chapitre 2

3504 Mots
LE LENDEMAIN. Le jour venait à peine de se lever, baignant la villa de Lorenzo d’une lumière douce et tranquille. Dans sa chambre, l’air sentait encore le parfum d’alcool et de désordre de la veille. Étendu sur le ventre, le visage écrasé contre les coussins, Lorenzo dormait profondément, ses cheveux en bataille tombant sur son front. Le silence régnait jusqu’à ce qu’une sonnerie stridente vienne briser la quiétude. Le téléphone vibrait avec insistance sur la table de chevet. Lorenzo grogna, dérangé, et ouvrit les yeux à moitié collés par la fatigue. D’un geste brusque, il se redressa, attrapa le portable sans même regarder l’écran, puis se laissa retomber sur le dos. Le regard fixé au plafond, il décrocha d’une voix rauque et agacée. Lorenzo (arrogant) _ C’est qui ? Une voix familière répondit à l’autre bout de la ligne, calme mais ferme. Carlo (calme mais ferme) _ Lorenzo, c’est moi. Je t’informe que ce soir, je viendrai avec… Lorenzo (agacé) _ Papa, tu peux me lâcher les bottes, s’il te plaît ? Tu m’appelles à cette heure-ci pour me parler de quoi exactement ? De l’autre côté, la voix de son père se fit entendre, calme mais ferme, presque implacable. Carlo (calme mais ferme) _ Comment ça, tu veux savoir de quoi je veux te parler ? Tu as déjà oublié notre discussion d’hier ? Je t’ai clairement dit que ton mariage est prévu pour aujourd’hui. Ce soir, je viendrai avec le maire et la mariée. Et j’espère, je dis bien j’espère, que tu seras présent et que tu ne vas pas me couvrir de honte. C’est pour ça que je t’appelle, pour t’informer et te rappeler ce qui est en jeu. À ces mots, Lorenzo sentit son sang bouillir. La colère monta en lui comme une flamme indomptable. Ses poings se crispèrent, sa mâchoire se serra. À peine le jour levé et déjà, son père venait lui pourrir la journée. Lorenzo (furieux) _ Hier je t’ai bien dit que je ne suis pas intéressé par ce foutu mariage, et aujourd’hui je te le répète. Compte pas sur moi, père. Je ne veux ni d’un maire ni d’une mariée dans ma maison. Et si tu ne veux pas que je te foute la honte, ne débarque pas ici. Je t’ai prévenu. Fou-moi la paix. Carlo (fermement) _ Lorenzo, ne me… Pi… pi… pi… Lorenzo venait de raccrocher au nez de son père. Sans la moindre hésitation. Il jeta le téléphone sur le lit avec rage, puis poussa un long soupir agacé. Les bras croisés derrière la tête, il resta allongé un moment, les yeux rivés au plafond, le regard noir. LORENZO (voix intérieure) Moi, c’est Lorenzo De Santis. Mais pour mes potes, je suis le Bad Boy. Pourquoi ? Simple : je ne suis pas un mec comme les autres. J’ai mon monde, un univers bien plus sombre et dangereux que ce que je laisse paraître. Mon père le sait, c’est pour ça qu’il tente toujours de me ramener à la raison. Mais c’est peine perdue. Je ne suis pas un pantin, encore moins un pion. À 22 ans, je suis propriétaire de trois entreprises immobilières et à la tête d’un groupe mystérieux que seuls mes deux frères d’armes, Fabio et Marco, connaissent vraiment. J’ai bâti ça avec mes poings, avec le risque et le sang. Côté relation ? Rien de sérieux. Ni fiancée, ni femme, ni amour. Je n’ai pas la tête à ça. Est-ce que je ressemble à un type qui peut tomber amoureux ? Non. L’amour, c’est une faiblesse, une chaîne. Moi, j’aime posséder, imposer, b****r et passer à autre chose. Ça fait plus d’un mois que je b***e la ménagère de ma villa. Âgée de treize ans de plus que moi. Qu’est-ce que ça peut me foutre. Tant qu’elle m’aide à me vider les couilles, je prends. J’ai aimé une fois, une seule. Mais j’ai brisé cet amour de mes propres mains. Depuis, je me suis juré de ne plus jamais replonger. L’amour, c’est trop de sacrifices, trop de failles. Moi, je ne veux pas de faille. Je préfère être une cible pour mes ennemis plutôt que d’offrir un point faible à qui que ce soit. Mes parents ? Je les aime. Mais je dois rester dur avec eux, les tenir loin de mon monde. C’est ma façon de les protéger. Mon père le