– Tu sais bien que l’on ne nous reconnaît que lorsque nous le voulons. – C’est juste. – Que ferons-nous de lui ? – Nous lui volerons son cheval. – Ah ! dit Caolet, je commence à comprendre. Et il doubla le pas pour pouvoir suivre le vieux Balthazar, qui marchait comme s’il avait eu des jambes de vingt ans ; et tous les deux sortirent d’Avallon et prirent le chemin de Chastellux en Morvan. Le citoyen Berdinet s’était donc pris à frissonner en voyant le chien à sa porte. Le terrier était là comme en sentinelle, et le membre du district hésitait à traverser la rue. Le récit que lui avait fait le père Balthazar n’était pas de nature, du reste, à lui donner du chien une bonne opinion. Cependant une réflexion enhardit quelque peu le citoyen Berdinet. – Ce chien, pensa-t-il, ne peut pas

