Je suis retournée m’assoir à la véranda de Mimi et j’ai commencé à jouer aux sept cailloux (Jeu solitaire ou de groupe qui consiste à lancer un caillou en l’air, puis à ramasser 1, 2, 3, 4,5 ou 6 cailloux au fur et à mesure en rattrapant le caillou en l’air dans la même paume de main, sans les faire tomber sinon on recommence).
En attendant les nouvelles du mari de Mimi. Vraiment celui-là aussi il aurait pu se noyer dans les cacas! Tout ça pour un porte-monnaie. Je ne comprenais pas son obsession à vouloir récupérer absolument ce porte-monnaie. Mais bon chacun ses problèmes. Moi j’ai mes propres fesses qui vont encore très mal depuis mon viol.
Je m’efforçais de ne pas penser à ca, principalement au vide de mon esprit à son truc qui avait forcé mon corps, à la sensation de ne plus être la même qui ne me quittait plus. J’avais plus envie d’aller me balader, moi qui adorais avant marcher dans tout le quartier. Je ne savais même plus c’est qui me faisait envie depuis mon retour, c’était comme si j’avais perdue ma joie de vivre. Même aller grimper aux arbres ne me passionnait plus autant.
Plus tard entre midi quinze heures Mimi s’est pointée :
- Aicha à peine rentrée, tu jettes mon mari dans un WC ?
–Quoi ? Puis je me rends compte qu’elle plaisante, car elle sourit en disant ça et je souris aussi. Ooh c’etait un accident. Dis-je.
– Ah bon ? Raconte-moi ta version, on m’a dit qu’il a ouvert le WC tout seul et qu’il est entré dedans !
– C’est vrai mais…
– Aicha laisse tomber! Un accident c’est quand une voiture te cogne par surprise. Il devait avoir envie de se suicider ce fou, je me demande comment je me suis retrouvée marié à un type pareil, mes parents n’étaient vraiment pas des gens bien pour envoyer leur enfant chez un conard pareil.
- Mimi son porte-monnaie était tombé à l’interieur.
– Quoi ? Tu veux dire qu’il est entré dans le WC pour retirer un porte-monnaie ?
– Euh ! Oui ! C’était vraiment absurde maintenant que j’en parlais.
– Ce matin, il m’a dit qu’il n’avait rien vendu depuis une semaine et qu’il n’avait pas de ration à me donner. À mon retour tu me racontes qu’il a failli mourir pour un porte-monnaie ? Vraiment l’homme, bien fait pour lui! Conclu-t-elle en se dirigeant dans la maison et en secouant la tête genre dépassée.
– Il va bien ?
– Ne t’inquiète pas il est dans le coma et toute sa peau s’est décolée de son corps il risque de mourir incessamment.
Pourquoi est- elle si calme? Je suis abasourdie.
- Mais c’est grave alors ?
– Aicha arrête d’être si naïve il a absorbé une grande quantité d’odeur toxique dans le WC et la chaleur a détruit son épiderme. On lui a embaumé tout le corps des bandages s’il s’en sort ça sera un miracle.
Elle n’est pas sensée être en train de pleurer à chaude larmes ?
– Mais et …
- Aicha arrête vous n’étiez pas à deux ? C’est lui qu’il fallait convaincre de ne pas descendre dans les cacas moi je n’y suis pour rien!
Me balance-t-elle à la figure pour me couper la parole.
– Oh oh ! C’est encore ma faute ?
– Écoute Aicha l’histoire du porte-monnaie tu le gardes pour toi. Comme il va surement mourir, tu raconteras à tout le monde qu’il essayait de reconstruire le WC qui menaçait de s’écrouler.
Et elle se demande pourquoi elle l’a épousé ? Je remarque :
– Mimi il a dit la même chose à son frère qui l’a vu détruire le WC.
– C’est très bien. Comme ça personne ne saura que j’avais épousé un idiot suicidaire. Maintenant laisse moi je suis venue prendre des petits trucs pour aller le veiller à l’hôpital. Le problème c’est que je ne peux te laisser ici toute seule ça risque d’être long mon séjour là bas.
– Je repars à Foumban ? Chez nous ?
