CHAPITRE IX VOULOIR MOURIRC’est que la chose n’est point facile, de maîtriser la douleur corporelle par la seule force de l’esprit, de maintenir le cerveau à tel point serein qu’il oublie complètement la plainte atroce et le sanglot des nerfs torturés. J’appris à souffrir passivement comme sans doute tous ceux qui ont passé par les étapes graduées de la camisole de force. Une nuit, alors que je venais d’être relevé de cent heures de camisole, j’entendis tapoter. C’était Morrell qui me parlait. — Où en es-tu ? me demandait-il. Tiens-tu toujours ? J’étais plus faible que jamais et, quoique mon corps ne fût plus tout entier, qu’une masse misérable et meurtrie, je me rendais compte à peine que j’avais un corps. Je frappai, en réponse : « — Il me semble que je suis fini. Ils auront ma peau

