Comme je le pensais, Shisui m'a emmenée sur le terrain d'entraînement d'Itachi. Ce dernier n'a pas changé. Des arbres tous plus grands les uns que les autres, Des cibles sur certains d'entre eux. Des kunaï et des shuriken éparpillés, ici et là. La vue de ces armes me rappelle ce mauvais souvenir.
Shisui me conduit à une motte de terre surélevée, sur laquelle nous prenons place. Chacun son paquet de boulettes en main.
Shisui : vas-y ! Mangeons tant que c'est encore chaud. Ils sont meilleurs comme ça, tu vas voir. M'indique-t-il.
Moi : Oui, je sais, dis-je nostalgique. Mon père nous avait emmenées, ma mère et moi, dans un stand de boulette le jour du rite... Je ne termine pas ma phrase, ce souvenir est encore douloureux.
J'ouvre mon paquet et en ressors une boulette. Elle a l'air délicieuse. Bien ronde, bien dorée, plus une odeur alléchante pour couronner le tout. Shisui a déjà de l'avance sur moi. Il en est à sa deuxième boulette. Comme ça chauffe, Il entre-ouvre la bouche et souffle. Il ventile aussi sa bouche à l'aide de sa main. Ce spectacle me fait rire, et je ne me prive pas pour lui montrer.
Moi : ahahaha ! Tu es trop marrant ! Tu aurais du commencer par souffler dessus avant de les manger.
Shisui : maintenant tu me donnes des conseils ?! C'est mon rôle ça à la base. Enfin ! La joie est de retour sur ce petit visage. Ça me fait plaisir. Même si je ne comptais pas me servir des boulettes pour ça. Dit-il, un sourire au coin de sa bouche.
Aussitôt, j'arrête de rire. Alors lui aussi a remarqué mon attitude de ces derniers jours. C'est vrai que ça faisait longtemps que je n'avais pas autant rit. Il continue de manger, mais pas moi. Un silence lourd s'installe entre nous, Nous éloignant l'un de l'autre.
Shisui : Hum... Tu n'as pas touché à une seule boulette. Tu n'aimes pas ça? S'inquiète-t-il.
Je secoue négativement la tête. Ce n'est pas ça. Pour le rassurer, je mets une boulette entière dans ma bouche. Elle est assez grosse, alors j'ai du mal à marcher. Cette fois ci, c'est le tour de mon ami de se moquer de moi. Il rie si fort, que le son de sa voix résonne dans cet endroit. C'est un rire sincère qui me fait plaisir. Je finis quand même par avaler mon amuse bouche. D'ailleurs il est délicieux.
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Shisui : aaahhh ! Finit ! C'était délicieux. Dit-il après avoir avalé sa dernière boulette.
Moi j'en ai encore la moitié à manger, mais je n'en peux plus. Je les garde pour Sado. Il va être ravi. Je referme bien le paquet.
Shisui : Ah ? Tu n'en veux plus ?
Moi : non, mais je les garde pour Sado. Il va adorer ton cadeau. Moi j'ai l'estomac plein.
Shisui : D'accord. *silence*. Si non, comment vas-tu ? Et hocher les épaules ne compte pas comme réponse. M'informe-t-il.
Je suis surprise de sa question, mais me reprends assez vite.
Moi : tu m'as demandée ça plus tôt. Mais Je ne sais pas quoi te répondre, c'est tout.
Shisui : j'aimerais que tu me parles, que tu te confies à moi, que tu partages tes sentiments avec moi. Parce que nous sommes amis, et que c'est ce qu'ils font.
Ce sont des paroles sincères, j'en suis persuadée. Je lui manquerais de respect si je ne disais rien en retour. Je prends une grande inspiration.
Moi : Hum... Bien ?! Mentis-je.
Shisui : est-ce une question ou la réponse ? Me demande-t-il, une main sur mon épaule.
Moi : ... Je... Je... *une perle de larme nait au coin de chaque oeil*.
Je n'ajoute rien. C'est comme si tout restait coincé dans ma gorge et que jamais je ne réussirais à le faire sortir. Toute cette accumulation de choses me fait mal, mais je ne sais même pas ce que je devrais faire.
Shisui : tu sais que tu peux me faire confiance. Vas-y, je t'écoute. M'encourage -t-il.