– Non plus tard, s’il meurt j’aurai besoin de quelqu’un pour les courses le veuvage c’est un an sans bouger de la maison je ne m’en sortirais pas si je n’ai pas de coursier.
– Ah ! Il va vraiment mourir alors ?
- J’espère pour lui sinon il va devoir vivre avec le ridicule! Ironise-t-elle
– Tu ne vas pas pleurer s’il meurt ?
– Arrête de poser des questions stupide et vas emballer tes affaires met les dans ce plastique je t’amène chez une copine à moi qui a besoin d’aide.
– Elle habite loin ?
– Tu vas à Foumban.
Mon ventre se charge brusquement d’espoir :
– À Foumban!
– Oui chez une dame mais tu ne passeras pas chez vous !
– Pourquoi ?
– Ton père ne doit pas savoir que tu es à Foumban sinon, je lui raconterai ta petite histoire avec le mari d’Adija !
Je panique :
- Quelle histoire ?
- Tu me prends pour une idiote ? Ce matin je suis allé sur place vérifier pourquoi tu étais rentrée et j’ai rencontré la petite Maryam qui m’a raconté que tu dormais avec son père et comme il t’avait fait mal tu as fui.
– Mimi je ne voulais pas ...
– C’est toi qui le dis. Me coupe-t-elle. Si ton père apprend que tu n’es plus vierge donc mariable, il ne voudra plus jamais de toi donc tiens toi à Carreau.
J’insiste qu’a même :
– Mimi il m’a forcée
– Peut-être mais le résultat est le même ! Tu n’es plus mariable personne ne voudra plus de toi ! Tu as mal aux fesses ?
Je baisse la tête répetant :
– J’ai rien fait ! Euh oui un peu.
Je suis embarrassée je déteste baisser la tête comme ça tout le temps je n'ai rien fait bon Dieu! Pourquoi je me sens mal aussi coupable et honteuse ?
- Tu as saigné ?
– Quoi ?
– Je te demande si le sang est sorti ?
– Sortie d’où ?
– Tu es vraiment bête ou tu fais exprès ? Quand tu as fini l’autre jour avec le mari d’Adija le sang coulait sur toi ?
Je me sens de plus en plus mal à l’aise j’ai vraiment envie de me cacher dans un trou n’importe où. Et puis je ne me rappel pas et je ne veux pas me rappeler ! J’ai juste envie de pleurer à l’évocation de tout ça mais je m’attends répondre:
– Eeuuuh je ne sais pas euh, le sang devait couler ?
– Tu sais quoi ? Laisse tomber tu as fini ? dit-elle découragée.
Mince je suis en train de pleurnicher ça vient d’où toutes ces larmes qui me coulent des yeux pour rien tout le temps, je suis devenue une vraie pleureuse de deuil :
- Finir quoi ?
– D’emballer tes affaires on part sinon tu vas rater la voiture moi je te dépose vite fait et je file faire la malheureuse à l’hôpital.
J’essuie mes larmes d’une main et je coure dans la chambre prendre mon petit paquet que je n’avais pas eu le temps de défaire et je la retrouve à la porte.
Je repars à Foumban!
Mimi m’a conduite à l’agence et m’a laissé avec une dame qui devait me conduire chez sa copine qui avait besoin d’aide. Le voyage s’est passé en silence d’ailleurs, les cassis sur la route, la forte poussière qui s’infiltre à travers les vitres du taxi brousse ne donne pas envie d’ouvrir la bouche pour parler à qui que ce soit.
….
La dame et moi on a pris un taxi pour « Foutain » un quartier de la ville de Foumban. Nous sommes passés par le marché central de Foumban, chez moi c’est tout près du marché, je pouvais y être en moins de cinq minutes mais si j’arrive à la maison que dire à papa?
Déjà que je n’arrive plus à soutenir le regard de tout le monde depuis un certain temps, ma vie est devenue trop compliquée à mon goût il vaut mieux que je me tienne à carreau.
Je ne voyais pas en train d’expliquer à mon père que je ne pourrai plus jamais être une « Tahnabi » (Jeune femme vierge à marier). C’est sur, ma mère me fichera tout suite dehors sans hésiter. Mais papa ? Il me laissera peut être mais la déception et la pitié dans son regard ? Non! Tout sauf ça. Donc mon rêve d’évasion je l’oubli je resterai tranquille jusqu’à ce Mimi vienne me récupérer. Si elle vient un jour.
