LVIMardi, 29 octobre. Encore un des matins charmants d’ici ; l’avant-dernier, puisque demain, à la première heure, ce sera le départ. Une aube rosée et adorablement confuse, sur les grandes montagnes qui entourent le Redoutable et sur l’appareillage silencieux des jonques de pêche, aux voiles à peine tendues, glissant toutes vers le large comme ces bateaux de féerie qui n’ont pas de poids et que l’on fait passer doucement sur de l’eau imitée. C’est étrange, je me sens plus triste à ce départ qu’à celui d’il y a quinze ans, – sans doute parce que tout l’inconnu de la vie n’est plus en avant de mon chemin, et que je suis à peu près sûr aujourd’hui de ne revenir jamais. Demain donc, ce sera fini du Japon ; le grand large nous aura repris, le grand large apaisant et bleu, qui fait tout oubl
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