Je l’avais dès les premiers jours entendu exalter l’armée. Mieux qu’Albe ou qu’Armand. Je l’avais aussi entendu critiquer De Gaulle, un traître. Une opinion proche de celle d’Édouard ? Non ! Serge, tout jeune comme il était, disait des phrases de la même veine que celles de monsieur Pancrazzi au moment où le nom de De Gaulle commençait à être clamé. Mais si monsieur Pancrazzi était devenu partisan du Général, Serge persistait à dire que l’homme providentiel n’était pas un homme sûr, qu’il pourrait brader l’Algérie. « Nous empêcherons cela ! » me dit-il un jour. Qui était ce « nous » ? Lui et moi ? Allions-nous sauver la Patrie ? « L’armée a fait une connerie en le mettant au pouvoir. Et maintenant, qui est-ce qui doit rectifier le tir ? » J’avais donc sous les yeux l’un de ces hommes de l


