IX Sur la bruyère des vastes landes, à minuit, quand tout dormait, trois Sorcières causaient autour d’un feu de sarments. – Il est temps, disait la première ; hâtons-nous, il pourrait échapper. Et, de sa main, elle s’efforçait vainement, d’arracher un serpent qui lui rongeait le sein. – Oui, répondait sa sœur ; c’est une bonne proie qu’il faut saisir. Et sa tête se penchait sur sa poitrine. Ce peu de mots l’avait fatiguée ; elle s’affaissa sur elle-même. – Assez longtemps il fut heureux, reprenait la troisième, couverte de haillons fangeux. Il faut qu’enfin il m’appartienne. Aidez-moi, il est perdu. Et, poursuivi par l’insomnie, Jacques passait sur la bruyère. Les trois Sorcières marchèrent vers lui, mais belles d’une beauté d’emprunt, vêtues de riches habits qu’elles avaient volés