Il a bien réussit son coup. Me mettre en confiance en me faisant manger un truc agréable, m'emmener dans un endroit que je connais et à l'abri des regards. C'est bien mon grand-frère ça. Il trouve toujours une solution à tout. C'est bien. Les perles se transforment en flots de larmes. Parler me soulagera peut-être.
Moi : je m'en veux... Beaucoup, non plutôt énormément, d'avoir laissé Sado se blesser. Tout est de ma faute. Si je n'avais pas été aussi faible, Tout ça ne serait jamais arrivé. Dis-je entre deux sanglots.
Shisui me serre dans ses bras, ma tête contre son torse, je peux sentir ses battements. Ils sont... Doux, cette mélodie me calme peu à peu. Il caresse mes cheveux dans mon dos, en faisant des cercles. Mes sanglots s'arrêtent tout doucement et le calme revient enfin.
Shisui : ce n'était pas de ta faute. C'est arrivé parce que ça devait arriver. Et Sado a fait ce qu'il devait faire, sauver sa maîtresse. Maintenant la question à se poser, c'est de savoir ce que tu ferais si un jour un accident comme celui-là venait à se reproduire ? Alors, que ferais tu ?
Sa question m'inquiète et me donne un léger frisson. Je n'ai pas envie de revivre cette situation. Plus jamais. Je n'ose pas répondre, c'est trop dur pour moi d'imaginer une chose pareille.
Shisui : à mon avis, tu devrais être prête si ça arrivait. Être capable de te défendre et de protéger tes amis, les gens que tu aimes... Il resserre son étreinte. C'est ce que tu devrais faire.
Je me recule un peu et affronte son regard.
Moi : et que dois je faire pour y arriver ?
Shisui : le meilleur moyen que je connaisse, c'est de devenir un Ninja. Et donc d'entrer à l'académie !
Moi : Quoi ?! Mais mes parents ne seront jamais d'accord. Ils préfèrent que je passe mes journées dans les champs avec eux.
Shisui : t'en fais pas pour ça. Je me charge de les convaincre. Mais est-ce que toi tu es d'accord ?
Il a raison. Est-ce que j'en ai vraiment envie ? Ça implique beaucoup de choses et de personnes.
Moi : je ne sais pas.
Shisui : Hum... Dans ce cas, prends le temps d'y réfléchir. Il n'y a pas le feu.
Ahlala. Pourquoi attendre ? C'est vrai quoi ?! Je ne veux plus qu'un ami risque sa vie pour moi. Je veux protéger ceux que j'aime. Et s'il faut que je prenne des cours pour ça, je n'y vois aucun problème. Surtout si Shisui convainc mes parents, alors rien ne m'empêche de le faire.
Je me lève et tapote mon arrière train pour retirer la terre qui s'y est déposée. Je me tourne vers Shisui et lui offre un sourire timide plus un regard déterminé.
Moi : Oui, je veux le faire. Je veux entrer à l'académie et devenir Ninja. Pour que les êtres qui me sont chers puissent compter sur moi. Et que plus jamais personne ne risque sa vie pour moi.
J'ai parlé sans m'arrêter, laissant mon ami bouche-bée. Il se reprend et me sourit.
Shisui : c'est bien ! Sage décision. Tu es courageuse, je t'en félicite. Tu peux compter sur moi pour convaincre tes parents.
Je hoche la tête. Je suis peu sûre d'y arriver mais je vais quand même essayer. Je suis une Uchiwa après tout.
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Après avoir fait ma déclaration, Shisui m'a proposée de rentrer. Une fois à la maison, Nous sommes tombés sur ma mère. Elle étalait le linge. Nous avons attendu que mon père rentre pour leur annoncer la nouvelle.
Comme prévu, Mon père s'est totalement opposé à cette décision. C'est bien normal qu'il ne veuille pas que sa fille soit blessée parce qu'elle "joue les Ninja défenseurs du village" comme il l'a si bien dit. Mais Shisui a su trouver les mots qu'il fallait pour lui faire entendre raison.
Au début, j'ai cru que c'était grâce à son sharingan mais pas du tout. Il a tenu sa promesse en convaincant mes parents par sa parole. Il s'est porté garant de ma sécurité puis a ajouté : si je ne suis pas là, Itachi s'en chargera. Vous pouvez compter sur nous.
Ils ont accepté, et dans une semaine je commence les cours. Trop bien.