I - Le château de la misère-3

2868 Mots
Une sorte de livrée aux galons déteints, et d’une couleur qu’un peintre de profession aurait eu de la peine à définir, recouvrait à demi sa veste de chamois miroitée et noircie par endroits au frottement de la cuirasse, ce qui produisait sur le fond jaune de la peau des teintes comme celles qui verdissent au ventre d’une perdrix faisandée ; car Pierre avait été soldat, et quelques restes de son harnais militaire étaient utilisés dans sa toilette civile. Ses grègues demi-larges laissaient voir la trame et la chaîne d’une étoffe aussi claire qu’un canevas à broder, et il eût été impossible de savoir si elles avaient été en drap, en ratine ou en serge. Toute villosité avait disparu dès longtemps de ces culottes chauves ; jamais menton d’eunuque ne fut plus glabre. Des reprises assez visibles, et faites par une main plus habituée à tenir l’épée que l’aiguille, fortifiaient les endroits faibles, et témoignaient du soin qu’apportait le possesseur de ce vêtement à en pousser la longévité jusqu’aux dernières limites. Pareilles à Nestor, ces grègues séculaires avaient vécu trois âges d’homme. De fortes probabilités portent à croire qu’elles avaient été rouges, mais ce point important n’est pas absolument prouvé. Des semelles de corde rattachées par des lacets bleus à un bas de laine dont le pied était coupé servaient de chaussures à Pierre et rappelaient les alpargatas espagnoles. Ces grossiers cothurnes avaient sans doute été choisis comme plus économiques que le soulier à bouffette ou la botte à pont-levis ; car une stricte, froide et propre pauvreté se trahissait dans les moindres détails de l’ajustement du bonhomme et jusque dans sa pose d’une résignation morne. Le dos appuyé au pan intérieur de la cheminée, il avait croisé au-dessus de son genou ses grosses mains rougies de tons violacés comme des feuilles de vigne à la fin de l’automne, et faisait un pendant immobile au chat. Belzébuth, accroupi dans la cendre, en face de lui, d’un air famélique et piteux, suivait avec une attention profonde le bouillonnement asthmatique de la marmite. « Le jeune maître tarde bien à venir aujourd’hui, murmura Pierre, en voyant à travers les vitres enfumées et jaunes de l’unique fenêtre qui éclairât la cuisine diminuer et s’éteindre la dernière barre lumineuse du couchant au bord d’un ciel rayé de nuages lourds et gros de pluie. Quel plaisir peut-il trouver à se promener seul ainsi dans les landes ? Il est vrai que ce château est si triste qu’on ne saurait s’ennuyer davantage ailleurs. » Un aboi joyeusement enroué se fit entendre ; le cheval frappa du pied dans son écurie et fit grincer sur le bord de sa mangeoire la chaîne qui l’attachait ; le chat noir interrompit le bout de toilette qu’il faisait en passant sa patte humectée préalablement de salive sur ses bajoues et au-dessus de ses oreilles écourtées, et fit quelques pas vers la porte en animal affectueux et poli qui connaît ses devoirs et s’y conforme. Le battant s’ouvrit ; Pierre se leva, ôta respectueusement son béret, et le nouveau venu fit son apparition dans la salle, précédé du vieux chien dont nous avons déjà parlé, et qui essayait une gambade et retombait lourdement, appesanti par l’âge. Belzébuth ne témoignait pas à Miraut l’antipathie que ses pareils professent d’ordinaire pour la gent canine. Il le regardait au contraire fort amicalement, en roulant ses prunelles vertes et en faisant le gros dos. On voyait qu’ils se connaissaient de longue main et se tenaient souvent compagnie dans la solitude du château. Le baron de Sigognac, car c’était bien le seigneur de ce castel démantelé qui venait d’entrer dans la cuisine, était un jeune homme de vingt-cinq ou vingt-six ans, quoique au premier abord on lui en eût attribué peut-être davantage, tant il paraissait grave et sérieux. Le sentiment de l’impuissance, qui suit la pauvreté, avait fait fuir la gaieté de ses traits et tomber cette fleur printanière qui veloute les jeunes visages. Des auréoles de bistre cerclaient déjà ses yeux meurtris, et ses joues creuses accusaient assez fortement la saillie des pommettes ; ses moustaches, au lieu de se retrousser gaillardement en crocs, portaient la pointe basse et semblaient pleurer auprès de sa bouche triste ; ses cheveux, négligemment peignés, pendaient par mèches noires au long de sa face pâle avec une absence de coquetterie rare dans un jeune homme qui eût pu passer pour beau, et montraient une renonciation absolue à toute idée de plaire. L’habitude d’un chagrin secret avait fait prendre des plis douloureux à une physionomie qu’un peu de bonheur eût rendue charmante, et la résolution