire sur nous. »
Ping : « en effet, c’est la raison de notre visite. »
Casanova : « bien… Toi, l’asiatique, comment es-tu sorti de prison ? »
Ping : « j’ai été aidé par un mage. Il m’a promis une autre vie et je l’ai suivi.
Personnellement, c’est lui qui a voulu qu’on vous aide le soir où vous alliez vous faire tailler à
la hache. Il n’y a vraiment pas de quoi ! »
Casanova : « je sais que je vous dois la vie d’une certaine façon. Et toi, Kim ? Tu as
disparu avec ta sœur, c’est la même histoire de mage ? »
Kim : « c’est un mage qui ne vous ferait aucun mal. Ma sœur et moi l’avons suivi parce
que nous ne comprenions rien à nos pouvoirs. Maintenant, nous savons ce dont nous sommes
capables »
Pendant qu’ils discutent à l’intérieur, Yanou est caché dans un buisson et grâce à ses
facultés visuelles, il voit à l’intérieur. Il observe le corps de Casanova et quelque chose attire
son attention ; le buste de Casanova est différent du reste de son corps. Il constate quelque chose
d’autre : la bouche de Ping, les pieds de Kim et le buste de l’inspecteur sont pareils. Yanou est
content, sa théorie vient d’être confirmée. Mais sa joie sera de courte durée.
En effet, trois membres (Daath, Chesed et Tiphareth) de l’ordre hermétique de l’Aurore
Dorée apparaissent tout à coup devant la porte d’entrée. Casanova, qui a vu une ombre sous sa
porte, a juste le temps de dégainer son arme lorsque Tiphareth arrache la porte. Daath et Chesed
se précipitent à l’intérieur, mais Casanova tire sur Chesed. Celle-ci esquive la balle à la grande
surprise de l’inspecteur. Kim se déplace tellement vite qu’elle n’est visible que lorsqu’elle
s’arrête, elle repousse Tiphareth hors de la maison d’un coup de pied. Ping se retrouve face à
Chesed. Elle sort une dague de sa poche et essaie de le poignarder, mais Ping, d’un souffle de
la bouche, l’envoie valser dans le décor.
Tiphareth a à peine le temps de se remettre du coup de pied qu’il a reçu, que Yanou
l’assomme à l’aide d’un morceau de bois. Casanova, bien que tenant son arme, se rend compte
que les enfants se débrouillent bien sans son aide. Daath se retrouve encerclé par Kim et Ping.
Daath : « écoutez, on voulait juste poser une question au commissaire »
Ping : « drôle de question à poser avec des dagues »
Daath : « l’un des nôtres a été tué il y a quelques jours, Gueburah »
Kim (se tournant vers l’inspecteur) : « connaissez-vous Gueburah ? »
Casanova : « non ! Je ne connais pas »
Daath : « vous le connaissez certainement pas son nom de policier, Rabi Aba »
Casanova (surpris) : « ah je vois ! Il était l’un des vôtres. Disons que je l’ai tué »
Daath : « vous le paierez cher »
Chesed, qui s’est relevée discrètement, lance sa dague en direction de Casanova, mais
au lieu de lui pénétrer la poitrine, la dague se brise au contact de celle-ci. Ce qui ne manque pas de surprendre Daath,
Chesed et les deux enfants. Chesed lève sa main, une lumière enveloppe les trois membres de
l’ordre de l’Aurore Dorée, puis ils disparaissent sans laisser de trace. Casanova réalise à peine
ce qui vient de se passer.
Casanova : « c’est vous qui… »
Kim : « non, ce n’est pas moi »
Ping : « je vous promets que je ne peux pas faire ça »
Casanova (regardant son buste avec stupéfaction) : « c’est dingue ! Qu’est-ce qui m’est
arrivé ? »
Yanou (de l’extérieur) : « Ping, Kim, on s’en va »
Ping « au-revoir inspecteur »
Kim : « bye bye »
Casanova n’a même pas le temps de leur répondre, tellement il est perdu dans ses
pensées. Il essaie de savoir ce qui lui est arrivé, un changement qu’il n’a même pas pu
remarquer. Tout à coup, il se souvient d’une discussion avec Stonecold et des mots de ce
dernier : « justement à propos de ça… », « Inspecteur, j’ai quelque chose de très important à
vous dire ».
Casanova (se frappant la tête) : « mais mince ! Ce n’est pas vrai ! Peut-être que c’était
ça qu’il essayait de me dire l’autre jour et je l’ai envoyé balader. p****n ! Me voilà dans le flou
maintenant. Il va falloir que je lui parle demain. ».
Le lendemain, Casanova arrive au commissariat de bonne heure. Il trouve que Stonecold
est déjà sur son bureau.
