61 Chili, 360 km au sud-est de Santiago. C’était une petite route de terre, presque un chemin, qui louvoyait à l’est de San Joachim en direction de la Cordillère. On y longeait des vignobles à perte de vue, parsemés de fermes. On y traversait des villages aux murs de pierres blanchies, écrasés de chaleur en été, balayés par des vents glaciaux en l’hiver. Des camions chargés de travailleurs chiliens la parcouraient chaque jour, rejoignant leur journée de labeur. Au bout de la voie se trouvait la Colonie Liberté. Personne n’en ignorait l’existence, même ceux qui ne voulaient pas voir. C’est sur cette route que tout se jouerait. La décision avait été prise après que Roberto Matίas ait expliqué au groupe que Dietrich l’empruntait chaque jour pour se rendre à San Joachim y acheter la presse.