sait, pourtant il refuse de lâcher prise. Il sait très bien qu’un jour, ce monde finira par m’avaler. Un jour, je disparaîtrai pour de bon. Et lui, il refuse d’enterrer son fils de son vivant. Alors il me pousse, il me force, il croit qu’un mariage peut me sauver. Mais moi, je vois clair dans son jeu. Il veut m’attacher, m’imposer une responsabilité pour me freiner. Sauf que c’est impossible. J’aime trop le danger, trop le risque. Je ne baisserai jamais la garde pour une femme. Je suis un mauvais garçon. Et les mauvais garçons… eux, ils ne changent pas. Après de longues minutes figé à fixer son plafond comme si une réponse allait en tomber, Lorenzo finit par se lever d’un geste sec. Il quitta le lit, traînant sa colère dans chacun de ses mouvements, et se dirigea vers la salle de bain. Pendant ce temps, devant la maison des Martin, une berline noire venait de se garer. Carlo venait de couper le moteur. Sur le siège passager, Rosa, la mère de Lorenzo, observait son mari en silence. Elle l’étudiait d’un regard inquiet, presque curieux, consciente que quelque chose de lourd se préparait. Rosa (curieuse) — C’est ici que vit la fille ? Carlo (calme) — Oui, c’est la fille de mon chauffeur. Tu sais, cette gamine m’a impressionné. Un jour, alors que mon garde Eric conduisait, il l’a percutée sans s’en rendre compte. Et devine quoi ? Elle n’a pas crié, elle n’a pas joué la victime… Elle a simplement exigé qu’on lui paie son vélo. Là, j’ai vu deux choses : premièrement, malgré son jeune âge, elle sait qu’il ne faut jamais se laisser marcher dessus dans la vie. Deuxièmement, elle a du caractère, elle sait tenir tête sans être insolente. Et crois-moi, Rosa… c’est exactement le genre de femme qu’il faut à Lorenzo. Je suis persuadé qu’elle seule pourrait réussir à le dompter. Carlo serra les mains sur le volant, son regard se durcissant. Carlo (plus grave) — Je ne veux pas perdre mon fils. Je refuse de rester un jour à la maison et qu’on vienne m’annoncer qu’il s’est fait descendre dans la rue. Rosa le dévisagea longuement, partagée entre inquiétude et compassion. Rosa (calmement) — Mais… et cette fille ? Tu crois vraiment qu’elle acceptera d’épouser un homme qu’elle ne connaît même pas ? Un sourire discret, presque amer, effleura les lèvres de Carlo. Carlo (sourire au coin) — Je pense qu’elle le fera, pour son père. Giovanni est atteint d’un cancer des poumons. Il doit absolument se faire opérer, sinon, il n’y survivra pas. J’ai profité de cette situation pour lui proposer un marché : le mariage de nos enfants. Je ne suis pas fier de ce coup-là, mais pour sauver mon fils, je suis prêt à tout. Et Giovanni, lui, veut un avenir meilleur pour sa fille. Avec mon aide, il pourra se faire opérer, je leur donnerai une maison… et sa fille sera désormais sous la responsabilité de Lorenzo. Rosa détourna les yeux, ses traits marqués par l’angoisse. Rosa (inquiète) — Ton idée a peut-être du sens, mais n’oublie pas Lorenzo. Tu sais qu’il ne se laissera pas plier facilement… Et cette pauvre fille risque d’en souffrir. Lorenzo a un caractère de feu, il aime imposer ses lois. Si déjà il est contre ce mariage précipité, alors ce sera pire encore. J’ai peur qu’il fasse payer sa colère à cette gamine. Carlo posa doucement sa main sur la sienne, sa voix se voulant rassurante. Carlo (rassurant) — Calme-toi, ma chérie. Parlons d’abord à la fille, terminons ce que nous avons commencé et ensuite, nous verrons bien. Rosa hocha la tête sans un mot. Ensemble, ils sortirent de la voiture et avancèrent vers le portail. Carlo frappa fort, de quoi se faire entendre à l’intérieur de la maison. Dans le salon, Giovanni était assis sur le canapé. Le bruit l’incita à se lever, mais au même moment, Chloé fit son entrée. Chloé (curieuse) — Papa, où tu vas ? Giovanni (calmement) — Quelqu’un frappe au portail, je vais ouvrir. Chloé (gentiment) — Non, reste assis. Je vais y aller. Giovanni la regarda un instant, puis céda et se rassit. Chloé, elle, sortit