V-6

3016 Mots

– Courons, veux-tu ? je parie que tu ne m’attraperas pas. Mais si le jeune homme rêvait tout éveillé la glorification de son amoureuse, il avait de tels besoins de justice, qu’il la faisait souvent pleurer en lui parlant de son père. Malgré les attendrissements profonds que l’amitié de Silvère avait mis en elle, elle avait encore de loin en loin des réveils brusques, des heures mauvaises, où les entêtements, les rébellions de sa nature sanguine la roidissaient, les yeux durs, les lèvres serrées. Alors elle soutenait que son père avait bien fait de tuer le gendarme, que la terre appartient à tout le monde, qu’on a le droit de tirer des coups de fusil où l’on veut et quand on veut. Et Silvère, de sa voix grave, lui expliquait le code comme il le comprenait, avec des commentaires étranges qu

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