– Des rêves, dit-il. À quoi bon les rêves ? Vous nous avez empoisonnés avec vos rêves. Est-ce que vous ne pouviez pas nous laisser tranquillement jouir de nos corps, sans scrupule, sans remords ? Nous ne demandions que ça, nous autres ! Quoi ! Le premier regard conscient que nous avons levé sur le monde nous a découvert vos charniers, les sales charniers que leur guerre venait de remplir, et ils auraient voulu que nous pensions à autre chose qu’à user de notre jeunesse ! Au collège, ils nous lisaient des souvenirs de poilus – pouah ! – des histoires de mitrailleuses qui fauchent, de mines qui font éclater cinq cents hommes d’un seul coup, avec des paquets d’entrailles pendus aux arbres. Quelle dégoûtation ! Lorsque nous y pensions la nuit, avec quelle sollicitude, quelle tendresse, nous ca

