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1191 Mots
Je me souviens encore de ce jour, celui de leur mariage, quand je pense que mon mariage, c'était fait en catimini, comme si nous étions des voleurs et que le leur allait être célébré en grande pompe... Je dois avouer que j'avais la gorge nouée quand je m'y suis rendue. Car oui, Jordan avait réussi à me faire venir. Nous avions réussi à venir ensemble, car tout se déroulait dans une résidence sécurisée. La voiture avait des vitres teintées, ce qui nous a permis d'être en couple, mais c'était le seul moment où nous pouvions l'être. Après avoir quitté la voiture, il ne fallait pas s'approcher l'un de l'autre, comme de parfaits inconnus. C'était une épreuve pour moi, car je vivais avec lui depuis deux ans. En plus, j'éprouvais une jalousie presque maladive à l'idée qu'une belle femme s'approche de lui. J'avais confiance en lui, et je savais qu'il ne ferait rien de mal, mais le simple fait de voir une femme poser ses mains sur lui cela me rendait littéralement folle. Raison pour laquelle je restais loin de lui dès que cette situation pouvait se produire. Alors là, un mariage au cours duquel chaque femme célibataire cherche à tout prix à se caser, c'était pour moi un enfer. Une fois garé, il posa sa main au creux de la mienne, la serrant fort, la portant à sa bouche afin de l'embrasser. - Tout va bien se passer, et puis je t'accorderai une danse, ils ne peuvent pas m'empêcher de t'accorder une danse ! Je souris, il semblait confiant, chose qui me faisait actuellement défaut. J'avais hâte que cette épreuve soit du passé. - Jordan, tu sais... Il posa son index sur ma bouche, s'approchant de moi, ne libérant mes lèvres que pour y poser les siennes. - Je sais, n'aie crainte. Il prit ses affaires afin de descendre puis s'arrêta et retira son alliance. L'anneau de notre amour, la bague qui nous liait l'un à l'autre, il me regarda, pressentant ce que je ressentais. Il lisait en moi comme dans un livre ouvert, tout autant que moi. - Ils regardent tous les détails, on doit rester discrets ! Je baissais les yeux sur mon alliance à moi, le diamant trônant sur son dessus brillait de mille feux, et pourtant, je ne pouvais pas la garder non plus, plus les minutes passaient plus je me sentais démunie. Posant mes doigts autour de mon anneau afin de le retirer, il me stoppa. - Non, garde là toi, ne l'enlève pas ! Levant les yeux vers lui, j'essayais de comprendre en quoi alors la sienne gênait tant que cela. Il se tourna vers l'extérieur, scrutant du regard si un paparazzi n'était pas présent, puis il se tourna vers moi déposant un b****r furtif sur mes lèvres qu'il prolongea comme si nous étions seuls au monde. Je savourais ces secondes que l'on volait outrageusement, mais je m'en fichais, je me sentais tellement bien dans ses bras. Il posa son front contre le mien, ne voulant pas briser le fragile contact que nous avions encore l'un avec l'autre. Il soupira. Le temps nous pressant, il fixa ses iris dans les miennes. J'aurais voulu à cet instant que le temps s'arrête. Que nous n'allions pas à ce fichu mariage. Que nous restions simplement tous les deux ensembles. Il s'éloigna de moi et je sentis comme un manque, chose qui m'arrive souvent quand je ne suis pas dans ses bras. D'un coup, j'ai froid, et mon corps frissonne. Pourquoi n'ai-je pas le droit à une vie de couple normale ? - Dernière chose ! Il me regarde, l'intensité de ce contact visuel est immense. Ne reste pas seule dans une pièce isolée, sinon tu risques de me trouver sur tes talons, et là, on fera trembler les murs de la maison journalistes ou pas ! C'était une allusion subtile ou non à ma tenue qui avait le don de lui plaire, il fallait dire qu'elle m'allait bien et mettait mes formes en valeurs, chose qui généralement avait un impact très fort sur lui et sa libido si je puis le dire ainsi, les corsets plus particulièrement. Il réussit par ses mots à me faire rire, puis lui emboîtant le pas, je sortis de la voiture comme je le pouvais avec cette robe bien trop gainante à mon goût, et surtout bien trop chère pour ce qu'elle allait faire, bien qu'elle ait certains avantages… Je me dandinais sur mon siège afin de me sortir de l'habitacle quand une main se présenta devant moi. Je l'aurais reconnue entre mille, c'était bien entendu celle de Jordan. Posant la mienne en son creux, il m'aida pour sortir de la voiture sous les yeux des gardes présents pour l'événement. Le regardant, il me fit non de la tête. Bien entendu, ils étaient tenus au secret professionnel et ne pouvaient divulguer aucune information, ce qui me soulagea sur le coup. Les invités arrivèrent les uns après les autres, de la chambre où Aurore se préparait, je voyais les gens prendre place sur les chaises organisée de manière symétrique sur la terrasse du château loué pour l'occasion. - Il y a du monde ? Me demanda Aurore qui avait hâte d'enfin unir sa vie à celle de mon beau-frère. - Oui, ce n'est pas étonnant vu la liste exorbitante des invités ! Répondis-je acerbe. Tout le gratin avait été invité, ce mariage n'était pas uniquement familial, mais aussi sur-médiatisé. - Ne fais pas ça ! Pas le jour de mon mariage, je n'y peux rien si Jordan et toi ne devez pas vous marier !! Le choc me laissa bouche bée. Elle n'y pouvait rien ? Elle se foutait de moi là ?! - Tu es pourtant en grande partie responsable de ce qu'est ma vie en ce moment. Toi qui, il y a quelques années, les traitaient de fous. Tu ne supportais même pas leur musique, et là, tu te pavanes devant Shannon comme s'il était la 8éme merveille du monde ! Désolée, mais j'ai un peu de mal à croire à tout ça ! - L'amour change une personne, tu devrais pourtant le savoir. Me dis-t-elle apportant une dernière couche de rouge à lèvres pour parfaire son maquillage. Je ne parvenais pas à y croire. Depuis quand était-elle devenue aussi hautaine ? Avant tout cela, elle aurait été peinée pour moi, et là, elle se la joue victime de l'amour. Elle qui prônait haut et fort que l'amour, c'était nian nian, pour les pauvres personnes, mais où va-t-on ? - À ce point-là, j'en doute ! Rétorquai-je. Dans ton cas, c'est du retournement de veste ! Cette discussion venait de jeter un froid entre nous deux, mais je ne pouvais pas faire l'autruche sur mes sentiments. Je lui en voulais pour ce qu'elle me faisait subir, consciemment ou non, et elle devait en être au courant. Elle vivait heureuse, je ne lui en voulais pas, mais son bonheur occultait tout le reste et elle avait perdu son intérêt pour note amitié, pire encore, si cela pouvait la rendre plus heureuse, elle la piétinait développant un égoïsme que je ne lui connaissais pas.
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