Chapitre 2

1260 Parole
Sergueï était ressorti du domaine, les nerfs à vif, comme toujours. Il avait tout essayé, mais la situation était restée la même. C'était comme si tous ses efforts étaient vains. Ksenia l'avait suivi jusqu'à sa voiture. - Je ne vois que de la colère et du vide en toi à chaque fois. Tu n'es plus le petit garçon d'avant, mais tu as gardé trop de cette colère. Cela ne te fait pas de bien. Il lui prit le bras. - Je vais bien. C'est juste que, parfois, j'ai besoin d'évacuer certaines choses. Je pense qu'il me faut du repos. Il déposa un léger b****r au sommet de sa tête, puis monta dans sa voiture. Sergueï Petrov était un homme qui ne laissait rien transparaître. Il n'aimait pas non plus que les gens connaissent le fond de sa pensée. Il détestait se retrouver en situation de faiblesse. Sergueï parlait très peu de sa famille. D'ailleurs, les gens n'avaient pas besoin de tout savoir sur ce qui se passait dans sa vie. Ils n'avaient qu'à connaître l'essentiel. Sergueï arriva chez lui. Il y vivait seul. Il n'aimait pas partager son espace personnel avec les autres. Son appartement était situé dans l'un des quartiers les plus huppés de Moscou, au dernier étage d'un immeuble moderne dont l'accès était strictement contrôlé. L'endroit était calme, sécurisé et à l'abri des regards indiscrets. C'était exactement ce qu'il recherchait. À l'intérieur, tout était parfaitement ordonné. Les meubles aux lignes épurées, les couleurs sobres et les grandes baies vitrées donnaient à l'appartement une allure élégante, presque impersonnelle. Sergueï n'avait jamais éprouvé le besoin de transformer cet endroit en un véritable foyer. Il lui suffisait d'avoir un toit au-dessus de la tête, un espace où il pouvait travailler en paix et surtout, un lieu où personne ne viendrait lui poser des questions auxquelles il n'avait aucune envie de répondre. Il retira sa veste, la posa sur le dossier d'une chaise et desserra le col de sa chemise. Il était enfin seule. C'était ce qu'il avait voulu en rentrant, mais le silence qui l'accueillit ne lui apporta pas le soulagement espéré. Il passa une main sur son visage et ferma les yeux quelques secondes. Il était fatigué. Plus qu'il ne voulait bien l'admettre. Pourtant, il savait déjà que cette nuit encore, le sommeil ne serait pas son meilleur allié. Il avait un dîner de famille le lendemain. Il savait comment cela allait se terminer. Sa famille et lui n'entretenaient pas de bonnes relations et pourtant, son père voulait qu'il soit présent à chaque réunion familiale pour consolider un lien qui n'existait même pas. Sergueï soupira et se dirigea vers la salle de bain. Il avait besoin de se passer de l'eau sur le corps et de se débarrasser de la tension accumulée au cours de la journée. Il espérait au moins pouvoir dormir quelques heures avant d'affronter une nouvelle journée. Alina, de son côté, avait décidé de tout dire à Dmitri. Elle avait attendu patiemment son retour, mais celui-ci lui avait envoyé un message pour lui annoncer que l'urgence urgence au bureau nécessitait qu'il y reste plus longtemps. Cette situation ne lui était pas inconnue. Il arrivait parfois que Dmitri passe la nuit au travail. Elle n'avait donc aucune raison de s'inquiéter outre mesure. Elle attendrait son retour. Alina se réveilla le lendemain, l'esprit embrouillé. Elle était censée rendre visite à sa grand-mère et ne voulait pas manquer à sa parole. Elle se leva et se dirigea vers la salle de bain. Après s'être préparée, elle prit son téléphone et vérifia ses messages. Aucun nouveau message de Dmitri. Elle soupira avant de ranger son téléphone dans son sac. Elle lui parlerait à son retour. Pour le moment, elle devait se concentrer sur sa visite. Depuis la perte de ses parents, Alina