XVII. Le chevalier charretté. Bohor l’exilé De la Pentecôte jusqu’à la mi-août, elle pleura jour et nuit, jusqu’à en perdre sa beauté, et sans cesse elle implorait le secours de la Dame du Lac. Enfin, le jour de l’Assomption, il fallut bien que le roi tînt sa cour et portât couronne, comme il avait accoutumé aux grandes fêtes. Ce jour-là, comme le soleil venait de se lever beau, clair, luisant, et que le monde entier en était déjà éclairé, le roi Artus se mit à la fenêtre pour écouter le chant des oiseaux qui avaient déjà commencé la matinée. Or, en regardant la campagne, il vit venir une charrette attelée d’un cheval dont on avait coupé la queue et les oreilles, conduite par un nain à grande barbe et à grosse tête, et où était un chevalier en chemise sale et déchirée, qui avait les main


