VJuancho s’était éloigné à la voix du garde de nuit sans s’assurer si Andrès était mort ou seulement blessé : il croyait l’avoir tué, tant il était sûr de ce coup pour ainsi dire infaillible. – La lutte avait été loyale, et il ne se sentait aucun remords : le sombre plaisir d’être débarrassé de son rival dominait chez lui toute autre considération. L’anxiété de Militona pendant cette lutte dont le bruit sourd l’avait attirée à la fenêtre, ne saurait se peindre : elle voulait crier, mais sa langue s’attachait à son palais, la terreur lui serrait la gorge de sa main de fer ; chancelante, éperdue, à demi-folle, elle descendit l’escalier au hasard, ou plutôt se laissa glisser sur la rampe comme un corps inerte. Elle arriva juste au moment où Andrès tombait et repoussait par sa chute le battan

