Quelque chose d’autre me rassurait. On ne me regarderait pas trop à cause de l’ardeur des conversations politiques inévitables devant monsieur Pancrazzi. À cette époque, les partis politiques français, très nombreux, émiettement de particularismes imaginaires et dérisoires, poussaient leurs prolongements chez nous en chamailles et en gesticulations. Chez nous toutefois, à cette époque, l’émiettement n’était plus qu’une apparence et la dispute une forme de concordance. Devant le pressentiment refoulé du danger, les différentes opinions menaient toutes au même but : la nécessité d’un geste magique qui assure une fois et à jamais la pérennité non contestable de l’Algérie française. On ne croyait pas que l’Algérie pût cesser d’être française, on était horrifié de la contestation, de l’intrusio


