VIII Je m’endormis en pleurant ; mon sommeil fut moins calme sous le toit maternel qu’il ne l’avait été la nuit précédente dans les prairies de Dol. Avant l’aube et dès que j’entendis la mer battre son plein sous la falaise, je sortis du rouf avec précaution. La veille, lorsque jetais arrivé à quatre heures, la marée commençait à descendre, la pleine mer me disait donc que le jour allait bientôt paraître, et je ne voulais pas être vu par quelque voisin matinal. Dans mon plan de voyage, je n’avais pas prévu combien il est difficile de quitter la maison natale ; car, arrivé à la haie d’ajoncs qui sépare notre cour de la lande, je m’arrêtai malgré moi et me retournai. Mon cœur battait à se rompre. Le coq chantait dans notre poulailler, et les chiens du voisinage, éveillés par le bruit de