Stonecold (le voyant s’approcher) : « bonjour inspecteur »
Casanova : « stonecold ! Retrouve-moi à l’extérieur, il faut qu’on parle »
Stonecold : « d’accord »
A ce moment, Aphrodite de Guzman arrive au commissariat.
Aphrodite : « inspecteur Casanova. Dans mon bureau s’il vous plaît »
Casanova (à voix basse à Stonecold) : « on verra plus tard »
Il se rend dans le bureau du commissaire.
Aphrodite : « le travail a un peu avancé, les portraits robots ont été élaborés de façon
expéditive. Je vous envoie à la mairie, vous et le commandant Alexandra Bayles. »
Casanova : « que devons-nous faire à la mairie ? »
Aphrodite : « c’est pourtant évident ! Vous devez prendre connaissance de chaque
recoin, surtout de la pièce dans laquelle sera exposé le Cullinan. Il est impératif que nous
empêchions le vol de ce diamant dans cette ville »
Casanova (lui remettant la photo qu’il a prise hier) : « bien compris madame. Tenez »
C’est ainsi que Casanova et Alexandra se rendent à la mairie. Le compte à rebours est
lancé, plus qu’un jour avant l’exposition du Cullinan. Une fois arrivés, ils demandent à parler
au chef de la sécurité du bâtiment, ce qui leur est accordé.
Chef de sécurité : « bonjour monsieur et dame, que puis-je pour vous ? »
Casanova (présentant son badge) : « bonjour. Je suis venu pour avoir des informations
concernant l’exposition du Cullinan »
Chef de sécurité : « ah d’accord ! L’arrivée de ce diamant se fait secrètement, le jour,
l’heure, ces données ne sont choisies que par ceux qui le transportent et le maire »
Alexandra : « où aura lieu l’exposition ? »
Chef de sécurité : « au troisième étage, il y a moins de portes et on n’a qu’un seul escalier
qui mène à ce niveau. »
Casanova (regardant autour de lui) : « quel sera votre système de sécurité pour garantir
la protection du Cullinan ? »
Chef de sécurité : « désolé, je ne vous en dirai pas plus. Je sais que vous serez avec nous
ici demain, mais nous ne dévoilons à personne notre système de sécurité. »
Alexandra : « qu’en est-il du parking souterrain ?’ »
Chef de sécurité : « il sera fermé afin que nous puissions contrôler toutes les entrées. »
Casanova : « bien, alors. Je crois qu’on a fait le tour. »
Chef de sécurité : « passez une bonne journée, monsieur et dame »
Une fois à l’extérieur…
Alexandra : « je trouve ce monsieur un peu trop sûr de lui »
Casanova : « ou alors il a confiance en leur organisation »
Alexandra : « espérons que les voleurs se feront prendre »
Casanova : « si c’est ce Nicolas, je pense que pour cette fois, je parierai sur le voleur »
Alexandra (éclate de rire) : « vous êtes vraiment incorrigible »
Casanova : « je crois que j’ai une idée. Je vous donnerai des détails au commissariat »
Alexandra : « d’accord ».
Arrivés au commissariat, Casanova et Alexandra tirent Stonecold avec eux dans la salle
d’interrogatoire. C’est là que Casanova leur fait part de son plan qu’il détaille pendant une
trentaine de minutes.
Le lendemain, Stonecold découvre sur le site officiel des pirates un message disant que
le vol se fera pendant l’exposition. Il rapporte immédiatement l’information à Casanova et
Alexandra. Pendant ce temps, le commissaire Aphrodite de Guzman est assise dans son bureau
et regarde avec nostalgie les photos de l’époque où elle dirigeait la maison de correction.
Alexandra : « ils vont oser commettre ça pendant l’exposition, ils sont vraiment sûrs
d’eux pour prendre une telle décision »
Casanova : « quoiqu’il en soit, notre plan ne change pas. On procède comme prévu »
Stonecold : « bien, inspecteur »
Aux environs de midi, La mairie fait passer un communiqué radio/télé disant que le
diamant sera exposé au troisième étage du bâtiment à 15h précises, information qui est aussitôt
relayée au commissariat. Casanova, Alexandra et Stonecold prennent donc la route pour la mairie. Trente minutes plus tard, ils arrivent devant le bâtiment principal. Casanova observe
autour lui ; il y a des gardes partout et les invités sont enregistrés via un code barre, puis ils
doivent attendre l’heure de l’exposition au premier étage. Le chef de la sécurité les rejoint dans
la cour, puis ils entament une discussion.
