CHAPITRE 7
Je me gare en bas de l’immeuble puis je vérifie mon maquillage dans le rétroviseur avant de sortir mon parfum chétif Scandal de Jean Paul Gaultier.
Je sors et souris fièrement en sentant déjà le charme que je dégage. Je me présente devant la sécurité d’en bas avant de prendre l’ascenseur. J’arrive encore devant la salle d’attente et me dirige vers la secrétaire.
Moi : bonsoir mademoiselle.
Elle lève les yeux sur moi et le regard qu’elle me lance me montre qu’elle m’en veut toujours pour ce qu’il s’est passé la dernière fois.
Elle : bonsoir.
Moi : pourrais-je vois Mr Diao ?
Cette fois-ci, si elle refuse, je vais juste tourner les talons.
Elle : patientez, je l’appelle.
J’opine de la tête, moins d’une minute elle lance le combiné avant de me dire que je peux y aller. Devant le bureau, je sors mon lip lèvre pour forcer encore dessus. Je frappe deux coups avant d’entendre sa voix derrière la porte.
J’entre et cette fois, je ne trouve pas Khalil occupé au contraire, il semble même m’attendre.
Moi : bonsoir.
Khalil : bonsoir Samina.
Je viens prendre place en face de lui tout en déposant mon sac sur l’autre siège.
Moi : comment tu vas ?
Il me regarde en fronçant les sourcils, semblant perplexe.
Khalil : je vais bien.
Je pose doucement les mains sur la table en jouant avec.
Moi : je suis venue pour m’excuser.
Je le vois froncer les sourcils avec un air bizarre.
Moi (papillonnant des cils) : je regrette tout ce qu’il s’est passé dernièrement entre nous Khalil. Je me suis emportée sans raison.
Khalil (levant un sourcil) : humm.
Moi : tu me pardonnes ?
Il ne répond pas à ma question, il me regarde, on dirait il m'étudie, il cherche à me déchiffrer. Mais je suis aussi transparente qu’un verre.
Moi : je comprends que tu sois surpris mais je te rassure. Cette dernière semaine passée m’a permis de réfléchir et de faire une rétrospection sur ma personne et j’ai compris que j’avais commis de nombreuses erreurs.
Khalil (silence) : ….
Moi : je me rappelle quelques années en arrière notre première rencontre.
# DES ANNÉES EN ARRIÈRE #
Khalil et Samina se sont rencontrés dans les couloirs de la majestueuse entreprise Dendima. Samina était venue dans l’entreprise pour un stage alors que de son côté, Khalil était le directeur immobilier.
Khalil était un insatiable du monde de l’entrepreneuriat, toujours mécontent de tout, sans armées mais bourré de talent. Il travaillait d’arrache-pied pour mettre en avant son équipe sans relâche. Pour lui, il n’y avait qu’une seule passion, le travail.
Khalil n’était pas fan d’avoir des stagiaires dans son équipe, mais pour une première fois, il ne trouvait pas d’inconvénients à leur laisser une chance. Et depuis une semaine, la fille se montrait correcte et assidue. Avant même qu’il ne pense à lui demander des choses en tant qu’assistante, elle y avait déjà pensé.
Pour une première fois, il trouvait du plaisir à avoir quelqu’un dans ses pattes.
La première fois que ses yeux se sont posés sur Khalil, Samina avait senti les rythmes de son cœur s’accroître. Elle serait morte pour lui. Elle aurait marché sur des charbons ardents, s’en serait couverte, avant de s’allonger doucement jusqu’à ce que tout soit fini. Il n’y avait rien dans le lexique du comportement humain qu’elle n’aurait fait pour Khalil Diao, à commencer par quitter la maison de ses parents, traverser les continents à pied et mourir de faim dans le désert. Il suffisait qu’il le lui demande.
Durant cette courte durée, Samina savait à peu près tout de lui. Son âge, son cursus et même où il vivait. Elle avait même réussi à connaître son meilleur ami. Elle en savait sur la vie Khalil plus que sur la sienne, heureusement l’internet était là pour lui faciliter la tâche.
Elle avait mis en exécution un plan de séduction qui ne semblait pas porter fruit durant plus d’une semaine. Elle s’était refait une nouvelle garde de robe, lui déposait son café sans sucre à l’heure convenue, ses revues, ses dossiers. Son bureau était toujours bien ordonné. Elle arrivait tous les jours trente minutes en avance pour tout mettre en ordre afin de lui faciliter le travail.
Mais il ne semblait remarquer aucun changement puisqu’il ne l’avait jamais complimenté à ce propos jusqu’à lors de cette visite.
*******KHALIL*******
Moi : merci mademoiselle.
Elle opine en souriant avant de sortir.
Maodo : humm, je vois pourquoi tu te fait rare ces temps ci.
Moi : oh le boulot, tu le vois par toi-même, je suis submergé.
Maodo : eh ne te fous pas de moi, je parle de cette fille.
Moi (fronçant les sourcils) : quelle fille ?
Maodo : mais toi tu vas bien ? Ton assistante !
Moi (soupirant) : ah, mademoiselle Ngom !
Maodo : tu n’es pas sérieux, tu l’appelles ainsi ?
Moi : oui bien sûr, il y’a un problème là dessus ?
Maodo : non mec, ça rassure moi. Tu sens toujours ta virilité ?
Je m’esclaffe en secouant la tête.
Moi : c******n !
