7.2 : Manoé

1730 Mots
┌───── •✧✧• ─────┐ -Manoé- └───── •✧✧• ─────┘ - Je ne suis pas amoureux d'eux, on est ami ! Je n'ai jamais eu d'ami avant, mais je suis sûre de ce que je dis ! Je n'éprouve pas de l'amour, je les adore comme des potes. Des amis incroyablement sexy avec qui je peux prendre mon pied... Des gars assez sympas et intéressants pour me donner envie de jeter un oeil aux résultats sportifs que je comprends à peine. Ou de regarde comment se déroule la campagne de promo d'une série à succès que je n'ai même pas vue… Et juste de voir que je n'ai toujours pas de notification, ça me désole. Une fois de plus, je rentre chez moi en soupirant, boudant presque mon téléphone qui selon moi pourrait faire un effort ! La soirée a été mouvementée au boulot. Il n'y a pas eu de problème, juste beaucoup de clients, et j'ai même pu m'amuser de plaire au jeune chef de police Patriola qui continue de venir me voir à l'occasion. Je suis juste fatigué, regrettant même de ne pas avoir pris la voiture. Pourtant je ne la prends jamais quand ils sont absent. J'habite proche de tout et le parking de mon immeuble est à une intersection délicate, donc je n'aime pas trop la sortir pour rien. C'est donc parfait pour aller jusqu'à chez eux sans attirer l'attention, mais pas en ce moment donc… Je devrais peut-être ! Après tout, ils me feront peut-être une surprise et me rejoindront un soir de boulot. Ils me balanceraient leurs phéromones pendant ma prestation, me hurlant dans les narines qu'ils ne me quittent pas des yeux... Les autres deviendraient encore plus lointains, leurs odeurs devenant de plus en plus fades, même celle du beau Joris Patriola pourtant exquis dans son uniforme saillant. Ragel et Ezra sont sincèrement suffisants ! Même ce soir alors que je suis seul, ils le restent ! Je n'ai qu'à ouvrir la dernière conversation de groupe qu'on a eu juste avant qu'ils ne partent. Relire les mots des plus alléchants que l'on s'est échangés sous une photo que j'ai envoyée pour les titiller... Le cliché est toujours là, comme une introduction évidente de ce petit moment d'égarement, me renvoyant ma propre indécence. Je ne porte qu'un pull épais, celui de Ragel d'ailleurs, dessinant le vêtement comme une robe sur moi tant le rugbyman est simplement immense. Dos à l'objectif, je soulève l'un des pans, laissant un aperçu glouton sur ma fesse décoré du serpent tatoué qu'ils connaissent par coeur. Ma mise en scène est parfaite et il est certain que ce n'est pas la première fois que je fais ça. Tout est clairement indiqué dans mon regard allumé que l'on distingue à moitié, à mon sourire qui bredouille son plaisir dans un appel des plus effronté ! Un piège délicieusement parfait, qui me promet une entrevue pimentée comme une représaille terriblement désirées… Ils ont mordu à l'hameçon, venant franchement jouer sur les mots à leurs tours et y repenser me donne des frissons... Seul dans mon foutu canapé, juste devant l'immense baie vitrée qui me laisse à la proie des regards indiscrets, je soupire mon plaisir en glissant ma main dans mon pantalon. Juste des lettres, les leurs, et me voilà si dur... Mes doigts se ferment sur ma queue en souffrance d'attention, cruellement livrer à sa longue frustration. J'abandonne mon téléphone, fermant les yeux pour imaginer leurs mains à eux, me tortillant pour faire suffisamment découvrir librement mon sexe en émoi. - J'ai trop envie ! C'est tellement flou et presque gazeux autour de moi et je ne retiens pas mes gestes. J'ai envie de jouir, et vite ! Ma frustration est à son paroxysme, laissant ma gorge expulser des grognements contrariés. Faire durer les choses rendrait l'absence encore plus sourde, et j'associe inconsciemment mon sentiment de solitude à mon envie d'en finir vite. Comme si "é******r" effacerait le manque d'eux ! Alors je me concentre presque, encourageant mon imagination débridée tout en accélérant le rythme. - Oh~ Allez… Merde, juste plus… Autant que je le puisse, je glisse deux doigts en moi, fou de ne pas avoir le bon angle pour me combler. - Mmmmh... Ez'... Oh~Ragel ! S'il te plait… La brulure grimpe en même temps que ma contrariété. Tout se mélange, et je crève de sentir la pression de leurs regards sombres sur moi, avide de claquer leurs hanches sur mes fesses ! Mes oreilles deviennent sourdes et d'un coup, enfin, je sens le plaisir traverser l'urètre. - Tain… Je reprends ma respiration, me rendant enfin compte qu'elle est saccadée et tout redevient clair autour de moi. C'est con sans doute, j'ai eu un tas d'invitation audacieuse ce soir, mais c'est sur mon canapé, et seul, que je finis par me branler ! Mais c'est bien comme ça, j'ai vraiment l'impression que personne d’autre n'aurait pu me convenir ce soir... Puis finalement, ma frustration semble légèrement plus fine et supportable, me permettant de trouver le sommeil facilement… Mais la gourmandise est un vilain défaut dans lequel je me suis totalement noyé, et déjà le lendemain mon insatisfaction me tiraille de nouveau… Les