CHAPITRE 14
Tous les trois nous nous regardons, en moins de temps je vois le poing de Moussa se former pour aller cogner sur le visage de Khalil. J’ai le temps de cligner que Khalil lui rend encore plus et voilà une série de coups qui s’enchaîne.
Je crie en m’approchant des deux, mais les coups pleuvent tellement que je ne sais que faire. Tous les coups sont rendus, je crie pour qu’ils se séparent mais je les vois se cogner comme des bêtes. Je n’ai pas le temps de comprendre que Khalil lui donne un crochet qui lui fait perdre l’équilibre et Moussa tombe sur les fesses avec son gabarit. Je cours m’interposer avant qu’il ne se relève.
Moi : VOUS ÊTES FOUS ?
Moussa se relève puis essaie de me repousser mais je campe à ne lui faire de l’espace. S’il le voulait, il aurait bien pu m'éjecter, je le regarde de plus près pour voir qu’il saigne du nez et il a une lèvre fendue. Je me retourne encore sur Khalil pour voir sa pommette bleutée.
Moi : C’EST ÇA ÊTRE DES HOMMES POUR VOUS ? VOUS VOUS BAGARREZ COMME DES BÊTES ?
Aucun des deux ne me répond.
Moi : voilà tu saignes du nez.
Moussa (menaçant Khalil) : tu vas me le payer !
Khalil : pff quand tu veux.
Moi : Khalil !
Khalil : il fait quoi ici ?
Moi : ceux ne sont pas tes affaires.
Khalil : jusqu’à la dernière nouvelle, tu es ma femme.
Moi : je demande le divorce.
Il tique mais ne répond pas.
Moussa : tu crois que tu vas réussir à me la voler? Tu te trompes !
Moi : déjà je ne suis pas une chose.
Khalil : qu’il part d’ici.
Moi : s’il y’a quelqu’un qui doit partir d’ici, c’est toi.
Khalil me menace du regard de reprendre mes mots mais avec ce que j’ai découvert aujourd’hui, il est le moins placé pour me faire des reproches.
Khalil : ok.
Il tourne les talons et je le regarde partir aussi fièrement que s’il venait de recevoir un trophée. Dès que je ne vois plus sa silhouette, je ferme la porte en me retournant sur Moussa qui n’est pas très beau à voir.
Moi : je ne te savais pas aussi enfantin.
Moussa : c’est lui…
Moi : inutile de te trouver des excuses, viens te nettoyer.
********
Manila : pourquoi tu es revenue ici maman ?
Moi : j’avais besoin de réfléchir.
Manila : vous allez encore vous séparer avec papa ?
Je ne sais pas comment lui expliquer qu’il est impossible pour nous de construire quoi que ce soit. Moussa a passé la nuit dans l’appartement, il a bien sûr dormi sur le canapé. On a plus parlé, j’avais besoin de rester seule et j’ai fermé ma chambre. Je l’avais entendu m’annoncer qu’il allait rentrer mais je ne lui ai rien dit.
Manila : répond moi maman, vous allez encore vous séparer ?
Moi : je crois bien.
Un hoquet sort de sa bouche avant que je ne perçoive ses larmes.
Manila : donc je n’aurais jamais la joie de voir mes parents réunis ?
Moi : oh !
Manila : c’est toi qui ne veux pas hein.
Moi : quoi ?
Elle se lève en me balançant ses mots de reproche.
Manila : c’est ta faute si ça ne marche pas entre vous deux. Comme toujours tu ne penses qu’à toi…
Moi : Manila !
Manila : j’aurais aimé avoir une autre mère que toi [je tressaille] mais si vous divorcez, je resterai avec papa lui au moins pense à mon bonheur.
J’ai le cœur qui bat tellement fort que je la vois passer en éclair pour courir vers sa chambre. Je me lève aussi vite que je le peux pour suivre ses pas. J’essaie d’ouvrir la porte avant de voir qu’elle est fermée.
Moi : ouvre-moi Manila !
Manila : non !
Moi : on doit parler, ce n’est pas ce que tu penses.
Manila : je te déteste.
*******KHALIL*********
Mère : ça ne me surprend pas, un nouveau divorce.
Ma sœur : mais cette fois avec le mariage qui a le moins durée du siècle.
Moi : vous avez fini ?
