Chapitre 4-1

1315 Palavras
Chapitre Quatre Le lendemain, Mia termina de faire la simulation pour la troisième fois et envoya les résultats informatiques à Saret en espérant qu’il pourrait bientôt les examiner. Sans ses observations, ou sans la contribution d’Adam, il n’y avait plus grand-chose qu’elle pouvait faire pour avancer le projet. Il n’était que onze heures du matin ce mercredi-là et elle avait déjà terminé son programme de la journée au laboratoire. Évidemment, elle aurait pu lire des documents sur le cerveau ou regarder des enregistrements, mais c’était plutôt quelque chose qu’elle faisait en dehors du laboratoire pendant ses moments de liberté. Les heures de laboratoire devaient être de véritables heures de travail et Mia espérait trouver quelque chose à faire avant de recevoir les remarques indispensables sur son projet en cours. Comme d’habitude, Saret était parti quelque part et les autres apprentis étaient toujours en Thaïlande. On l’avait laissée seule au laboratoire, et Mia pensait que c’était sans doute un gage de confiance. Il était peu probable que Saret laisse n’importe qui utiliser l’équipement sophistiqué du laboratoire. Mia se leva et alla à la banque de données collectives, un instrument Krinar qui avait des années — lumière d’avance sur n’importe quel ordinateur inventé par les hommes. Elle ne faisait que commencer à en apprendre toutes les fonctions si bien qu’elle décida d’utiliser son temps libre à l’explorer un peu et à se rafraîchir la mémoire sur les projets des autres apprentis. La banque de données obéissait à la voix ce qui facilitait la tâche de Mia. Les six heures suivantes passèrent à toute vitesse. Mia était absorbée dans son travail et ne vit pas le temps passer en lisant une étude sur les propriétés de régénération du tissu cérébral des Krinars et sur la complexité du développement cérébral chez les nouveau-nés. Elle fit une petite pause pour déjeuner et demanda un sandwich au laboratoire ‘intelligent’ puis continua, fascinée par ce qu’elle apprenait. Elle eut l’impression que le projet qui avait amené les autres apprentis en Thaïlande était encore plus intéressant que celui sur lequel elle travaillait avec Adam. Elle en fut un peu jalouse et décida de demander à Saret s’il y aurait un moyen pour qu’elle y participe aussi. Finalement, il fut dix-sept heures. D’habitude, Mia restait plus longtemps au laboratoire, mais elle décida de faire une exception ce jour-là puisqu’il n’y avait pas grand-chose à faire. Elle quitta donc le laboratoire et rentra à la maison. En arrivant à la maison, elle ne fut pas surprise de ne pas y trouver Korum. Il avait un emploi du temps beaucoup plus lourd que celui de Mia bien qu’il soit facilité par sa capacité à ne pas avoir besoin de plus de deux ou trois heures de sommeil par nuit. Il accomplissait beaucoup de choses la nuit ou tôt le matin quand elle dormait à poings fermés. Mia s’installa confortablement sur la longue planche flottante du salon et décida de mettre son temps à profit en appelant Jessie. Elles ne s’étaient pas parlé depuis le voyage de Mia en Floride et il lui tardait d’entendre la voix si gaie de son amie. ― Appelle Jessie ! dit Mia à l’appareil de son bracelet-montre, et elle entendit la tonalité familière en attendant la communication. ― Mia ? La voix de Jessie montrait qu’elle était sur ses gardes. ― Eh oui, c’est moi, dit Mia en souriant. Elle savait que Jessie voyait ‘Appel masqué’ apparaître sur son téléphone. Comment ça va ? On ne s’est pas parlé depuis plus d’une semaine ! ― Oh, ça va bien ! dit Jessie qui semblait un peu distraite. Comment vont tes parents ? Est-ce qu’ils ont fait la connaissance de Korum ? ― Oui, absolument, dit Mia. Et tu ne vas peut-être pas me croire, mais ils l’adorent. Mais dis-moi, tu as l’air occupée en ce moment ? Je peux te rappeler à un autre moment… ― Comment ? Oh non, attends, laisse-moi seulement aller dans une autre pièce… Il y eut un court silence, puis : bon, ça va maintenant. Excuse-moi. J’étais seulement avec Edgar et Peter. Tu te souviens de Peter ? ― Bien sûr ! dit Mia. Peter était le garçon qu’elle avait rencontré au night-club, celui que Korum avait failli tuer parce qu’il dansait avec elle. Mia tremblait encore en se souvenant de cette nuit terrifiante, quand