rouages de cette nouvelle combine se remettent en marche, associant mes bonnes vieilles habitudes aux nouvelles comme si tout était normal. Alors je prépare mon ptit déj en actualisant mon fil de recherche sur le tournoi de Rugby du pays. Les yeux rivés sur les résultats du match de la veille, souriant parce que justement, ils ont gagné ! Même si ça signifie sans doute qu'il reste plus longtemps encore, la fierté me semble véritablement plus appréciable. Je lance ensuite le premier épisode de la série de mon nouvel acteur fétiche, intrigué de le découvrir autrement. Je le connais si droit et dur, que le voir jouer les amoureux transis me fait presque rire, pourtant il me semble franchement convaincant ! C'est un bon comédien, c'est facile à voir. Il est réel dans sa prestation et cela se pèse véritablement dans l'ensemble, donnant bien plus de poids à son personnage… J'hésite à me rendre à la salle cette après-midi, ne me demandant pas si je ne vais pas simplement passer ma journée à poireauter devant les épisodes simplement… L’automne s’est largement installé, jetant un air hivernal sur la ville et ça ne me donne absolument pas envie de sortir. La tête dans la série, rien ne semble pouvoir m'en tirer si ce n'est une notification. Enfin ! Pourtant mon écran me nargue, m'annonçant mes prochaines chaleurs et ça suffit à me faire craquer. Finalement une bonne et surtout épuisante séance de sport est plus que désignée ! Je commençais à craindre ma propre réaction face à leurs absences, mais en réalité tout s'explique. Si mon cycle arrive, je suis simplement à fleur de peau, rien de plus. Pas de quoi fouetter un rat ! Je devrais peut-être leur demander de les passer avec moi... Il faudrait que j'y réfléchisse, ce n'est pas une chose anodine mine de rien. Bien sûr, ce n'est pas comme ci cela transformait notre relation en quelque chose de plus sérieux, mais il y aurait tout de même une idée plus concrète et je ne suis pas sûre que ce soit bien ! Habituellement ça ne me pose pas de soucis de proposer un petit rodéo, mais ici il s'agit de mes amis… Pourtant, l'idée est délicieuse… Pendant les cycles de chaleur ou de rut d'ailleurs, le corps est soumis à un intense désir. Une boule incendiaire qui s'infiltre dans nos entrailles et qui semble ne pouvoir être éteinte que d'une triviale façon ! Ce n'est pas comme si c'était insurmontable ou écrasant, on a surtout des idées lubriques et les glandes à chaud produisant beaucoup de phéromones aux messages des plus lubriques. La plupart le supportent donc en silence, subissant quelques jours d'indispositions… Mais l'on peut aussi choisir de les passer avec quelqu'un ! Les gens considèrent ça comme quelque chose de personnel et qui ne doit exister que dans une relation sérieuse. C'est une vieille façon de penser qui s'estompe doucement au fil des ans, mais beaucoup, comme Emela, continue de le vivre ainsi. Ce n'est pas mon cas, même si je suis sans doute un cas à part moi qui ne souhaite aucune relation sérieuse justement. Cependant, cela ne rend pas la chose plus simple ! Se laisser aller à nos instincts pendant ce moment nous laisse vulnérables et cela ne peut se partager avec n'importe qui, il faut rester prudent… Ces vieilles histoires d'usine à reproduction qui tachent notre histoire ne sont pas si poussiéreuses que ça. Mais par-dessus le marché, la drogue utilisée jadis pour rendre fou les Alpha ou Oméga existe toujours. Illégalement bien sûr, mais comme n'importe quel produit du genre, elle se trouve facilement si l'on sait à qui demander ! Comme à l'époque, il suffit bien trop de la faire ingérer à une personne possédant des glandes et elle se perd dans ses plus bas instincts, comme une bête assoiffée de sexe ! Que ce soit pour provoquer le cycle artificiellement ou le faire durer plus longtemps, c'est sans appel et il n'y a pas de remède à cela une fois le produit pris… Dans mon milieu, j'ai déjà eu affaire à cette substance et c'est bien pour cette raison que je travaille chez Emela ! La Tour-Lebold est vraiment sécurisée, et même si les clients ont certainement le pouvoir de s'en procurer, ils s'en gardent bien de le faire là-bas de peur de s'en voir interdire l'accès ! Dans tous les cas, c'est bel et bien à cause de cette fameuse drogue qu'il n'est pas toujours facile de proposer de partager son cycle. Au-delà du fait de se montrer dans un état assez primaire et impuissant, il faut savoir faire confiance à son partenaire ! Toutes les semaines on découvre une nouvelle histoire ! Qu'importe le second genre, Alpha ou Oméga, c'est pareil après tout. Une fois complètement shooté, on peut en faire ce qu'on veut... Même si le marquage reste quelque chose d'impensable en l'état, les histoires de grossesses non désirées, on en compte par centaines ! Sans parler des rounds-party où, après avoir drogué l'un des partenaires, on invite plusieurs autres partenaires sans qu'il ne puisse y résister… Tout le monde connait une victime...
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