rapidement du salon. Après avoir traversé la cour, elle atteignit le portail, l’ouvrit et se retrouva nez à nez avec Carlo et Rosa. Chloé (surprise) — Vous ?? euh… désolée, Bonjour monsieur, bonjour madame. Carlo lui adressa un sourire bienveillant, presque calculé. Carlo (souriant) — Bonjour, ma fille. On dirait que tu m’as reconnue. Chloé hocha la tête doucement, un petit sourire timide se dessinant sur ses lèvres. Rosa (souriante) — Comment tu vas, ma fille ? Chloé (poliment) — Je vais bien, madame. Entrez, je vous en prie. Elle s’écarta avec grâce pour leur laisser le passage. Carlo et Rosa franchirent le portail, avançant dans la cour avec une allure assurée. Derrière eux, Chloé referma le portail, puis les rejoignit, le visage marqué d’une curiosité grandissante. Chloé (curieuse) — Vous cherchez mon père ? Carlo échangea un regard avec Rosa avant de répondre, un brin hésitant. Carlo (hésitant) — Oui… mais nous aimerions aussi parler avec toi. Chloé (calme) — Dans ce cas, rentrons à l’intérieur. Elle les guida à travers la cour jusqu’à la maison. Une fois dans le salon, Giovanni, assis sur le canapé, leva les yeux et resta figé en voyant son patron et son épouse. La surprise passa rapidement sur son visage, remplacée par un sourire poli. Carlo et Rosa prirent place sur le canapé en face, tandis que Chloé, par réflexe d’hospitalité, s’éclipsa vers la cuisine. Giovanni (gentiment) — Bonjour monsieur, bienvenue à vous. Carlo et Rosa (ensemble) — Merci. Carlo croisa les jambes, ses coudes posés sur ses genoux, et plongea son regard sérieux sur Giovanni. Carlo (calme) — Giovanni, si nous sommes ici, c’est pour parler avec toi et ta fille… au sujet du mariage. Giovanni inclina légèrement la tête, visiblement gêné, mais répondit d’une voix posée. Giovanni (calme) — D’accord monsieur. J’en ai déjà parlé à ma fille mais elle ne m’a pas encore donné son avis. Au même instant, Chloé réapparut, un plateau à la main avec deux verres d’eau. Avec soin, elle posa le plateau sur la petite table et tendit un verre à Rosa puis un autre à Carlo. Son geste était empli de respect. Carlo et Rosa (ensemble) — Merci, ma fille. Chloé esquissa un léger sourire avant de s’asseoir près de son père, son regard alternant entre ses invités et Giovanni, impatiente de comprendre la raison de cette visite. Carlo (souriant) — Ma fille, comment tu vas ? Chloé (poliment) — Je vais bien, monsieur. Merci. Carlo posa son verre, ses yeux fixés sur elle, son ton redevenant grave. Carlo (calme) — Si ma femme et moi sommes venus ce matin, c’est pour te parler du mariage avec notre fils… et pour t’amener avec nous. Les yeux de Chloé s’arrondirent sous le choc, son cœur battant à tout rompre. Chloé (yeux écarquillés) — M’amener avec vous ?Euh… le mariage, c’est pour quand ? Carlo (calme) — Aujourd’hui. Le mot claqua comme un coup de tonnerre dans la pièce. Chloé (surprise) — Quoiiiii ?! Mais… pourquoi aujourd’hui ? Je… Elle chercha les yeux de son père, comme pour y trouver une réponse, mais Giovanni la regardait tristement, presque coupable. Giovanni (triste) — Chloé, en fait… ce mariage est très important pour Monsieur Carlo, et… La voix de Chloé trembla, ses yeux s’humidifiant. Chloé (voix tremblante) — Mais papa, c'est hier seulement tu m’as parlé de ce mariage et aujourd’hui, je dois déjà me marier ?! Je ne connais même pas cet homme. Tu crois pas que c’est trop précipité ? On pourrait au moins apprendre à se connaître, non ? Rosa la regarda posément, sa voix douce mais ferme, comme celle d’une mère qui cherche à rassurer. Rosa (calme) — Ma fille, tu as raison de réagir ainsi. Mais ne t’inquiète pas… vous aurez le temps de vous découvrir l’un l’autre. Et je te promets une chose : tu ne manqueras de rien. Carlo (suppliant) — Oui, ma fille… nous sommes une famille respectée. Tu auras tout ce que tu voudras, et tu continueras bien sûr tes études. Avec le temps, tu apprendras à connaître mon fils, puisque vous vivrez ensemble. Chloé ne répondit pas