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- Ezra -
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C’est un tournage assez épuisant… Alors que toute cette promo se termine, j’ai enchainé directement sur le tournage d’un rôle mineur dans une série à succès, et je suis laminé. Je sais que j’ai déjà le prochain tournage de prévu, et rien qu’en y pensant, j’ai surtout envie de me payer une sacrée cure de sommeil. Pourtant je garde la mesure, soupirant pour la forme alors que j’accepte les dernières recommandations barbantes de Cravate. Ce gars ne vit que pour son taf, c’est-à-dire mon image. À partir du moment où t’es plus chiant que ma propre mère, j’estime que les limites sont largement bouffées… Pourtant je le laisse, dans son discours, sans la moindre volonté de le contredire, ce qui ne me ressemble pas du tout ! Et pour le coup, je me suis souvent demandé la tête que ferait Ragel s’il me voyait me la fermer alors qu’on me fait ouvertement la morale.
Bordel ! Il s’échigne parce que j’ai été vu en train de me balader dans le centre de la ville à une heure tardive ! Il dirait quoi s’il savait que je couchais avec un streap-teaser ?
— Ouais ouais, ça va j’ai pigé ! Je mettrai un masque la prochaine fois ! Je me barre là ! Cause tout seul.
Après je n’ai pas dit non plus que je n’avais pas de limite !
Et pour le coup je sors du bureau, alors qu’il grogne après moi derrière. Mais je l’ignore complet, avisant juste mon téléphone en regardant l’heure. Il est déjà tard, et j’ai hâte de rentrer chez moi ! Je sais que Ragel est rentré depuis presque une semaine, et surtout je sais qu’il a passé pas mal de temps avec Manoé ! Et quelque part au fond, j’espère juste qu’il soit à la maison juste là.
J’ai envie de sentir ses phéromones, juste un peu…
Quand j’arrive devant mon immeuble, je passe par le garage exprès, voulant voir si la voiture de Manoé est à notre emplacement, grognant ma satisfaction de la voir justement. Alors je suis ravi de rentrer, trainant ma valise en insultant mentalement ce maudit ascenseur qui ne va décidément pas assez vite pour moi. Puis enfin les portes s’ouvrent à mon étage, je vais directement vers ma porte, soulagé de pouvoir me retrouver un peu dans mon espace personnel.
Putain, que je suis content d’être de retour... Je ne pense qu’à les retrouver, même si c’est de cette façon. Peut-être même que c’est foutrement mieux comme ça ! Je passe à peine la porte d’entrée, laissant mon immonde bagage juste là, que tout me claque à la gueule !
Des glapissements euphoriques qu’Izuku échappe à chaque fois qu’il pousse sur ses jambes, de leurs phéromones bien plus édulcorées qu’une barbe à papa. Jusqu’à les voir en plein ébat sur notre canapé.
Aucunement dérangée par cet accueil que je sais calculé, mes glandes répondent férocement à cette invitation et mon odeur se mêle très vite à la leur.
Sans un mot, ma bouche trouve celle de Manoé, étouffant ses plaisantes complaintes, et il ralentit sa cadence sans s’en rendre compte faisant grogner Ragel. Les choses s’engagent alors de façon à me faire une place dans cette étreinte passionnée. Le b****r qu’on échange toujours se fait avide, laissant Manoé pantois. Sa bouche dévore la mienne, ses yeux pourtant ouverts semblant complètement perdus. Je croise le regard de l’autre Alpha qui semble reprendre le fil de ses idées, ses mains parcourant férocement la peau de son amant. Il s’adore de son pectoral, maquillant son téton rougi de sa dure attention, mais il m’approuve d’un seul coup d’œil.
Le rugbyman chaine le danseur, quittant sa chaleur en se redressant pour le replacer à quatre pattes sur le divan tandis que je retire mon pantalon, découvrant mon sexe à peine dressé. Mais pas pour longtemps, Manoé plonge sur moi comprenant parfaitement ce que je souhaite, et m’avale. Ragel replonge dans ses chairs, le faisant gémir fortement, sa langue vibrant sur ma queue à présent pleinement éveillée.
– Ezra…
Le streap-teaseur se cambre, pilonné vigoureusement, et me lèche de son air insatiable. Il me sourit, particulièrement fier, puis me reprends de nouveau au fond de sa gorge avec toute cette impatience gourmande qui le caractérise tant. Ses reins s’accommodent parfaitement du rythme infernal du sportif et je le vois peu à peu perdre pied.
Et il n’y a pas de meilleure façon de souffler après une longue période de boulot…
– Quel accueil !
Ragel rit un peu, son souffle toujours irrégulier après l'o*****e qu'il vient de vivre. Il me lance un regard complice et on éclate de rire. Difficile d'expliquer pourquoi, juste on se marre comme des ânes. Manoé redresse alors la tête, son petit sourire satisfait sur les lèvres, mais ne nous pose aucune question sur notre soudaine hilarité. Il s'est installé entre nous deux après s'être rafraîchi, bien qu'il n'avait pas pris la peine de se rhabiller !
