OUI’T

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OUI’T Juste au moment d’embrayer, je vois Isoline, la journaliste, qui se précipite sous mes roues. Deux morts, aujourd’hui, dans cette rue, j’estime que ça fait trop. Je reste donc débrayé et coupe le moteur. Je baisse le carreau, pas envie de m’éterniser. Elle m’interpelle : — Vous avez deux minutes ? Difficile de prétendre le contraire. J’acquiesce (j’adore ce verbe qui ne sert plus qu’aux romanciers de mon genre). Elle propose : — On prend un café ? Pavlovien, j’accepte. Ça tombe bien, il y a un rade juste à cinquante mètres. Faut pas croire, dans le 94, y a encore des commerces traditionnels. Celui-là est typique du quartier : glauque, peu engageant, rempli de zonards qui lèvent un œil, parallèlement à leur verre, sur mon accompagnatrice (je peux pas écrire « ma compagne » quand

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