tout de suite. Le silence l’enveloppa, lourd, pesant. Son cœur battait vite. Ses yeux glissèrent vers son père malade, et elle sentit une brûlure derrière ses paupières. Elle le fixa longuement, tristement, puis baissa la tête. Elle avait l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds. Carlo (rassurant) — Soyez tranquille, monsieur Giovanni. Je vous promets que votre fille ne manquera de rien. Elle pourra venir vous voir régulièrement. Et pour votre santé, comme convenu… je m’occuperai de tout. Giovanni leva son regard vers Carlo, la voix posée mais chargée d’une lourde émotion. Giovanni (calmement) — Merci beaucoup, monsieur. Je vous fais confiance. Mais je vais laisser ma fille donner son approbation. Chloé serra doucement la main de son père, inspira profondément, puis lâcha d’une voix calme, presque résignée : Chloé (calmement) — Papa… c’est bon. J’accepte ce mariage, si c'est garanti que je pourrai continuer mes études et venir te voir quand je le voudrai. Pour ta santé… j’accepte de me marier avec cet homme. Je ne veux pas que tu meurs et que tu me laisses seule. Les lèvres de Carlo et Rosa s’étirèrent en un sourire satisfait. Giovanni, lui, ému, caressa tendrement les cheveux de sa fille. Giovanni (ému) — Merci, ma fille, merci d’aider ton père. Rosa (souriante) — Merci, ma fille. Nous sommes heureux que tu aies accepté cette union. Carlo (gentiment) — Tu peux maintenant aller te préparer. Nous repartirons avec toi. Chloé (calmement) — D’accord. Sans un mot de plus, Chloé se leva et marcha lentement vers sa chambre. Elle ouvrit la porte, s’approcha du lit et s’y laissa tomber, les yeux fixés au plafond. Son esprit bouillonnait. CHLOÉ (voix intérieure) Et voilà… ce fameux mariage arrive plus vite que la livraison d’une pizza. Hier papa me balance tranquille que je suis donnée en mariage au fils de son patron, et aujourd’hui à peine réveillée, hop ! mes beaux-parents débarquent pour m’embarquer comme une valise. Sérieusement, c’est fou. On dirait qu’on discute de vacances improvisées, pas d’un mariage ! Bon, d’accord, le point positif, c’est que mes études sont garanties. Ça, c’est rassurant. Et puis papa pourra se faire opérer, ça c’est le plus important. En vrai, ce mariage est genre… un pack promo : papa sauvé + études payées. Pas mal comme deal. Mais, y’a un détail qui me fout la trouille : ce gars. Il est comment ?! J’espère qu’il est jeune, beau, musclé, avec des abdos bien dessinés, parce que franchement… s’il ressemble à un tonton en mode bedaine et cheveux en retraite anticipée, moi je divorce direct après l’opération de papa ! Et puis faut qu’il soit gentil. Genre… très gentil. Comme mon papa, quoi. Parce que si je tombe sur un gros dur qui tire la gueule H24, c’est mort. Moi, je veux qu’il me lise une petite histoire le soir avant que je m’endorme. Oui, je sais, j’ai dix sept ans passés, mais ça, c’est mon rituel depuis toujours. Mon papou me lisait toujours une histoire… je veux pas perdre ça. Et le matin ? Ahhh, parlons-en. Moi, pour me réveiller… laisse tomber. Quand je dors, c’est comme si j’étais morte. Si papa me secoue pas, j’arrive à la fac en mode fantôme à midi. Donc, ouais, mon futur mari devra être mon réveil humain. Et attention hein : pas un réveil relou qui crie, mais un réveil doux. Sinon… bagarre ! Et la cuisine… pfff. Alors là, je déclare forfait. Moi ? Cuisiner ? La blague. À part chauffer de l’eau, je suis une cause perdue. J’ai vécu seule avec papa depuis deux ans. Lui, il a pas le temps, et la plupart du temps, c’est livraison express ou il me prépare un petit plat rapido. Alors si mon mari sait pas cuisiner… on est foutus. Moi je suis une flemmarde dans la cuisine, mais attention hein, pas à l’école ! Non non non, là je suis une machine. En classe, je suis genre Einstein version girl. Bref, Futur mariage, me voilà. C’est complètement dingue. Franchement, ça sent le grand n’importe quoi, mais bon… il paraît que je suis la future femme d’un mec super