XLI30 juin. Trois mois ont passé. J’ai revu l’immense Pékin de ruines et de poussière, j’ai fait ma longue chevauchée aux tombeaux des Tsin, j’ai visité l’empereur de Séoul et sa vieille cour. Maintenant, je reviens, et les voici qui reparaissent, les gentils îlots annonciateurs du Japon. Nous revenons, fatigués tous, et notre cuirassé lourd, comme s’il était fatigué lui-même, a l’air de se traîner sur les eaux chaudes et sous le ciel accablant. Les orages d’été couvent dans de grosses nuées sombres, dont le pays est comme enveloppé. On étouffe dans la baie de madame Prune, dans le couloir de montagnes, quand nous y entrons. Mais comme tout est joli ! Et puis je m’y reconnais mieux qu’à notre arrivée précédente ; j’y retrouve comme il y a quinze ans le concert infini des cigales, et auss


