IX La comtesse Dusseuil ouvrit les yeux et reconnut la lueur bleutée et tremblotante de la veilleuse. Le comte dormait. Elle sentait son souffle sur sa cuisse droite. Elle bougea imperceptiblement. L’époux ne réagit pas. Leur épiderme n’était pas en contact. Elle retint un soupir. Comme d’habitude après l’étreinte brutale et rapide, elle plongeait aussitôt dans un profond sommeil pour oublier qu’elle avait eu, malgré qu’elle le haïssait, du plaisir. Et lui dormait huit heures d’affilée. Il pouvait tonner dehors, canonner, rien ne le réveillait, si son temps de repos n’était pas accompli. Pour cela aussi, il était réglé comme un automate. Selon une méthode dûment éprouvée, elle se laissa glisser lentement du lit et se reçut sur les mains. Elle resta un moment immobile, à plat ventre sur l


