XIX

369 Mots

XIXJe me jetai à genoux à côté de la bruyère ; je pris ses deux mains glacées dans les miennes ; je les portai à mes lèvres pour les réchauffer sous mon haleine ; quelques larmes de mes yeux y tombèrent. Je compris, au serrement convulsif de ses doigts, qu’elle avait senti cette pluie du cœur et qu’elle m’en remerciait. J’ôtai ma c****e de marin. Je la jetai sur ses pieds nus. Je les enveloppai dans les plis de la laine. Elle me laissait faire en me suivant seulement des yeux avec une expression d’heureux délire, mais sans pouvoir encore s’aider elle-même d’aucun mouvement, comme un enfant qui se laisse emmailloter et retourner dans son berceau. Je jetai ensuite deux ou trois fagots de bruyère dans le foyer de la première chambre pour réchauffer un peu l’air. Je les allumai à la

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