La nouvelle maison de Foutain est très luxueuse elle est dans une grande barrière carrelés de tous les côtés en blanc cassé, la cour est dallée aucune poussière rouge à l’interieur, il y a trois maison donc une en étage et deux surélevées. On prend les escaliers pour arriver à une porte.
– Toc toc Adja tu es là ?
Une petite voix fatiguée de femme répond :
– Oui qui est là ? Pardon entre et viens dans la chambre.
La dame entre moi sur ses talon et :
Waouh ! Quel beau salon ? Même l’intérieur de la maison est carrelée la dame doit être riche, une grosse télé plate, des beaux fauteuils recouvert de tissu style louis XIV j’apprendrais ça plus tard, une table vitrée au milieu de tout ça avec des jolies nappes partout.
Le sol est recouvert de tapis rouge et fleuri c’est beau ici. Mais tout ça est très froid comme si personne ne s’asseyait jamais sur les fauteuils comme si la maison toute propre et belle était sans vie aucun bruit à part :
- Vous êtes ou ? Venez ! Je ne peux me levez je suis dans la chambre.
La dame me dit :
– Attends ici. elle se dirige dans la chambre.
J’attends des voix mais je ne discerne pas les mots alors je continue d’admirer la maison …Quelques instant plus tard la dame ressort et me dit :
- Bon au revoir va voir Adja dans la chambre elle te dira quoi faire ! Elle tourne les talons et s’en va. Puis referme la porte derrière elle.
Je me dirige vers la chambre d’où elle sortait et je pointe mon nez, une femme est couchée sous des très beau draps.
– Entre n’ai pas peur de moi je suis juste malade. M’encourage t-elle.
Je m’avance à l’intérieur de la chambre et l’observe mon Dieu elle est vraiment maigre cette femme! Carrément la peau sur les os. Sa maigreur faisait peur. Je lui dis :
– Bonjour.
– Bonjour ma fille c’est toi Aicha ?
Je fais oui de la tête il y a une odeur bizarre qui se dégage de la chambre.
- N’ai pas peur de moi viens t’assoir près de moi.
Je m’approche et pose un bout de fesse sur ses draps soyeuses et je tourne la tête vers elle
- Vous avez quoi ?
- Tu veux voir ?
Je fais encore oui de la tête.
Alors adja baisse son pagne sur son corps squelettique raide et me montre son dos je sursaute du lit et me lève mon Dieu! C’est qu’elle genre de maladie ça ? Elle avait le dos recouvert de plaie ouverte d’un rouge sale avec des parties en blanc comme des pues sur de la chair. Ça ne coulait pas mais l’image était insoutenable et affreuse. Elle se recouche sur le lit très lentement et se recouvre le corps.
- Je suis affreuse n’est-ce pas ? Articule-t-elle faiblement.
Je fais l’effort de surmonter mon dégoût :
– Non pas vraiment !
Elle essaiye de sourire et se trouve prise d’une quinte de toux
– Oukch ! oukch ! oukch !
Je la regarde se débattre avec la toux sans savoir quoi faire. Comment Mimi a pu imaginer que je pouvais aider cette femme ? Je ne suis pas docteur moi !
– Ça va ?
Lui demande-je une fois qu’elle a fini de tousser sans oser l’approcher.
Adja me fait oui d’un faible mouvement de tête.
– Ou es ta famille ?
Adja me regarde un moment et répond de sa petite voix
– ils m’ont tous abandonnés. Je suis malade depuis deux ans déjà !
– Ooh pardon
- C’est rien mon mari est juste dans la grande maison en étage à coté, il attend que je meure pour m’enterrer.
Mon cas n’était rien par rapport à elle c’était affreux de se retrouver dans cette situation.
– Pardon je … je suis désolée
– S’il te plait ne me fuit pas, tu veux bien rester avec moi et m’aider à nettoyer mes plaies en attendant que je meurre?
En réalité je n’ai pas trop de choix mais elle ne doit pas être au courant alors je lui réponds :
– Oui je vais rester.
- Merci vas t’installer dans l’autre chambre et visite la cuisine, tu dois avoir faim mais stp reste à portée de voix je ne peux pas crier.