n'avait jamais eu d'autre famille que sa grand-mère. Elle avait grandi auprès d'elle et, malgré les années qui passaient, elle continuait de la considérer comme son plus grand soutien. Sa grand-mère avait été présente dans les moments les plus difficiles de sa vie. Elle avait fait de son mieux pour lui offrir l'affection et la stabilité dont elle avait besoin. Même si elle ne pouvait pas remplacer ses parents, elle avait toujours veillé à ce qu'Alina ne se sente jamais complètement seule. Alina lui devait beaucoup et ne pouvait imaginer ce que serait sa vie sans elle. Quelques heures plus tard, elle arriva chez sa grand-mère. Celle-ci l'accueillit avec un grand sourire. - Ma petite Alina ! Tu aurais pu me prévenir que tu venais si tôt. Alina l'embrassa sur les deux joues avant de déposer son sac. - Je voulais te faire une surprise. Sa grand-mère sourit et l'invita à s'installer. - Tu as mauvaise mine, ma chérie. Est-ce que tout va bien ? Alina esquissa un sourire. - Oui, grand-mère. Je suis juste un peu fatiguée. La vieille femme l'observa attentivement. Elle connaissait suffisamment sa petite-fille pour savoir quand quelque chose la préoccupait. - Tu sais que tu peux tout me dire, n'est-ce pas ? Alina baissa les yeux. - Je sais. Elle aurait voulu lui parler de ce qui la préoccupait, mais elle ne savait pas par où commencer. Sa grand-mère lui prit doucement la main. - Je ne vais pas te forcer à parler. Mais n'oublie jamais que tu n'as pas besoin de tout affronter toute seule. Alina serra sa main en retour. Elle avait toujours pu compter sur elle. Depuis qu'elle était petite, sa grand-mère avait été la personne vers laquelle elle se tournait lorsqu'elle avait besoin de réconfort ou de conseils. Pourtant, cette fois, elle devait prendre une décision par elle-même. Elle ne pouvait pas demander à sa grand-mère de résoudre tous ses problèmes. Certaines choses devaient être affrontées personnellement, même lorsqu'on avait peur des conséquences. Elle devait parler à Dmitri. Elle ne savait pas comment il réagirait ni ce que cette conversation changerait entre eux. Elle espérait simplement qu'il prendrait le temps de l'écouter avant de tirer des conclusions. - Tu es bien silencieuse aujourd'hui, remarqua sa grand-mère. Alina releva la tête. - Je réfléchis, c'est tout. - À quelque chose qui te tracasse ? Tu sais que je suis là n'est pas ? Et que jamais je ne te jugerai pour quoi que ce soit . Alina hésita avant de répondre. - Un peu. Sa grand-mère ne chercha pas à insister. Elle se contenta de lui caresser doucement la main. - Tu sais, ma chérie, la vie ne nous laisse pas toujours le choix des situations auxquelles nous devons faire face. Mais nous pouvons toujours choisir la manière dont nous les affrontons. Alina savait que sa grand-mère avait raison. Pourtant, savoir ce qu'il fallait faire et trouver le courage de le faire étaient deux choses différentes. Elle voulait profiter de cette visite sans se laisser envahir par ses inquiétudes. Après tout, elle ne savait pas combien de temps elle pourrait encore partager ces moments avec la seule personne qu'elle avait toujours considérée comme sa famille. Et cette pensée lui serra le cœur. Alina passa le reste de la journée avec sa grand-mère. Elle se promit également de lui dire la vérité. Elle était retournée chez elle elle début de soirée et avait trouvé Dmitri en cuisine. Il venait de terminer la préparation du repas et avait déjà dressé la table. C'était le moment, il fallait absolument qu'elle lui dise la vérité maintenant. ____ Je dois te parler, annonça celle-ci une fois le dîner terminé. Ce que j'ai à te dire est vraiment important alors, je veux que tu m'écoute sans interruption.
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