Chef de sécurité : « ravi de vous revoir chers policiers »
Casanova : « c’est ça, bien sûr ! Pouvons-nous jeter un coup d’œil à la salle
d’exposition ? »
Chef de sécurité : « certainement, inspecteur. Si vous voulez bien me suivre. Cependant,
seuls deux d’entre vous pourront entrer, une personne devra rester à l’extérieur. Ceci est un
ordre du maire »
Alexandra : « quoi ? On est là pour vous donner un coup de main et c’est comme ça que
vous nous traitez ? »
Chef de sécurité (entrant dans le bâtiment) : « je regrette mais j’obéis aux ordres. Que
deux d’entre vous me suivent »
Stonecold : « ça ira, inspecteur. Vous pouvez entrer avec le commandant Bayles. Je vais
rester ici »
Alexandra (à Stonecold) : « je suis désolée. Vous ne méritez pas de rester ici »
Casanova (suivant le chef de sécurité) : « ouvre l’œil, Stone ! Et le bon surtout »
Stonecold : « bien reçu »
Le chef de la sécurité les emmène au troisième étage. Toutes les salles sont fermées à
clef sauf une seule, celle où aura lieu l’exposition. Ils entrent dans la salle, à la grande surprise
des deux policiers, le Cullinan est déjà prêt à être exposé.
Alexandra (émerveillée à la vue du diamant) : « nom de Dieu ! C’est une pure
merveille ! »
Casanova (au chef de la sécurité) : « vous avez juste mis le diamant ici ? Comme ça,
tout simplement ? »
Chef de sécurité : « comme vous pouvez le voir, dans cette salle, nous avons trois
caméras. Deux s’occupent de la couverture de cette salle et la dernière est essentiellement
centrée sur le diamant. Elle est équipée d’un mini lance-flèches relié à un détecteur de
mouvements qui se trouve à 5cm à la ronde du diamant. Ces flèches sont imbibées d’un poison
recueilli chez un serpent venimeux, le krotal. Je souhaite bien du plaisir à ces pirates »
Casanova (continuant d’observer attentivement autour de lui) : « hm. Espérons que cela
suffira »
Chef de sécurité : « et vous, qu’avez-vous prévu ? »
Casanova : « vous le saurez bientôt »
Chef de sécurité : « j’insiste, je voudrais connaitre votre plan »
Casanova : « nous ne connaissons pas votre système de sécurité, alors n’exigez rien de
moi. Vous le saurez tout à l’heure »
Alexandra et Casanova redescendent au rez-de-chaussée, Stonecold les attendait. Ils
s’éloignent tous les trois pour éviter d’être écoutés par les gardes.
Stonecold : « ça se présente comment, là-haut ? »
Alexandra : « c’est une pure merveille ! Je n’arrive pas à croire que de telles merveilles
existent sur cette terre »
Casanova (à Alexandra) : « calmez-vous un peu, d’accord ? Vous êtes complètement
obnubilée par un simple diamant »
Alexandra : « connaissez-vous la valeur de cette merveille ? »
Casanova (Stonecold) : « on va se mettre en position. Mais un petit détail s’impose »
Alexandra et Stonecold : « lequel ? »
Casanova : « le diamant est trop visible. Aucune barrière, tout montre aux pirates qu’ils
sont attendus de pied ferme. Donc je suis sûr que le diamant sera effectivement pris aujourd’hui
mais d’une autre manière ».
Stonecold : « comment ça ? »
Alexandra : « il est vraiment trop surveillé de l’intérieur, la surveillance externe est tape-
à-l’œil et c’est le moins qu’on puisse dire »
Casanova : « il n’y a qu’un seul moyen par lequel on peut entrer dans le bâtiment sans
être vu. »
Alexandra : « le parking souterrain qui se trouve à 400m d’ici »
Casanova : « exactement. Et je vous parie que les pirates sont déjà à l’intérieur »
Stonecold : « dans ce cas, on devrait les prévenir »
Casanova : « tu es fou ou quoi ? Notre plan tomberait à l’eau. Pour vérifier mon
hypothèse, je vais aller au parking souterrain avec Alexandra. Toi tu entres dans la voiture et tu
te prépares à démarrer »
Alexandra : « s’ils sont à l’intérieur et que vous avez vu juste, on aura une longueur
d’avance sur eux »
Stonecold (se dirigeant vers la voiture) : « ok, inspecteur »
Casanova et Alexandra se dirigent à pied vers le parking souterrain de la mairie. Il est
exactement 14h35 lorsque la sécurité reçoit le dernier invité et ferme ses portes pour attendre
l’heure fatidique. Lorsque Casanova et Alexandra arrivent au niveau du parking, ils constatent
que le portail possède un trou béant fait au laser. Alexandra est sur le point de parler lorsque
Casanova, d’un geste, lui demande de garder le silence. Ils s’équipent aussitôt de leurs armes
et entrent dans le garage en passant par le trou. A 14h50, la sécurité dirige les invités au
troisième étage. Il leur faut approximativement dix minutes pour réunir tous les invités dans la
salle en respectant le protocole mis en place.