9 Je retrouve mon île. Le clapotis de l’eau contre le bateau me berce. Je n’ai pas vomi, ce qui devient inhabituel ces temps-ci. Une douce traversée. Je vais retrouver mon abri, mon île de Bréhat, celle qui m’a accueilli quand je portais Judith. Je suis happée par le mélange subtil de l’odeur de la mer et de celui de la végétation. J’aime la Bretagne. Elle me fait rêver que je suis ailleurs. Les paysages m’aspirent. La mer, les roches, les plantes. Je vais rester quelque temps ici. Si je pouvais trouver un abri, une maison qui ne soit pas habitée hors saison. C’est Pierrot qui m’a donné cette idée. Il a dit qu’on pourrait s’exiler tous les deux sur une île. Il pensait sans doute à une île lointaine, entourée d’une eau bleue et claire, un lieu que le soleil ne quitte jamais, où les fruits