riche. Pff. J’espère que c’est pas un de ces gars qui veulent jouer les durs H24. Sinon, il va découvrir que la vraie boss dans l’histoire… c’est moi. Chloé se redressa brusquement, attrapa ouvrit son petit armoire et commença à plier ses vêtements en les jetant dans son sac de voyage. Son cœur battait fort, mélange d’excitation nerveuse et de peur. ÉCLIPSE DE QUELQUES HEURES. Dans une salle VIP d’un bar chic, l’ambiance contrastait fortement avec le vacarme qui résonnait dehors. À l’extérieur, la musique électro cognait contre les murs, les rires et les cris des clients s’entrechoquaient, mais à l’intérieur de cette pièce isolée, c’était presque le silence. Lorenzo était affalé sur un large canapé de cuir noir, un verre de whisky à la main. Ses yeux étaient perdus dans le vide, fixant un point imaginaire comme s’il cherchait à noyer une colère intérieure dans l’alcool. En face de lui, Marco et Fabio, ses deux meilleurs potes, ne décrochaient pas de leurs téléphones, absorbés dans leurs écrans. L’atmosphère était lourde, pesante, jusqu’à ce que le téléphone de Lorenzo se mette à vibrer. Il souffla bruyamment, soupirant comme si ce simple bruit lui donnait envie de casser quelque chose. Il attrapa son portable d’un geste sec et décrocha. Lorenzo (agacé, voix grave) — Maman… tu veux quoi ? De l’autre côté, la voix de Rosa claqua, ferme et autoritaire, comme si elle voulait lui rappeler qu’elle restait sa mère malgré son caractère. Rosa (fermement) — Lorenzo, on est déjà chez toi. Alors tu es où exactement ? Nous sommes ici avec ta future femme et le maire. Viens immédiatement. Le visage de Lorenzo se durcit. Sa mâchoire se crispa, ses doigts serrèrent si fort son verre que Fabio crut qu’il allait l’exploser entre ses mains. La colère monta en lui comme une vague, et Marco le remarqua aussitôt. Lorenzo (imposant, glacé) — Papa m’a déjà appelé ce matin. Et je lui ai dit que je ne veux voir PERSONNE dans MA maison. Je vous préviens… vous êtes en train de me mettre hors de moi. Dégagez de chez moi avant que je ne rentre, sinon… Rosa (sèche, implacable) — Sinon quoi, jeune homme ? Tu crois m’impressionner avec ton ton ? Tu viens tout de suite, Lorenzo. Ton père et moi, nous ne bougerons pas d’ici tant que tu ne seras pas là. Un silence lourd. Lorenzo sentit la rage lui brûler la gorge. Ses yeux s’assombrirent. Lorenzo (explosant) — p****n, vous m’agacez ! Foutez-moi la paix ! Il raccrocha brutalement, le souffle court, les veines de son cou gonflées. Son visage était rouge de colère. D’un bond, il se leva, jetant un regard noir vers le vide, comme s’il voulait réduire la pièce en cendres. Fabio releva la tête de son téléphone, les sourcils froncés. Fabio (curieux) — Mec, tu pars où là ? C’était qui au tel ? Lorenzo passa une main dans ses cheveux, encore plus agacé. Lorenzo (froid, cinglant) — C’était la daronne. Elle et le vieux me rendent dingue. Mon père a décidé de me marier du jour au lendemain. Fabio et Marco, bouche bée, se figèrent presque en même temps. Fabio et Marco (yeux écarquillés) — Quoiiiiiii ?! Marco éclata d’un rire sec, moqueur, le genre de rire qui résonne pour attiser la flamme. Marco (amusé) — Attends, attends… toi ? Le Lorenzo qu’on connaît ? Marié ?! Ah ouais… pauvre fille ! La meuf doit pas savoir qu’elle a signé son arrêt de mort en disant oui. Fabio, lui, se la joua plus théâtral. Il se frappa le front avec la paume de sa main, dramatique. Fabio (ironique) — Seigneur… faites que la mariée soit aveugle. Parce que si elle voit la tronche que t’as quand t’es énervé, elle va fuir en courant direct ! Tu l'a connait ? Lorenzo leva les yeux au ciel, exaspéré. Lorenzo (hors de lui) — J’en ai rien à foutre d’elle. Je ne sais même pas qui c’est et ça ne m’intéresse pas. J’ai pas besoin d’une p****n de nounou à la maison. Marco (ricanant) — Ouais, mais elle, elle va en avoir besoin, une nounou. Parce que vivre avec toi, frère, c’est genre mission.
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