Mère : ah on est choqué, nous étions là pour féliciter Samina d’être revenue dans la famille et qu’est-ce qu’on apprend? Monsieur pense à divorcer.
Moi : pff !
Ma sœur : je crois que tu as une djinn amoureuse, c’est pour cela que tes relations ne durent pas.
Mère : je ne dirai pas le contraire.
Je me lève, agacé comme toujours de leurs balivernes. Je n’arrive pas à croire qu’encore l’histoire se soit répétée.
Une nouvelle fois, Samina me quitte pour un autre homme. J’étais parti lui expliquer pourquoi Souko était ici et qu’elle se faisait des fausses idées mais qu’elle ne fût ma surprise de découvrir que l’autre c*n qui étais parti-je ne sais où, est revenu.
En plus si elle divorce avec moi pour lui, cela veut dire qu’elle tolère la polygamie ?
*******SAMINA********
Maman : non non, je ne vais pas l’accepter une nouvelle fois.
Moi : c’est ma vie maman, pas la tienne.
Maman (avec hargne) : ferme ta bouche tu me dis c’est ma vie.
Moi : humm.
Maman : je crois que ça ne tourne pas rond chez toi. Mais cette fois ci si tu divorces, tu peux me considérer comme morte.
Moi : …
Maman : et je ne blague pas là-dessus, parce que pour toi le mariage c’est juste un torchon. Je te préviens que, si au lieu de sauver ce mariage tu divorces, oublie-moi.
Elle quitte le salon en me laissant seule avec ma sœur qui ne parle plus depuis que je suis venue leur annoncer qu’encore une fois, je vais divorcer avec Khalil.
Aïda : je ne comprends pas, moins d’un mois de mariage vous décidez de divorcer.
Moi : c’est compliqué.
Aïda : ça a toujours été compliqué avec toi.
Moi : humm.
Aïda : tu ne crois pas qu’il est encore temps de réfléchir ?
Moi : il n'y a rien à réfléchir, ça ne peut le faire entre nous deux. Nous sommes tous les deux très impulsifs.
Aïda : pour toi certes, mais Khalil je ne crois pas. C’est toi qui tire souvent des conclusions hâtives sans penser aux conséquences.
Moi : tu dis ça parce que tu ne sais pas ce qu’il s’est passé.
Aïda : alors dis ce qu’il en est.
Je soupire, je n’ai jamais voulu parler de ma vie personnelle avec qui que ce soit même ma sœur. Personne dans ma vie ne sait jusqu’à présent les motifs de mon premier divorce avec Khalil. Il y’a des choses qui doivent rester entre seulement les deux personnes concernées. Mais cette fois, j’ai qu’à même besoin d’un troisième jugement pour voir si c’est moi qui faute.
Moi : il se tape Souko.
Aïda : quoi ?
Je secoue positivement la tête.
Aïda : comment tu as su ça ? Je veux dire qui t’en as parlé ?
Moi : personne je les ai surpris dans une position qui ne laissait pas de doute.
Aïda : oh mon Dieu ! Souko ?
Moi : et Khalil.
Aïda : je n’arrive pas à y croire, mais comment il a fait pour tomber dans une bassesse pareille ?
Moi : comme si je le savais.
Aïda : si c’est ainsi, tu as mon soutien pour ce divorce.
Moi : merci.
Aïda : De rien, nous sommes quand même des sœurs.
Moi : oui.
**********
Je quitte chez ma mère pour aller faire une visite à l’improviste à Nafy dans sa maison. Depuis qu’elle vit chez son mari, je ne suis partie que rarement lui rendre visite. En plus j’ai besoin de lui parler de Souko.
Depuis que je l’avais surprise avec Khalil, je n’ai plus eu de ses nouvelles et pour dire vrai, je ne veux même pas en avoir. Je l’attends quand elle pensera revenir dans la boîte. J’arrive chez Nafy et entre à l’intérieur en trouvant l’aide ménagère en train de nettoyer les vitres.
Moi : bonjour.
Elle : bonjour madame Samina.
Moi : Arame ça va bien ?
Elle : oui.
Moi : Nafy est là ?
Elle : Oui elle est dans le salon.
Moi : merci
Je passe le couloir en entrant et me dirige vers le salon qui se trouve presque à l’entrée. J’allais m’annoncer quand j’entends des voix distinctives.
Souko : et la Pimbêche croyait quoi que c’est elle seule qui veut le beurre et l’argent du beurre ?