Le lendemain, dès le grand matin, M. de Rênal reçut une lettre anonyme. Celle-ci était du style le plus insultant. Les mots les plus grossiers applicables à sa position s›y voyaient à chaque ligne. C›était l›ouvrage de quelque envieux subalterne. Cette lettre le ramena à la pensée de se battre avec M. Valenod. Bientôt son courage alla jusqu›aux idées d›exécution immédiate. Il sortit seul, et alla chez l›armurier prendre des pistolets qu›il fit charger. Au fait, se disait-il, l›administration sévère de l›empereur Napoléon reviendrait au monde, que moi je n›ai pas un sou de friponneries à me reprocher. J›ai tout au plus fermé les yeux; mais j›ai de bonnes lettres dans mon bureau qui m›y autorisent. Mme de Rênal fut effrayée de la colère froide de son mari, elle lui rappelait la fatale idée