naturelle à cet âge y paraissait plier devant une mauvaise fortune inutilement combattue. Quoique agile et d’une constitution plutôt robuste que faible, le jeune baron se mouvait avec une lenteur apathique, comme quelqu’un qui a donné sa démission de la vie. Son geste était endormi et mort, sa contenance inerte, et l’on voyait qu’il lui était parfaitement égal d’être ici ou là, parti ou revenu. Sa tête était coiffée d’un vieux feutre grisâtre, tout bossué et tout rompu, beaucoup trop large, qui lui descendait jusqu’aux sourcils et le forçait, pour y voir, à relever le nez. Une plume, que ses barbes rares faisaient ressembler à une arête de poisson, s’adaptait au chapeau, avec l’intention visible d’y figurer un panache, et retombait flasquement par-derrière comme honteuse d’elle-même. Un col d’une guipure antique, dont tous les jours n’étaient pas dus à l’habileté de l’ouvrier et auquel la vétusté ajoutait plus d’une découpure, se rabattait sur son justaucorps dont les plis flottants annonçaient qu’il avait été taillé pour un homme plus grand et plus gros que le fluet baron. Les manches de son pourpoint cachaient les mains comme les manches d’un froc, et il entrait jusqu’au ventre dans ses bottes à chaudron, ergotées d’un éperon de fer. Cette défroque hétéroclite était celle de feu son père, mort depuis quelques années, et dont il achevait d’user les habits, déjà mûrs pour le fripier à l’époque du décès de leur premier possesseur. Ainsi accoutré de ces vêtements, peut-être fort à la mode au commencement de l’autre règne, le jeune baron avait l’air à la fois ridicule et touchant ; on l’eût pris pour son propre aïeul. Quoiqu’il professât pour la mémoire de son père une vénération toute filiale et que souvent les larmes lui vinssent aux yeux en endossant ces chères reliques, qui semblaient conserver dans leurs plis les gestes et les attitudes du vieux gentilhomme défunt, ce n’était pas précisément par goût que le jeune Sigognac s’affublait de la garde-robe paternelle. Il ne possédait pas d’autres vêtements et avait été tout heureux de déterrer au fond d’une malle cette portion de son héritage. Ses habits d’adolescent étaient devenus trop petits et trop étroits. Au moins il tenait à l’aise dans ceux de son père. Les paysans, habitués à les vénérer sur le dos du vieux baron, ne les trouvaient pas ridicules sur celui du fils, et ils les saluaient avec la même déférence ; ils n’apercevaient pas plus les déchirures du pourpoint que les lézardes du château. Sigognac, tout pauvre qu’il fût, était toujours à leurs yeux le seigneur, et la décadence de cette famille ne les frappait pas comme elle eût fait les étrangers ; et c’était cependant un spectacle assez grotesquement mélancolique que de voir passer le jeune baron dans ses vieux habits, sur son vieux cheval, accompagné de son vieux chien, comme ce chevalier de la Mort de la gravure d’Albrecht Dürer. Le Baron s’assit en silence devant la petite table, après avoir répondu d’un geste de main bienveillant au salut respectueux de Pierre. Celui-ci détacha la marmite de la crémaillère, en versa le contenu sur son pain taillé d’avance dans une écuelle de terre commune qu’il posa devant le Baron ; c’était ce potage vulgaire qu’on mange encore en Gascogne, sous le nom de garbure ; puis il tira de l’armoire un bloc de miasson tremblant sur une serviette saupoudrée de farine de maïs et l’apporta sur la table avec la planchette qui la soutenait. Ce mets local avec la garbure graissée par un morceau de lard dérobé, sans doute, à l’appât d’une souricière, vu son exiguïté, formait le frugal repas du Baron, qui mangeait d’un air distrait entre Miraut et Belzébuth, tous deux en extase et le museau en l’air de chaque côté de sa chaise, attendant qu’il tombât sur eux quelques miettes du festin. De temps à autre le Baron jetait à Miraut, qui ne laissait pas arriver le morceau à terre, une bouchée de pain à laquelle il avait fait toucher la tranche de lard pour lui donner au moins le parfum de la viande. La couenne échut au chat noir, dont la satisfaction se traduisit par des grondements sourds et une patte étendue en avant, toutes griffes dehors, comme prête à défendre sa proie. Ce maigre régal terminé, le Baron parut tomber dans des réflexions douloureuses, ou tout au moins dans une distraction dont le sujet n’avait rien d’agréable. Miraut avait posé sa tête sur le genou de son maître et fixait sur lui des yeux voilés par l’âge d’une fleur bleuâtre, mais que semblait vouloir percer une étincelle d’intelligence presque humaine. On eût dit qu’il comprenait les pensées du Baron et cherchait à lui témoigner sa sympathie. Belzébuth faisait