IV Les amoureuxLa passion de Téodoro était réelle : il aimait Cavalcada. On fut très surpris dans la ville de voir une prima donna d’étrier et de tours de cerceaux captiver un prince et l’enchaîner à son char, pour me servir d’une comparaison classique de manège. Le signor Guerra fut raisonnablement flatté de cette alliance de sa maison avec celle des San-Luca : cette distinction ne valait-elle pas un brevet ou des armoiries pour sa troupe ? On n’appelait plus chez lui la petite que Principessa. Ainsi qu’il arrive à toutes les folies de prince, celle-ci fut connue d’abord, puis censurée amèrement : chaque bourgeoise de Livourne donna là-dessus son avis comme un juré. Les femmes envièrent Cavalcada en la méprisant bien haut ; les hommes prétendirent que le prince devenait républicain et

