Tout le monde se levait. Chanteau, fuyant devant cette explication orageuse, s’enfermait dans sa chambre, au rez-de-chaussée. Mais, quand les deux femmes étaient montées au premier étage, où leurs chambres se faisaient face, elles ne se couchaient pas encore. Presque toujours, madame Chanteau emmenait un instant Louise chez elle ; et là, elle se remettait parler de Lazare, étalait ses portraits, allait jusqu’à sortir des souvenirs de lui : une dent qu’on lui avait arrachée tout jeune, des cheveux pâlis de sa première enfance, même d’anciens vêtements, son nœud de communion, sa première culotte. – Tiens ! voilà de ses cheveux, dit-elle un soir. Tu ne m’en prives pas, j’en ai de tous les âges. Et, lorsque Louise était enfin au lit, elle ne pouvait fermer les yeux, sous l’obsession de ce ga