ronfler son rouet aussi bruyamment que Berthe la filandière, et poussait de petits cris plaintifs pour attirer vers lui l’attention envolée du Baron. Pierre se tenait debout à quelque distance, immobile comme ces longues et roides statues de granit qu’on voit aux porches des cathédrales, respectant la rêverie de son maître et attendant qu’il lui donnât quelque ordre. Pendant ce temps la nuit s’était faite, et de grandes ombres s’entassaient dans les recoins de la cuisine, comme des chauves-souris qui s’accrochent aux angles des murailles par les doigts de leurs ailes membraneuses. Un reste de feu, qu’avivait la rafale engouffrée dans la cheminée, colorait de reflets bizarres le groupe réuni autour de la table avec une sorte d’intimité triste qui faisait ressortir encore la mélancolique solitude du château. D’une famille jadis puissante et riche il ne restait qu’un rejeton isolé, errant comme une ombre dans ce manoir peuplé par ses aïeux ; d’une livrée nombreuse il n’existait plus qu’un seul domestique, serviteur par dévouement, qui ne pouvait être remplacé ; d’une meute de trente chiens courants il ne survivait qu’un chien unique, presque aveugle et tout gris de vieillesse, et un chat noir servait d’âme au logis désert. Le Baron fit signe à Pierre qu’il voulait se retirer. Pierre, se baissant au foyer, alluma un éclat de bois de pin enduit de résine, sorte de chandelle économique qu’emploient les pauvres paysans, et se mit à précéder le jeune seigneur ; Miraut et Belzébuth se joignirent au cortège : la lueur fumeuse de la torche faisait vaciller sur les murailles de l’escalier les fresques pâlies et donnait une apparence de vie aux portraits enfumés de la salle à manger dont les yeux noirs et fixes semblaient lancer un regard de pitié douloureuse sur leur descendant. Arrivé à la chambre à coucher fantastique que nous avons décrite, le vieux serviteur alluma une petite lampe de cuivre à un bec dont la mèche se repliait dans l’huile comme un ténia dans l’esprit-de-vin à la montre d’un apothicaire, et se retira suivi de Miraut. Belzébuth, qui jouissait de ses grandes entrées, s’installa sur un des fauteuils. Le Baron s’affaissa sur l’autre, accablé par la solitude, le désœuvrement et l’ennui. Si la chambre avait l’air d’une chambre à revenants pendant le jour, c’était encore bien pis le soir à la clarté douteuse de la lampe. La tapisserie prenait des tons livides, et le chasseur, sur un fond de verdure sombre, devenait, ainsi éclairé, un être presque réel. Il ressemblait, avec son arquebuse en joue, à un assassin guettant sa victime, et ses lèvres rouges ressortaient plus étrangement encore sur son visage pâle. On eût dit une bouche de vampire empourprée de sang. La lampe saisie par l’atmosphère humide grésillait et jetait des lueurs intermittentes, le vent poussait des soupirs d’orgue à travers les couloirs, et des bruits effrayants et singuliers se faisaient entendre dans les chambres désertes. Le temps était devenu mauvais, et de larges gouttes de pluie, poussées par la rafale, tintaient sur les vitres secouées dans leurs mailles de plomb. Quelquefois le vitrage semblait près de ployer et de s’ouvrir, comme si l’on eût fait une pesée à l’extérieur. C’était le genou de la tempête qui s’appuyait sur le frêle obstacle. Parfois, pour ajouter une note de plus à l’harmonie, un des hiboux, nichés sous la toiture, exhalait un piaulement semblable au cri d’un enfant égorgé, ou, contrarié par la lumière, venait heurter à la fenêtre avec un grand bruit d’ailes. Le châtelain de ce triste manoir, habitué à ces lugubres symphonies, n’y faisait aucune attention. Belzébuth seul, avec l’inquiétude naturelle aux animaux de son espèce, agitait à chaque bruit les racines de ses oreilles coupées et regardait fixement dans les angles obscurs, comme s’il y eût aperçu, de ses prunelles nyctalopes, quelque chose d’invisible à l’œil humain. Ce chat visionnaire, au nom et à la mine diaboliques, eût alarmé un moins brave que le Baron ; car il avait l’air de savoir bien des choses apprises dans ses courses nocturnes, à travers les galetas et les chambres inhabitées du castel ; plus d’une fois il avait dû faire, au bout d’un corridor, des rencontres qui eussent blanchi les cheveux d’un homme. Sigognac prit sur la table un petit volume dont la reliure ternie portait estampé l’écusson de sa famille, et se mit à en tourner les feuilles d’un doigt nonchalant. Si ses yeux parcouraient exactement les lignes, sa pensée était ailleurs ou ne prenait qu’un intérêt médiocre aux odelettes et aux sonnets amoureux de Ronsard, malgré leurs belles rimes et leurs doctes inventions renouvelées des