ÉPILOGUE
Manila : il faut mettre ça aussi sur le cadi.
Elle prend ses chips en quantité pour y mettre. Je pousse le cadi sans rien dire, je suis si fatiguée que je n’ai pas envie d’essuyer un bataillon avec elle. Nous allions tourner vers le rayon à la chocolaterie quand un petit garçon qui ne regarde pas ou il va, vient terminer sa course sur mes jambes, j’ai à peine le temps de le rattraper qu’il me fixe. Je tressaillie en le regardant bizarrement, il ressemble tellement à…
Ma pensée fût interrompue par la présence d’une femme qui appelle le garçon.
Elle : Cheikhouna, viens ici !
La femme vient le chercher tout en se confondant en excuse. Je cligne comme si j’étais en train de rêver mon Dieu. Je suis tellement sous le choc que je ne retrouve mes esprits que quand Manila vient me toucher l’épaule.
La dame : désolée, ce garçon est si turbulent. Viens voir papa Cheikhouna.
Moi : euh… ce n’est rien.
Manila : tu vas bien maman ?
Je sors de ma torpeur en regardant la femme puis l’enfant.
La femme : encore désolée.
J’opine de la tête.
Cheikhouna : désolé maman.
Elle : ce n’est rien mon chéri.
Moi : oh !
On entend la voix d’une autre personne qui vient vers nous en appelant aussi l’enfant, quand je lève le regard et que nos yeux se rencontrent, je suis sur le point de vaciller.
Moussa ?
Il s'arrête net quand il me voit, moi aussi je le regarde, choquée comme si j’avais vu un cadavre. Eh Dieu !
Cheikhouna (courant vers Moussa) : papa !
Donc il me mentait durant tout ce temps, l’enfant qu’il disait avoir perdu est le même qui vient de me rentrer dedans et celle qu’il me disait être sa cousine par alliance est en faite sa femme.
Comment on peut mentir sur la vie de son enfant?
La femme : nous devons partir, merci madame.
Moi : de rien.
Je ne quitte des yeux Moussa mais celui-ci a le regard détourné comme s’il ne m’avait jamais connue de sa vie. J’ai besoin de cligner des yeux pour y croire. Encore une fois, c’est Manila qui me secoue.
Manila : tu savais qu’il était marié maman ?
Moi : oh non du tout, il disait être veuf.
Manila : bon débarras alors.
********MOUSSA**********
Je sors du supermarché tout nerveux, ma femme me demande si ça va, mais j’opine juste de la tête. Je ne sais pas comment le hasard a fait que l’on se soit retrouvé ici au même endroit et au même moment.
Je guette ma femme qui met toutes les provisions dans le capot, j’ai eu chaud en la voyant surtout avec son ventre. C’est mon enfant qu’elle devait être en train de porter.
Certes je lui ai menti, mais je l’aimais. Je lui ai dis que j’étais divorcé et tout ça mais c’est parce qu’elle m’avait dit dès notre premier échange, ne pas être chaud pour la polygamie. Et j’avais juste trouvé cette excuse, j’avais pensé lui dire la vérité un jour.
L’excuse de mes nombreux voyages était juste pour aller retrouver ma famille en Allemagne. Je suis marié à une femme certes plus âgée que moi mais que j’aime bien.
Hélèna est un pilier dans ma vie, c’est grâce à elle que j’en suis où je suis aujourd’hui. Elle m’entretient financièrement je l’admets.
Le jour où j’étais partie sans prévenir Samina, c’est parce que je venais d’apprendre qu’elle avait choisi de me faire une surprise en venant au pays sans m’avertir. Je n’avais pas le temps de réfléchir, il fallait vite me trouver dans l’autre appartement qu’elle payait à ses frais. J’ai trouvé un prétexte pour que l’on passe une semaine à l’hôtel en attendant que je réinstalle toutes les affaires. Je ne pouvais faire signe à Samina parce le premier soir, elle a vu des messages dans mon téléphone et elle l’avait pris en otage en me faisant un scandale donc fallait que je me fasse petit pour ne pas risquer de me faire retirer mes cartes de crédit. Il m’a fallu du temps pour la calmer et la rassurer avant qu’elle ne me dise qu’elle pense rester ici avec moi.
Hélèna : tu viens Moussa ?
Comme un petit toutou, je marche vers la voiture mais je ne peux m’empêcher de jeter un petit coup d’œil derrière moi pour espérer la voir. Pour la première fois, je regrette d’être un g****o.
*******SAMINA********
Khalil : Samy chérie, viens t’asseoir près de moi.
Je quitte mon fauteuil pour venir prendre la place qu’il m’offrait.
J’ai un soupir satisfait, une satisfaction plus profonde que l’amour même. De tels moments, si longtemps attendus, lorsqu’il revient de bureau. Plus gratifiant encore que la passion charnelle, plus que la persistance de l’insatiable désir qui unit nos corps est ma plus grande fierté. Nos années de séparation avaient laissé les cendres d’un feu qui ne réclamait qu’un souffle de vent, une allumette, un peu de papier et de bois, pour reprendre vie. Pouvoir être assis ensemble, ah ! C’est une joie encore plus merveilleuse. En de tels instants quand au bonheur d’être enfin réunis après tant d’années venait celui de vivre ensemble. Je sais que cette fois, j’ai obtenu ce que je désirais, ce que je méritais, depuis toujours.
Je suis assise sur lui alors qu’il pose sa tête sur mon ventre.
Moi (riant) : tu es niais ?
Khalil : et alors ? Tu es ma femme non ?
Moi : rohh monsieur, je vois pourquoi tu étais aussi grincheux.
