XII-2

3013 Mots

Dès lors, Pascal vécut dans cette pensée qu’il pouvait mourir d’une heure à l’autre. Et cela acheva de le grandir, de le hausser à l’oubli complet de lui-même. Il ne cessa pas de travailler, mais jamais il n’avait mieux compris combien l’effort doit trouver en soi sa récompense, l’œuvre étant toujours transitoire et restant quand même inachevée. Un soir, au dîner, Martine lui apprit que Sarteur, l’ouvrier chapelier, l’ancien pensionnaire de l’Asile des Tulettes, venait de se pendre. Toute la soirée, il songea à ce cas étrange, à cet homme qu’il croyait avoir sauvé de la folie homicide, par sa médication des piqûres hypodermiques, et qui, évidemment, repris d’un accès, avait eu assez de lucidité encore pour s’étrangler, au lieu de sauter à la gorge d’un passant. Il le revoyait, si parfaitem

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