– Pourquoi tu ne vas pas à l’hôpital ?
- Laisse je suis fatiguée je t’expliquerai vas te laver et mange puis allume la télé si tu veux il y a le câble.
Je sors de la chambre sur la pointe des pieds et me dirige dans l’autre chambre, elle a aussi un grand lit avec des beaux draps fleuris propres et une grosse couverture c’est trop beaux je ne peux pas dormir là peut être que l’autre porte ?
Je ressors et ouvre l’autre porte c’est une cuisine avec un grand frigo gris métallisé, une grande cuisinière sur laquelle est posée une assiette couverte il y a un levier tous ces truc qu’on voix à la télé dans une cuisine waouh! Dommage de ne pas pouvoir en profiter.
J’ouvre l’assiette sur la cuisinière : des spaghettis aux boulettes de viande je crois, l’odeur est tout simplement attirant et je meurs de faim.
Je prends un plat et me sers une petite quantité je retourne à la petite salle à manger en face du frigo je m’assoie sur une chaise en bois et pose mon plat devant moi , tire une fourchette dans un panier à cuillère posé sur la table.
J’essaie la première bouchée c’est bon mais j’avale péniblement l’image du dos d’Adja m’a coupé l’appétit, j’ai vraiment plus très faim tout à coup je me lève et retourne dans la chambre d’Adja :
– Adja tu as mangé ?
– Non aicha ils ont déposés quoi aujourd’hui ?
– Des spaghettis.
– Tu veux bien m’en apporter un peu stp ?
– Oui bien sûr. Je file à la cuisine et lui ramène mon plat de nourriture.
- Aicha ? En constatant que je lui tendais le plat.
– Oui Adja.
- Je ne peux pas manger seule même de l’eau j’ai besoin de quelqu’un pour m’aider à boire.
– Je dois te nourrir alors ?
- Oui aide moi à me soulever un peu.
– Comment ?
En réalité j’avais peur de lui faire mal je la regarde et cherche un endroit ou poser mes mains elle est si maigre et si fragile.
– Soulève juste un peu ma tête sur l’oreiller ça ira.
Ce que je réussi à faire au bout d’un bonne minute et je m’assoie près d’elle sur le lit. J’enroule tant bien que mal les spaghettis sur la fourchette qui retombe des que je soulève je réessaye rien ! Alors je pique une boulette de viande et lui tends à la bouche.
Adja ouvre la bouche et prend le morceau de viande qu’elle mâche pendant cinq bonnes minutes avant de pouvoir avaler puis elle me dit:
- Verse-moi un peu d’eau dans le verre.
Ce que je fais et lui tends, elle boit avec beaucoup de difficulté et les gouttes retombent de part et d’autre de sa bouche. C’est un peu dégoûtant. Je la regarde désolée, sa situation est vraiment triste. Quand elle réussit enfin à boire, je pose le verre au chevet de son lit. Je reprends la fourchette pour bagarrer avec les pâtes qui refuse de s’enrouler au bout d’un moment,
- Laisse Aicha de toute les façons j’ai plus de force vas déposer le reste à la cuisine et revient !
Je le fais
– Tu as besoin d’autre chose ?
– Non ça irai tu sais allumer la télé.
– Je fais non de la tête .
– Ce n’est pas compliqué vas près de la télé branche et appuie sur le plus gros bouton rouge puis tu peux choisir les chaines sur les indices + et – de la télécommande, essayer et dis-moi si ça marche.
Au moins un truc intéressant, l’état d’Adja me déprime, je m’accroupie près de la télé, que je branche et observe il y a un bouton plus gros sur la télécommande, j’appui dessus ça fait clic et l’image apparait: Il passe un truc drôle, il y a un gars déguisé en clown et l’autre, très mal habillé plus gros ils s’appellent Sidiki et Souké leur gestuel me font sourire… Je comprends le français si on parle très doucement bien sur. Puis à la télé, une Dame appelle Brama ! Brama ! Et un monsieur grincheux apparait en grondant.
…Mince j’ai oublié ADJA je coure dans la chambre elle est couchée au même endroit le regard fixe.
– Adja ? La télé passe.
Pas de réponse.
- Adja ?
J’espère qu'elle n'est pas morte.