Maodo : tu dois être devenu aveugle dernièrement, mais cette fille est une bombe.
Moi : toutes les filles sont des bombes à tes yeux .
Maodo : non sérieux, tu ne vois pas comme elle te dévore du regard ?
Moi : sois sérieux man.
Maodo : mais je suis très sérieux, la fille boit tes mots comme une mélodie. C’est flagrant mon frère.
Moi : on ne mélange pas travail et plaisir.
Maodo : pff, si seulement j’étais à ta place.
Moi : mais tu n’y es pas.
Puis on parle d’autres choses jusqu’à son départ. Puis ses mots me reviennent en mémoire, mademoiselle Ngom me dévorer des yeux ?
Je secoue la tête, Maodo a toujours été assez fou. Je ne dois faire attention à ses bêtises. Mais pour tout, je décide qu’à même à vérifier par mes moyens
# DES JOURS APRÈS#
Moi : asseyez-vous mademoiselle Ngom.
Elle s'assit doucement sur la chaise tout en triturant ses petits doigts en fuyant mon regard. À la regarder de plus près, je dois avouer qu’elle est belle et qu’elle dégage du charme, pas mal du tout.
Moi : vous avez un passeport ?
Elle me regarde, interloquée avant de secouer négativement la tête.
Moi : dommage, j’ai une réunion d’affaires à l’extérieur et j’aurais aimé que vous m’y accompagniez si bien sûr, cela vous tente.
Elle semble tellement sous le choc qu’elle ne dit mot durant plus d’une minute, je reste à la regarder le visage figé. Elle est belle, elle est tellement jolie que s’en est époustouflante.
Puis elle reprend enfin ses esprits.
Samina : moi ?
Moi : tu vois quelqu’un d’autre ici ?
Elle esquisse doucement un petit sourire.
Elle : euh… c’est pour quand ?
Moi : d’ici trois semaines.
Samina : d’accord.
Elle se lève va vers la porte puis de retourner.
Samina : si je réussis à avoir mon passeport d’ici quelques jours, pourrais-je toujours vous accompagner ?
Je souris doucement.
Moi : oui, si vous arrivez à l’avoir à temps.
Elle sort aussi vite que comme si je l’avais chassée.
******SAMINA*********
Grâce à la posture de mon père, j’avais réussi à avoir mon passeport à temps et de partir avec lui. Si j’étais excitée ? Non j’étais plutôt euphorique, à chaque moment je pensais que mon cœur allait s’arrêter de battre tellement j’étais heureuse de faire ce voyage avec lui. Mais il avait continué à rester réservé sur ces gardes, mais je m’en fichais de tout cela juste avoir le privilège de voyager en sa compagnie est meilleur que tout.
Nous sommes arrivés au pays bas puis comme nous avions la journée, il m’a proposé un repos avant de faire un tour. C’était tellement surréaliste que même, quand il avait entrelacé nos mains dans les grandes surfaces pour ne pas l’on se perde, j’avais le corps moite.
Puis le lendemain, nous nous sommes attaqués au boulot jusqu’à la veille de notre départ. Puis durant cette dernière journée, il m’avait avoué l’attirance qu’il ressentait à mon égard. Je croyais être en rêve tellement que je n’y croyais pas. Mais pour toute réponse, je m’étais jeté dans ses bras avant de l’embrasser
# FIN DU FLASH BACK#
*******SAMINA********
Moi : notre mariage et tout le reste c’était mes plus belles années.
Khalil (soutenant mon regard) : qu’est-ce que tu veux Samina ?
Moi (avec une voix tremblante) : est-il trop tard pour nous retrouver Khalil ?
Cette fois, il me regarde comme si j’avais sorti une insulte.
Moi (la respiration saccadée) : comme je le disais tout à l’heure. Je ne peux réfuter l’idée que l’on soit déjà lié à vie par notre fille. Mais en plus de cela, nous avons muri, certes l’un comme l’autre nous avons commis beaucoup d’erreurs mais il n’est pas trop tard pour changer les choses.
Khalil : Samina, au lieu de tourner autour du pot, dis pourquoi tu es là aujourd’hui.
Moi : j’accepte de revenir avec toi, nous remarier.
Khalil : c’est une blague ?
Moi : loin de moi l’idée de jouer avec des choses aussi sérieuses.
Khalil (rire nerveux) : ne te fous pas de moi ok?
Moi : je comprends.
Khalil : c’est toi qui étais partie.
Moi (la mine désolée) : je n’avais pas bien réfléchi à l’époque.
Khalil : et aujourd’hui tu me dis les choses aussi sereinement alors qu’il y’a quelque semaines tu me faisais des menaces ?
Moi : encore désolée pour cette épisode, mais toi tu dois savoir que malgré les nombreuses années passées, je n’ai jamais pu…
Khalil : oui ?
Moi (détournant les yeux) : je ne sais pas comment exprimer cela sans-gêne…
J’allais terminer ma phrase mais après avoir toquer, la porte du bureau s’ouvre.
Moi (me précipitant) : je vais te laisser.
Khalil : non !
Moi : t’inquiète pas, passe quand tu auras le temps et on parlera plus amplement.
Je quitte l’immeuble, le cœur léger, je me suis enfin confiée. J’ai sorti tout ce que j’avais dans le cœur et je sais que le meilleur moyen de passer tout ça, c’est de retourner avec Khalil, comme ma famille me le conseillait depuis des années.