Khalil : humm.
Moi : tu ne pouvais t’empêcher de te mêler de ma vie.
Khalil : c’était pour te protéger.
Moi : de toi-même où des autres ?
Khalil : bien sûr des autres.
Moi : tchipp, dis plutôt que tu étais jaloux de me voir avec d’autres hommes.
Khalil : si tu y crois.
J’essaie de repousser sa tête mais il est tellement tenace qu’il ne bouge d’un iota.
Moi (essayant de le repousser) : allez laisse moi.
Khalil : non, je suis bien comme ça.
Moi (soupirant) : mais je suis fatiguée moi!
Khalil : c’est normal après tout, tu es enceinte.
Moi : rohh que bientôt j’accouche !
Khalil (amusé) : il te reste encore trois mois tu sais.
Moi : pas besoin de me le rappeler, je sais compter.
Khalil (rire) : oh la susceptible.
BAPTÊME
Le 25 Mai 2019, mon fils Mouhamed Diao est né, il pesait quatre kilos à sa naissance. Et j’ai souffert le martyre avant de le voir pour la première fois. On avait proposé la péridurale mais c’était juste hors de question pour moi, je voulais le mettre au monde dans la douleur de l’enfantement.
Et cette fois encore, Khalil m’avait accompagnée dans la salle d’accouchement. Il était apte pour partager cette douleur et cette peine mais aussi cette joie de faire la rencontre de son fils. Manila et les autres étaient venus, quand je fus ramené dans ma chambre. Je n’avais pas droit à beaucoup de visites donc à part ma fille et nos mères, personne n’avait accès à moi.
QUELQUES MOIS APRÈS
Khalil revient de la douche avec son bas de jogging et rien de plus.
Khalil : j’ai toujours aimé ta timidité avant l’acte, ça m’excite.
Il approche son visage et capture ma bouche, ses mains se baladent un peu partout sur mon corps.
Khalil : ça aucun homme ne pourra le savoir.
Moi : Khalil !
Khalil : je sais, je suis là.
Il ne me fait pas l’amour, il me touche comme j’aime.
Je gémis et quand je sens que je vais hurler, j’essaie de mettre ma main devant ma bouche mais une fessée vient m’en empêcher.
Khalil : je ne veux pas voir ta main t’empêcher de crier.
Moi : ohhh !
Khalil : est-ce que c’est clair ?
Moi : oui.
J’essaie de me retenir mais je ne peux encore, je suis obligée de mettre ma main devant ma bouche pour ne pas alerter l’enfant aux alentours et automatiquement je sens Khalil qui s’arrête.
Moi : Khalil !
Khalil : je t’avais prévenu.
Il se lève alors que j’essaye de le retenir mais il esquive mon geste et me regarde droit dans les yeux.
Moi : d’accord Khalil je ne vais pas le refaire.
Khalil (amusé) : trop tard.
Je le vois se diriger vers la salle de bain avant d’entendre le cliquetis, je retombe sur le lit toute molle, je ne peux croire qu’il ait fait ça.
Dix minutes, il revient cette fois ci encore habillé d’un bas de jogging, il vient se positionner dos à moi.
Je m’approche très vite de lui.
Moi (lui caressant le dos) : Khalil.
Khalil : hum.
Moi : s’il te plaît !
Khalil : Samina ne m’énerve pas stp.
Moi : tu ne peux pas me punir ainsi Khalil.
Khalil : je t’avais n’est-ce pas prévenu ?
Moi : s’il te plaît !
Je passe ma main autour de son corps il se décale doucement.
Khalil : Samina.
Moi : je t’en supplie Khalil.
Il se retourne enfin pour me regarder en face.
Khalil : tu connais les règles du jeu.
Moi : ça faisait longtemps et j..
Khalil : ne te trouve pas d’excuses Samina, tu sais très bien comment les choses marchent.
Moi : je suis désolée.
Khalil : pff!
Je passe ma main dans son cou et approche ma bouche pour l’embrasser. Il répond fougueusement à mon b****r.
Khalil : Samina.
Moi : oui ?
Khalil : c’est la dernière fois.
Moi : oui.
*********
J’étais en train de dormir quand j’ai eu la sensation que l’on me caresse le bras.
Khalil : Samina réveille toi.
Moi : humm .
Khalil : c’est l’heure de la prière, lève toi.
Moi : hunheu...
Khalil : allez debout !
J’ouvre les yeux pour me confronter avec son visage, son qamis noir qui lui donne l’air plus mystérieux qu’il ne l’est déjà.
Il tire sur la couverture et je sens la fraîcheur du climatiseur me caresser le corps et je ronronne en essayant de me couvrir mais il tire le drap dessus.
Khalil : vas-y tu es pleine de souillures.
Moi : hum.
Je me lève à contrecœur pour le surpasser et sens son regard derrière mon dos.
Je sors de la salle de bain toute nue et le trouve concentré dans son chapelet avant de poser ses yeux sur moi. Il me regarde, sourit avant de secouer doucement la tête avec un air bien malicieux. Je passe prendre la serviette avant de m’envelopper dessus.
Après la prière, j’allais vite me recoucher lorsqu’il m’arrête
Khalil : tu n’as pas oublié quelque chose ?
Je le regarde, perdue avant de voir que j’avais toujours son qamis. Khalil n’a jamais aimé que je dorme avec des habits même aussi minimes que ce soit.
Je me déshabille et vient le retrouver sous la couverture.
Khalil : si tu pouvais te voir, tu verrais combien tu peux être belle.
Moi (rire) : je sais
Khlil : comme je t’aime
Moi : je t’aime aussi.
FIN