II Un princeLe dîner fini et les sorbets consommés, Téodoro dit vraiment des choses merveilleuses sur les confidents de tragédie : Que le confident, injustement banni de la scène à l’heure qu’il est, laissait une lacune sensible ; que les assassins, les amoureux et les héros en étaient réduits à se parler seuls, ce qui rendait le monologue démesurément prolixe ; Que cette suppression du confident était injuste et dictée par l’arbitraire ; Que le confident demeurait, après tout, aussi indispensable au héros que son mouchoir ; Que le Misanthrope était peut-être le seul qui n’eut pas de confident, parce que le Misanthrope liait les hommes : encore trouve-t-il moyen de prêter quinze minutes la clé de son cœur à Philinthe, tant il est dans la nature de l’homme de s’épancher. Le prince con

