Chapitre 2 : Le mariage de rêve

1580 Words
Le plus souvent, c’est le jour du mariage que les mariés découvrent la vraie beauté de leur partenaire. Aujourd’hui, Roman et Karel célèbrent leur union devant Dieu et devant les hommes. Ils se disent oui pour la vie. Roman est une superstar du hip-hop, fils héritier d’un milliardaire. Karel est la fille d’un général d’armée, jeune et belle, la peau couleur d’ébène, des formes délicates qui évoquent la douceur. Elle mesure un mètre soixante-deux. Belize, sa sœur, est son contraire : une fille pleine d’entrain qui vaccine Karel de bonne humeur chaque fois que la vie lui pèse un peu trop. Leur mère est une femme douce qui sourit à la vie à chaque occasion. Leur grand-mère, très croyante, prie sans cesse pour le bonheur de ses deux uniques petites-filles. Oncle Charly, homme d’affaires respecté, a secrètement fiancé Roman et Karel sans l’avis de son frère. Une brouille s’en est suivie, mais leur mère a exigé qu’ils enterrent la hache de guerre. Karel aurait aimé que Charly soit là aujourd’hui, mais il a dû s’absenter en urgence. Malgré tout, elle se réjouit : son père, ce matin, a mis son orgueil de côté et l’accompagne jusqu’à l’autel. Karel avance comme une reine. La foule l’acclame, les flashs crépitent, et son cœur déborde d’une joie immense. Elle est sur le point de porter le nom de famille le plus prestigieux de toute l’Afrique. Un nom que tant de filles rêveraient de porter. Elle en a rêvé elle aussi, et aujourd’hui, ce rêve devient réalité. Son cœur pompe la joie, l’excitation pure. Au son de la trompette et des fanfares, elle lève la main qui tient le bouquet de fleurs et salue les invités. Des centaines de personnes sont là, des proches, des fans du jeune artiste de vingt-cinq ans. Certains invités se tiennent même debout dans la cour, faute de place dans la cathédrale où ils ont choisi de célébrer leur union sacrée. C’est fantastique, phénoménal. D’un pas harmonieux, père et fille avancent, suivis de ceux que Karel aime le plus au monde. Ils atteignent l’estrade où Roman attend. Il sourit, le cœur grand ouvert. Ses yeux brillent d’un amour fou. Son cœur bat à l’idée de la toucher de nouveau après cinq longues années de séparation. Il gigote, comme un enfant excité. Voir Karel dans cette immense robe blanche lui donne une envie folle de la faire sienne, de l’avoir à ses côtés pour toujours. Monsieur Bassey prend la main de sa fille et la passe à monsieur Don, qui la reçoit avec respect. En souriant, celui-ci la passe à son tour à Roman, qui la reçoit avec une émotion contenue. Les doigts de Karel frémissent sous ce toucher doux qui lui a tant manqué. D’un simple geste, Roman la guide vers le prêtre. Il arbore un air sérieux, mais au fond de lui, il meurt d’envie que la cérémonie s’achève pour savourer la suite. Le prêtre les bénit. Ils regagnent les chaises qui leur sont réservées. — Tu es resplendissante dans cette robe blanche, murmure Roman en penchant la tête vers son épaule. Elle lui sourit à travers le voile. — J’ai toujours su que tu étais belle, mais tu l’es encore plus aujourd’hui. Roman sourit, le cœur palpitant à l’idée de goûter de nouveau au parfum des lèvres de Karel. Elle tourne doucement la tête. Malgré la mousseline qui dissimule ses traits, le rose intense de sa bouche ne lui échappe pas. Son cœur bat la chamade. — Je suis heureuse de te retrouver, mon amour. Tu m’as manqué, chuchote Karel. Roman se contente de sourire, ému par tant de franchise. — Regarde, dit-elle en détournant les yeux vers sa gauche, là où sont assises Belize et ses enfants. Ne sont-ils pas magnifiques, nos enfants ? Roman suit son regard et contemple ses jumeaux avec une infinie tendresse. — Ils sont adorables, comme toi et moi en plus jeunes, une version miniature de nous deux. Ils échangent un sourire complice avant de reporter leur attention sur le prêtre. Le célébrant les invite à se lever. On lui apporte les alliances. Il élève les mains vers le ciel, les bénit, puis entame la célébration. — Don Roman, consentez-vous à prendre pour épouse mademoiselle Bassey Karel, ici présente devant Dieu et devant les hommes ? Promettez-vous de l’aimer, de la chérir, de lui rester fidèle et de la protéger contre tout danger ? Si tel est le cas, répondez à voix haute : oui, je le promets. — Oui, je le promets ! s’écrie Roman de sa voix la plus claire et la plus vibrante. La foule éclate en acclamations. — Et vous, ma fille, acceptez-vous de prendre pour époux monsieur Don Roman, ici présent devant Dieu et devant les hommes ? Promettez-vous de l’aimer, de le chérir, de lui rester toujours fidèle, de prendre soin de lui et de ses enfants ? Si tel est le cas, répondez à voix haute : oui, je le promets. — Oui, je le promets, répond Karel d’une voix qui semble un chant. Un tonnerre d’applaudissements s’élève. — À présent, j’appelle les témoins de chaque marié à se tenir auprès de lui. Belize, témoin de sa petite sœur, se dépêche de la rejoindre. Pierre, le meilleur ami de Roman, se lève aussitôt et monte sur l’estrade. Le prêtre invite Roman à passer la bague au doigt de sa bien-aimée en prononçant ses vœux. — Karel, mon ange, mon souffle de vie, ma source d’inspiration. Aujourd’hui, je te passe cette bague en signe de mon amour immense pour toi. Je prie pour que notre amour soit assez fort pour traverser tous les obstacles. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen. Il glisse délicatement l’anneau jusqu’au bout du doigt de Karel. La foule se déchaîne de joie. Le prêtre lève la main pour obtenir le silence, puis donne la parole à la mariée. — Roman, mon bébé, mon deuxième poumon, ma joie de vivre. Je te passe cette bague en signe de ma fidélité et de mon amour éternel pour toi, jusqu’au jour de ma mort. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen. De nouveau, la foule explose de cris de bonheur. Le prêtre reprend la parole. — Ce que Dieu a uni, aucun homme ne peut le séparer. Par le pouvoir qui m’est conféré et sous l’onction divine, je vous déclare mari et femme. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen. Les invités applaudissent avec ferveur. Mais Roman n’a qu’une hâte : entendre la dernière phrase du prêtre. — Le marié peut embrasser la mariée. Un immense sourire de soulagement illumine le visage de Roman. Il fait un pas vers Karel, qui lui sourit timidement, et soulève doucement le voile. Ses yeux tombent aussitôt dans les beaux yeux marron de sa femme. Il la contemple avec appétit, puis son regard glisse sur ses lèvres roses. Il se penche délicatement et l’embrasse avec une tendresse infinie. Les invités se lèvent, applaudissent. Belize pousse des cris de joie stridents pour sa sœur. Les parents des mariés montent signer l’acte de mariage, suivis des témoins. La cérémonie religieuse s’achève dans la lumière. Le couple sort dans la cour pour les photos de souvenirs. Roman est heureux, aux côtés de sa dulcinée, et découvre ses enfants en jouant avec eux. — Merci d’être venu, papa, murmure Karel en marchant aux côtés de monsieur Bassey. Si tu n’avais pas été là aujourd’hui, cette journée n’aurait pas eu la même saveur. Malgré toutes les personnes que j’aime autour de moi, ta présence comptait plus que tout. — C’est le devoir d’un père que d’accompagner sa fille jusqu’à son époux. Je n’aurais voulu manquer cela pour rien au monde. Karel l’embrasse tendrement. Il lui offre un sourire discret avant de s’effacer. — Oh, Karel chérie ! s’exclame sa mère en s’approchant. Tu es resplendissante aujourd’hui. Elle la serre dans ses bras avec une joie communicative. — Toi aussi, maman. — Pardonne-moi de ne pas être passée à l’hôtel tout à l’heure. Ta grand-mère était impatiente d’arriver à l’église pour déposer des présents à la Vierge Marie, en remerciement de ton bonheur. — Tu es pardonnée, maman, répond Karel en se détachant doucement de son étreinte. Quelques instants plus tard, elle cherche sa grand-mère du regard. — Où est grand-mère ? — Elle doit encore être à la crypte. — Elle n’a pas assisté à la cérémonie ? — Si, si, jusqu’au moment où le prêtre vous a invités à vous embrasser. Ensuite, elle s’est retirée. Tu sais, dans sa tête, tu restes sa petite fille. Elle ne s’attendait pas à ce que tu grandisses aussi vite. Tout cela est nouveau à digérer. Karel sourit avec tendresse. — Elle aurait pu frapper Roman s’il t’avait embrassée sans l’autorisation du prêtre, crois-moi, ajoute sa mère. Elles éclatent de rire ensemble. — Je ne la laisserai pas faire, maman. Et je ne la laisserai pas non plus échapper aux photos. Va la chercher, s’il te plaît. Sa mère s’éloigne en riant. Roman fait la connaissance de ses enfants et tombe immédiatement sous le charme de sa fille. La grand-mère de Karel arrive et le couple pose pour de nombreuses photos de souvenirs. Le soleil caresse les visages, les sourires se figent sur le papier glacé, et l’amour emplit chaque image. Puis tous se dirigent vers la soirée grandiose que la famille de Karel a réservée pour célébrer cette union. La fête ne fait que commencer.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD