Quarante-sixième aventure Comment un preux chevalier vit plusieurs fois damp Renart, et fut marri de ne pouvoir l’atteindre teindre. Il y eut jadis un preux et louable chevalier qui avait fait bâtir un beau château dans la plus belle situation du monde. L’édifice s’élevait sur une roche aigue ; le long des murs d’enceinte courait une eau vive et profonde enfermée dans un large lit sur lequel un pont tournant était jeté. La rivière passait au-dessous du tertre et fournissait l’hôtel du Chevalier de toutes les choses qu’on achète ; puis elle allait à quelque distance se perdre dans la mer. Une longue prairie charmait la vue, et sur les coteaux opposés s’étendaient les vignes qui fournissaient le meilleur vin de France. Pour les bois dépendants du domaine, ils formaient un gazon de plus de

