– Odile, Odile, que pensez-vous donc ? Mais écoutez-moi ! Laissez-moi vous dire tout le respect que j’ai pour vous, et comment notre union sera sans reproche. Nous la ferons bénir en secret, par le Père Heinrich. Qu’avez-vous à m’objecter, si je vous demande de devenir ma femme devant Dieu ? Pendant un moment, les pensées se brouillèrent dans mon cerveau. Un bonheur immense m’étouffait. Sa femme !... Oh ! comme je l’aimais !... comme je l’aimais pour être si heureuse ! Il s’écria d’un ton de triomphe : – Ah ! je savais bien que vous n’auriez plus rien à dire ! Mais un souffle glacé passait subitement en moi. Pendant une minute, j’avais tout oublié : sa proposition, à lui, et le mystère de mon origine, et ma situation de femme sans nom, sans famille. Au moment où ses lèvres allaient se

