VDepuis que sa grand-mère se trouvait immobilisée par l’infirmité, c’était Emmanuelle qui dirigeait la maison, tâche parfois ardue, car la vieille dame, de naturel tracassier et minutieux, trouvait sans cesse à reprendre sur la façon d’agir de sa petite-fille et ne lui ménageait pas les observations blessantes. Mais maintenant, la transmission des pouvoirs à la nouvelle maîtresse de maison allait se faire. Et Emmanuelle s’en réjouissait, car elle aurait ainsi plus de temps à donner à ses œuvres de charité. Dans la matinée du lendemain, elle monta donc chez sa belle-sœur. Odile, qui écrivait, assise à son coquet petit bureau, l’accueillit avec une politesse réservée qui semblait décidément lui être habituelle, mais eut un impérieux geste de refus – étrange chez une nature si calme en appa

