Vlad Mika arriva à 21 heures, l’air contrarié. — Que s’est-il passé ? demandai-je. Il secoua la tête, avec un petit froncement de sourcils têtu. — Mange un peu, lui dis-je. Il s’avança vers la table et découvrit les plats, les palpant, toujours debout. Je lui donnai quelques minutes, puis je m’approchai. — Assieds-toi. Je tirai une des chaises et me laissai tomber sur l’autre. Mika s’assit. Je pouvais voir la détresse l’enserrant de toutes parts. Mais le faire parler était autre chose. — J’ai grandi dans les rues de Moscou, moi aussi, avançai-je. Ma mère m’a remis à la bratva, comme la tienne. Il leva les yeux, se méfiant mais m’écoutant. — Je la hais encore pour ça. Alessia leva les yeux depuis le canapé où elle lisait un des romans à l’eau de rose que je lui avais téléchargé