elle pensait que Korum avait découvert sa trahison et qu’il allait la tuer. Rétrospectivement, elle avait été stupide, elle aurait dû savoir même à ce moment-là qu’il ne lui ferait jamais de mal. Mais à l’époque, Korum était encore un étranger à ses yeux, un membre de la mystérieuse et dangereuse race Krinar qui avait envahi la terre cinq ans plus tôt. ― Il continue à demander de tes nouvelles, dit Jessie, elle semblait un peu mélancolique, pensa Mia. Edgar me dit qu’il s’inquiète vraiment… ― C’est gentil de sa part, mais il n’y a vraiment aucune raison de s’inquiéter, dit Mia en lui coupant la parole, elle était mal à l’aise du tour que prenait la conversation. Sérieusement, je n’ai jamais été aussi heureuse… Jessie garda le silence pendant un instant puis Mia l’entendit soupirer. ― Alors ça y est, hein ? dit-il d’une voix douce. Tu es amoureuse de ce K ? ― Oui, dit Mia et un grand sourire éclaira son visage. Et lui aussi il m’aime. Oh ! Jessie, tu ne peux pas savoir à quel point ça me rend heureuse. Je n’aurais jamais pu imaginer que ça se passe comme ça. C’est comme si un rêve se réalisait… ― Mia… Elle entendit Jessie soupirer de nouveau. Je suis heureuse pour toi, vraiment… Mais dis-moi, est-ce que tu penses revenir à New York ? Mia hésita un moment. ― Je crois que oui… Elle en était bien moins sûre qu’avant. Avec chaque jour qui passait, retourner à l’université et tout ce que cela impliquait lui semblait de moins en moins important. À quoi lui servirait une licence d’une université de la Terre si elle continuait de vivre et de travailler à Lenkarda ? Elle en apprenait davantage en une journée au laboratoire qu’en un mois à la fac de NYU. Est-ce que c’était vraiment logique de passer encore neuf mois à rédiger des dissertations et à passer des examens uniquement pour obtenir son diplôme ? Et, ce qui était plus important, est-ce que Saret la laisserait revenir au laboratoire après une aussi longue absence ? Étant donné le rythme auquel se faisait la recherche revenir neuf mois plus tard voudrait presque dire recommencer à zéro. ― Tu n’en as pas l’air certain, dit Jessie, et il y avait de la tristesse dans sa voix. ― C’est vrai, je dois dire que je n’en suis pas sûre, admit Mia. Korum est d’accord, mais je ne sais pas si je pourrais continuer mon stage après une aussi longue absence… ― Alors tu t’y plais ? Je veux dire au Centre K ? ― Oui, dit Mia. Jessie, c’est tellement agréable ici… Je ne peux même pas te dire à quel point leurs inventions sont extraordinaires. Korum a une pièce en apesanteur chez lui. Tu imagines ? Et il a un sol qui masse les pieds quand on y marche. Sans parler du fait que Mia était pratiquement immortelle, mais c’était quelque chose dont elle n’avait pas le droit de parler en dehors de Lenkarda. ― Vraiment ? Un sol qui masse les pieds ? Maintenant, Jessie semblait jalouse. ― Eh oui ! Et un lit qui en fait autant pour tout le corps. Ils ont des merveilles de technologie, Jessie. Il faut me croire quand je te le dis : c’est vraiment extraordinaire d’être ici. ― Ouais, ça en a tout l’air, dit Jessie, et Mia entendit qu’elle s’y résignait. Je pense que tu me manques, c’est tout. ― Toi aussi tu me manques, dit Mia. Je pourrai peut-être venir te voir dans une quinzaine de jours. Laisse-moi en parler avec Korum et on organisera quelque chose. ― Oh ! ça serait vraiment bien ! Jessie avait retrouvé son enthousiasme. ― On va le faire, lui promit Mia en souriant. Je te préviendrai de mon arrivée. Mais parlons d’autre chose… De toi et d’Edgar. Où en êtes-vous ? Et pendant les dix minutes qui suivirent, Mia apprit tout ce qu’il fallait savoir sur le petit ami de Jessie, son dernier rôle, et le panda en peluche qu’il avait gagné pour Jessie dans un parc d’attractions. Mia eut l’impression que Jessie et lui étaient devenus de plus en plus proches et elle était contente qu’il rende Jessie aussi heureuse. Si quelqu’un méritait d’avoir un copain mignon et gentil, c’était bien son ancienne colocataire. Finalement, Jessie dut aller dîner et Mia lui dit au revoir ; elle alla se changer avant le retour de Korum. Il lui avait parlé d’une promenade sur la plage après dîner et elle voulait être sûre d’avoir mis son maillot de bain.
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