III La soirée du lendemain vit le palais Doria resplendissant de clarté. Debout près de la porte du premier salon, Sbrigelli regardait entrer les nobles Génoises et tremblait de ne pas voir paraître celle dont il allait désormais partager les plaisirs, lui, pauvre sculpteur, qui, dans ses plus beaux rêves d’amour, n’avait pas eu l’espoir d’une telle félicité. Le caprice de Richelieu le poussait dans ce monde inconnu dont il avait maudit les joies enivrantes, ce monde de parfums et de fleurs où vivait Pelinetta. Combien de fois n’avait-il pas blasphémé Dieu quand il voyait la ravissante Italienne disparaître, comme un météore fugitif, au milieu de ces tourbillons dorés ! Et maintenant il allait vivre de la vie de cette femme, respirer le même air, la voir dans tout l’éclat de sa beauté !