– Laisse-moi un peu dormir Aicha n’oublie pas de fermer le porte en allant dormir la nuit. Me réponds-t-elle faiblement.
Je ne sais pas pourquoi mais j’ai la nette impression que cette femme va mourir d’un instant à l’autre. .. Je sors de la chambre et retourne fermer la porte puis je reviens à la télé regarder les Bouboudioufs assise à même sur le tapis.
…
Le bruit de la télé me réveille plus tard je me suis endormie au salon et puis c’est même très confortable, et, à vrai dire la grande chambre ne m’attire pas, j’ai horreur des lits depuis un moment. Le sol c’est bien et je ne fais pas de cauchemar là au moins l’horrible monstre ne vient pas me forcer à faire des choses qui font mal à tout le monde.
J’appuie la télé au même endroit et elle s’éteint le salon est dans le noir. Je me recouche sur le tapis sans couverture et me rendort quelques minutes plus tard...
- Allah ou Akbar Allah ou Akbar … L’appel à la prière est très proche il doit y avoir une mosquée tout près j’ouvre les yeux et écoute en silence la voix qui finit par Lah illah ah illah lah (Mouhamadou rassou louhlah PBASL) Il est cinq heures trente du matin.
Je me lève et vas dans la chambre en tâtonnant dans le noir j’atteins la chambre et cherche un interrupteur sur le mur que ma main fini par trouver et clac la lumière. J’ouvre la petite porte au fond du lit et j’entre une douche avec une toilette moderne très propre …
Je ressors et va guetter Adja elle a dû m’entendre approcher :
– Aicha ? C’est toi ?
– Oui Adja bonjour
La chambre sentait les urines et l’odeur bizarre d’hier était encore plus accentuée.
– IL faut que tu m’aide à me changer et à me nettoyer.
– Je dois faire quoi ?
- Vas d’abord chercher un seau d’eau et une serviette dans la douche.
Sa chambre à elle aussi avait une douche je m’y rends, ouvre le robinet et l’eau claire jaillie, je tire la serviette sur le mur et ramène tout ça avec moi.
D’abord elle me montre son dos qui au contraire d’hier coulait du sang par endroit et d’un liquide blanc. En faisant attention à ne pas lui faire mal je mouille la serviette essuie son dos remouille presse et essuie et recommence son dos à main nu…Ensuite il faut désinfecter ses plaies à l’aide d’un liquide rouge que je tamponne sur du coton avant de poser sur ses plaies.
Puis je retourne aux toilettes changer l’eau et je reviens. Puis, elle montra comment l’envoyer d’un côté du lit tirer le pagne mouillée d’urine sur elle et replacer un pagne propre...
…On finit vers sept heure ce n’était pas facile.
– Merci je me sens tout propre maintenant c’est pour ça que personne ne veut s’occuper de moi ils ont peur d’être contaminé.
– Contaminée ?
- Oui tombé malade comme moi.
– Je serais aussi malade ?
- Je ne sais pas mais je ne crois pas que ce soit contagieux.
– Ok tu veux autre chose ?
- Ouvre la comode et prend tous les médicaments qui sont dessus je dois les avaler.
Je m’excute, puis file à la cuisine chercher une bouteille d’eau que je ramène…
- Tu veux autres choses ?
- Non ça ira ma co-épouse va apporter le petit déjeuner à huit heures, on pourra manger et le deuxième plats c’est vers treize heures on va s’organiser avec si tu as faim je te donnerais un peu d’argent d’accord ?
– Oui. Merci.
- Je vais me reposer un peu réveille moi quand la nourriture sera là mange d’abord ta part ensuite, apporte moi juste un peu du lait chaud.
- Ok.
Maintenant, je dois aller me laver, sinon je ne pourrai jamais manger. Je sors et va dans l’autre chambre. Je me demande si le mari de Mimi va bien ? Bon pas de nouvelle bonne nouvelle.
Je me suis ainsi occupé d’Adja pendant six mois, je ne sortais de la maison que pour rester un peu à la véranda. J’aimais beaucoup regarder la télé. Souvent elle me demandait de venir de lui raconter n’importe quoi comme histoire et j’eventais un petit truc pour lui raconter.
