» S’il est un voyage qui puisse donner une juste idée des apprêts de la guerre civile et de la confusion qui régnait déjà dans le Midi, c’est, sans contredit, celui que nous fîmes dans cette journée. Les quatre lieues qui séparent Beaucaire de Nîmes étaient occupées alternativement par des postes ayant l’une ou l’autre cocarde. Chaque village sur notre route, excepté les plus proches de Nîmes, s’était prononcé pour le roi ou pour Napoléon ; mais les soldats, qui campaient à des distances à peu près égales sur le chemin, étaient tantôt royalistes, tantôt bonapartistes. Nous les examinions de loin par la portière ; et comme nous nous étions, par précaution et à l’instar des habitants d’Orgon, munis de deux cocardes, nous mettions à notre chapeau celle qu’ils portaient au leur, et nous cachio


