Le silence qui suivit le départ précipité de Gabriel n'était pas un soulagement. C'était une menace sourde, une chape de plomb qui semblait écraser l'air entre les murs de ce couloir étroit. Je restai immobile, le dos pressé contre le lambris de chêne dont le vernis froid transperçait la soie fine de ma robe. Mon cœur cognait contre mes côtes avec une violence désordonnée, et je sentais encore, comme une brûlure, la trace des doigts de Gabriel sur ma hanche. Cyrus avait tourné les talons. Sa silhouette massive s'éloignait vers la lumière dorée qui s'échappait de la salle de bal, mais il s'arrêta net à la lisière de l'ombre. Il ne se retourna pas immédiatement. Il resta là, de dos, une présence écrasante qui semblait absorber toute la lumière environnante. Je fis un pas hésitant. Le br