Le plus délicat était le fait de la nettoyer deux à trois fois par jour car elle chiait et urinait sur place ! Et il fallait ramasser, laver les vetêments et les draps puis l’essuyer et la laver !
J’ai fini par m’habituer à cette situation ! Je pouvais même desormais anticiper ses cacas et amener un truc pour poser en dessous d’elle avant qu’elle ne se chie sur dessus …
Elle était moins pâle ! Et souriait même parfois. Ses plaies par contre ne guerissait pas on dirait que ses médicaments que son mari apportait ne servaient à pas grand-chose.
Parfois son mari un gros vieillard ventre rond très en forme se pointait et restait à l’entrée de sa chambre en lui lançant un « Bonjour ça va ? » Elle répondait juste « Oui ». Et il s’en allait pour repasser deux ou trois jours plus tard.
Sa coépouse ne parlait pas ! Et ne passait pas dans la chambre elle se contentait depuis que j’étais là de me tendre le plat et de tourner le dos sans mot.
Comment vivait-elle avant ? Je n’en sais rien, une fois une dame est arrivée pendant que Adja dormait elle a rempli le frigo des yaourts et petit gâteau et est repartie en me disant juste :
« Bonjour je suis la nièce d'Adja »
Plus tard Adja m’expliquera qu’elle n’avait pas d’enfant et que avant sa nièce venait tous les jours la nettoyer puis elle est tombée enceinte et n'a plus voulu prendre de risque pour son bébé.
Six mois ont passés ainsi sans incident, je regardais beaucoup la télé et javais ainsi appris plein de nouveau mot en francais et ici je mangeais de la bonne nourriture.
Un matin vers 9 heures j’entendis des voix d’hommes se diriger vers la maison
- Vraiment Aladji, j’ai appris la maladie de ta femme depuis un moment mais la famille et tout, je n’ai pas pu venir vous soutenir moralement plus tôt.
Je blêmi au son de la voix, cette voix je la connaissais c’était la voix de papa !
Fuir ? Pour aller où ? Ne sois pas stupide Aicha, je fixe la porte et un instant plus tard le mari d’Adja en entrant dit :
– Entre Karim je comprends! De toutes les façons elle est en stand-by, nous ne savons plus quoi faire.
– Salamoua… Par Allah ! Il s’arrête net en m’apercevant me fixe, se frotte l’œil et… Aicha ? C’est toi?
- Bonjour papa. Je réponds en me grattant la tête.
– Tu...Mais tu fais quoi la ?
Le mari d’Adja demande à papa :
– Tu la connais ?
– C’est mon enfant. Aicha ou est ta tante ? Tu fais quoi la ? Mimi m’a dit …je croyais que…
Pauvre papa déjà qu’il ne parle pas beaucoup en temps normal, là c’est foutu mieux je l’aide un peu.
– Papa Mimi m’a demandé de venir aider Adja comme elle est malade en attendant que son mari sorte de l’hôpital.
Papa complétement dépassé essayant de maitriser la colère qui montait en lui
– Tu es la depuis ?
– Six mois seulement papa
– Six mois ? pourquoi tu n’es pas venu à la maison ?
– Mimi a dit…
Papa se met à hurler complétement en colère :
- On s’en fou de ce que Mimi a dit ! Va chercher tes affaires.
– Mes affaires ?
- Oui on s’en va d’ici ! Je n’ai peut-être pas de moyen, mais je suis encore capable de m’occuper de mes enfants fais vite Aicha on s’en va !
Le mari d’adja explique :
- Personne ne savait à qui était cette enfant ne comprenant pas très bien ce qui se passait.
Adja de la chambre sa petite voix malade :
– Aicha ? Ça va ? Qui te crie dessus ?
Mon père s’en répondre se dirige vers la chambre et toute suite après je l’entends se lamenter
– Allah ou Akbar ! Oh mon dieu ! Mais c’est quoi ça ? Mais vous souffrez de quoi ? C’est quoi ces plaies sur votre corps?
Et, encore sans attendre la réponse il ressort précipitamment de la, m’agrippe par le bras et me tire hors de la maison sans cesser d’implorer Allah.
– Allah ou Akbar! Allah ou Akbar! Mimi veut tuer mon enfant ! Mimi a décidée de tuer mon enfant...