Assis à la table ronde, le prince avait en effet l’air assez pâle. Il paraissait dominé par un sentiment d’extrême frayeur, auquel se mêlait, par instant, une sorte d’extase, incompréhensible pour lui-même, qui envahissait son âme. Combien il redoutait de glisser un regard oblique vers ce coin, où une paire d’yeux noirs bien connus le fixait ! Pourtant il se pâmait de bonheur à la pensée de se retrouver dans cette famille et d’entendre une voix familière, et cela après ce qu’elle lui avait écrit. « Mon Dieu, que va-t-elle dire maintenant ? » Il n’avait pas encore desserré les dents et prêtait grande attention aux propos d’Eugène Pavlovitch qui « parlait d’abondance », se sentant ce soir-là en proie à un accès exceptionnel de contentement et d’effusion. Il l’écouta longtemps sans comprendre

