En corps présent L’avocat a remonté les manches de sa chemise. La veilleuse éclaire à peine son visage. Il a posé sa veste sur le dos du fauteuil à montants chromés avec assise et dossier en lanières plastiques caoutchoutées rondes et noires. Il est assis, penché en avant, les coudes appuyés sur les cuisses. Il croise les mains. Il regarde son alliance. Elle lui paraît fine. Il fait nuit depuis longtemps. Il n’a pas mangé, il n’a pas faim, mais il prendrait bien un café. Il reste assis. Un bip régulier scande le temps. Sur le lit, un homme allongé, Rémi Loncourt, n’y fait pas attention. Il garde les yeux fermés. La veilleuse ne le dérange pas. Il respire régulièrement. L’avocat se lève, il hésite un instant. Il se tourne vers la vitre. Il voit d’abord les lumières du périphérique, quelque