Le salon est saturé de phéromones, pouvant certainement en dégouter certains. Mais c'est chez nous et ça n'appartient qu'à nous... J'ai l'impression de m'arracher un masque horrible du visage pour enfin me sentir libre et cette sensation m'apaise terriblement.
– Je suis vanné !
– Si rapidement ?
Manoé se colle à moi, son bras enroulé autour du mien. Il me fixe en silence en se triturant les lèvres, me faisant hésiter sur ses intentions. Pourtant je le sais, ce gars est insatiable ! Pourtant il ne dit rien, se couchant finalement sur mon ventre, me donnant l'impression surtout qu'il est tout aussi fatigué que moi.
– Les gars vous avez faim ?
– Ouais, mais je ne prépare rien ! Démerde-toi ! … T’es fatigué Le nerd ?
- Si je m'en occupe, je commande, vous plaignez pas ! hurle Ragel en fuyant dans la cuisine sans attendre de réponse de peur de ne pas pouvoir commander ses précieuses pizza...
– Mmmmh… Je profite de mon jour de congé pour me reposer !
– Ça veut dire que vous vous êtes envoyé en l’air combien de fois ?
– Que trois fois…
– p****n de nympho !
– J’ai dit que je profitais de mon jour de congé !
Je ris doucement, le secouant alors que je finis par passer mon bras autour de ses épaules, dessinant distraitement sur sa peau.
– Ça a été sinon ton tournage ?
– Ouais, j’ai enchainé ! Je suis crevé au possible !
– Ca parle de quoi ce coup-ci ?
– Tu as déjà vu ?
– J'ai regardé ta série l'autre fois. Je n’ai pas retenu le titre... Tu joues un gars tout doux et amoureux, c'était trop bizarre de te voir comme ça. Mais j'ai été très surpris, tu étais si convaincant ! On dirait que tu es vraiment amoureux.
Je ricane un instant, prenant le compliment. Je sais qu'il n'y a aucune jalousie derrière sa remarque, ce n'est pas du tout le genre de Manoé, je continue de le penser même après ce qu'il s'est passé avec son autre pote là. Tout comme il protège sa propre liberté, il ne se permettrait pas de nous priver de la nôtre.
- Ah ça doit être la série "If you want" , c'est mon tout premier rôle mais t'as vu ? Je suis déjà un Dieu de la caméra ! Par contre, je supporte pas Sun ! Ce gars est un total connard.
- Oooh, il a été méchant avec mon Ezi ?
- Pas méchant, dis pas de connerie. Juste... Tiens je me suis déjà fait la réflexion que tu détesterais ce gars ! Il est du genre "je suis un Oméga alors tous les Alphas sont à mes pieds" ! Sur le plateau, il a exigé d'être le seul Oméga... Enfin bref, cet abruti ne se définit que par ça, c'est p****n de con.
- Oh... Je vois ! Ouais, je crois qu'on s'aimerait pas lui et moi !
- J'ai déjà imaginé à quel point il péterait un câble si tu venais me voir en tournage... T'es bien plus sexy que lui !
- Oh parce que tu m'emmènerais sur un plateau ?
- Pourquoi pas ? Puis ce serait franchement marrant de le faire chier.
- Compte sur moi alors. J'aime bien aller jouer avec les nerfs des gens...
- J'aime beaucoup quand c'est avec ceux des autres...
- T'es pourtant une de mes victimes préférées...
- Ah oui ?
Il bouge soudainement, redressant la tête alors qu’il me lance un sourire rempli de sous-entendu malgré le sommeil évident qui se lit dans son regard. Ses mains se font complètement aventureuses, se permettant de se glisser sous ma chemise déjà bien débraillée, retraçant mon corps pour suivre un fil invisible, mais bourré de vice qu'il semble deviner. Je sens d’un coup sa virilité se gonfler contre ma cuisse, me montrant à quel point il est excité et il minaude un peu, jouant clairement celui qui en veut plus encore…
– Mais p****n, il n’y a pas un moment ou tu t’arrêtes ?
– Tu as dit que tu étais un Dieu non ?
- Devant une caméra, j'ai précisé...
- Oh, ça ne me dérange pas non plus...
- Dans tes rêves !
Son sourire fabuleux jaillit et il appose sa bouche sur ma mâchoire, sa main arrivant près de mon aine, la gratifiant d’une douce attention sans descendre plus bas.
– Mais comme tu es fatigué, je peux prendre soin de toi... Tu veux pas que je le fasse mon Ezi ?
Il est à présent complètement fiévreux et ses glandes chantent une lyre similaire, m’emmenant si facilement avec lui dans ses pensées lubriques dont il me bourre le crâne.
– Laisse-moi faire.
– Le jour où je dirais non putain
Il ricane doucement, amusé, et ne parle pas de nos nombreuses fois où je lui ai pourtant dit "stop" ! C'est qu'il est du genre vorace…