Lettre LXXV

869 Mots

Lettre LXXVIm., 28 juin, IX. Je n’attendrai plus des jours meilleurs. Les mois changent, les années se succèdent ; tout se renouvelle en vain ; je reste le même. Au milieu de ce que j’ai désiré, tout me manque ; je n’ai rien obtenu, je ne possède rien : l’ennui consume ma durée dans un long silence. Soit que les vaines sollicitudes de la vie me fassent oublier les choses naturelles, soit que l’inutile besoin de jouir me ramène à leur ombre, le vide m’environne tous les jours, et chaque saison semble l’étendre davantage autour de moi. Nulle intimité n’a consolé mes ennuis dans les longues brumes de l’hiver. Le printemps vint pour la nature, il ne vint point pour moi. Les jours de vie réveillèrent tous les êtres : leur feu indomptable me fatigua sans me ranimer ; je devins étranger dans le

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