VNous nous efforçâmes de ne pas ébruiter l’agression. On posta dans le bureau d’Isabelle Delaporte un sergent qui prenait les noms de tous les visiteurs, et annonçait qu’elle ne viendrait pas de la journée. Ce fut un vrai défilé : des représentants en fournitures de bureau, le réparateur de la photocopieuse, un historien, l’administrateur, des étudiants… J’avais le cœur comme une pierre. Il s’en est sûrement aperçu, le commissaire. Il me dit : — Alban, c’était imprévisible. Et elle va se remettre. J’ai parlé au neurologue. Il n’y a probablement pas de lésions au cerveau. Ne t’en fais pas trop. Il continua d’un air absent : — Elle devait être au courant de trop de choses. Elle a presque tous les dossiers importants dans son bureau… Si l’agresseur est quelqu’un du labo… — Il doit avoi