Grecs. Bientôt il jeta le livre et se mit à déboutonner son pourpoint lentement comme un homme qui n’a pas envie de dormir et se couche, de guerre lasse, parce qu’il ne sait que faire et veut essayer de noyer l’ennui dans le sommeil. Les grains de poussière tombent si tristement dans le sablier par une nuit noire et pluvieuse au fond d’un château ruiné qu’entoure un océan de bruyères, sans un seul être vivant à dix lieues à la ronde ! Le jeune Baron, unique survivant de la famille Sigognac, avait, en effet, bien des motifs de mélancolie. Ses aïeux s’étaient ruinés de différentes manières, soit par le jeu, soit par la guerre ou par le vain désir de briller, en sorte que chaque génération avait légué à l’autre un patrimoine de plus en plus diminué. Les fiefs, les métairies, les fermes et les terres qui relevaient du château s’étaient envolés pièce à pièce ; et le dernier Sigognac, après des efforts inouïs pour relever la fortune de la famille, efforts sans résultats parce qu’il est trop tard pour boucher les voies d’eau d’un navire lorsqu’il sombre, n’avait laissé à son fils que ce castel lézardé et les quelques arpents de terre stérile qui l’entouraient ; le reste avait dû être abandonné aux créanciers et aux juifs. La pauvreté avait donc bercé le jeune enfant de ses mains maigres, et ses lèvres s’étaient suspendues à une mamelle tarie. Privé tout jeune de sa mère morte de tristesse dans ce château délabré, en songeant à la misère qui devait peser plus tard sur son fils et lui fermer toute carrière, il ne connaissait pas les douces caresses et les tendres soins dont la jeunesse est entourée, même dans les familles les moins heureuses. La sollicitude de son père, qu’il regrettait pourtant, ne s’était guère traduite que par quelques coups de pied au derrière, ou l’ordre de lui donner le fouet. En ce moment, il s’ennuyait si fort qu’il eût été heureux de recevoir une de ces admonestations paternelles dont le souvenir lui faisait venir les larmes aux yeux ; car un coup de pied de père à fils, c’est encore une relation humaine et, depuis quatre ans que le Baron dormait allongé sous sa dalle dans le caveau de famille des Sigognac, il vivait au milieu d’une solitude profonde. Sa jeune fierté répugnait à paraître parmi la noblesse de la province aux fêtes et aux chasses sans l’équipage convenable à sa qualité. Qu’eût-on dit, en effet, de voir le baron de Sigognac accoutré comme un gueux de l’Hostière ou comme un cueilleur de pommes du Perche ? Cette considération l’avait empêché d’aller offrir ses services comme domestique à quelque prince. Aussi beaucoup de gens croyaient-ils que les Sigognac étaient éteints, et l’oubli, qui pousse sur les morts encore plus vite que l’herbe, effaçait cette famille autrefois importante et riche, et bien peu de personnes savaient qu’il existât encore un rejeton de cette race amoindrie. Depuis quelques instants, Belzébuth paraissait inquiet, il levait la tête comme s’il subodorait quelque chose d’inquiétant ; il se dressait contre la fenêtre et appuyait ses pattes aux carreaux, cherchant à percer le noir sombre de la nuit rayé de hachures pressées de pluie ; son nez se fronçait et s’agitait. Un hurlement prolongé de Miraut s’élevant au milieu du silence vint bientôt confirmer la pantomime du chat ; il se passait décidément quelque chose d’insolite aux environs du castel, d’ordinaire si tranquille. Miraut continuait d’aboyer avec toute l’énergie que lui permettait son enrouement chronique. Le Baron, pour être prêt à tout évènement, reboutonna le pourpoint qu’il allait quitter et se dressa sur ses pieds. « Qu’a donc Miraut, lui qui ronfle comme le chien des Sept-Dormants, sur la paille de sa niche, dès que le soleil est couché, pour faire un pareil vacarme ? Est-ce qu’un loup rôderait autour des murailles ? » dit le jeune homme en ceignant une épée à lourde coquille de fer qu’il détacha du mur et dont il boucla le ceinturon à son dernier trou, car la b***e de cuir coupée pour la taille du vieux baron eût fait deux fois le tour de celle du fils. Trois coups frappés assez violemment à la porte du castel retentirent à intervalles mesurés et firent gémir les échos des chambres vides. Qui pouvait à cette heure venir troubler la solitude du manoir et le silence de la nuit ? Quel voyageur malavisé heurtait à cette porte qui ne s’était pas ouverte depuis si longtemps pour un hôte, non par manque de courtoisie de la part du maître, mais par l’absence de visiteurs ? Qui demandait à être reçu dans cette auberge de la famine, dans cette cour plénière du Carême, dans cet hôtel de misère et de lésine ?
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