Même jour, centre dentaire de Cruckin

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Même jour, centre dentaire de Cruckin.Le major Kerilis et le docteur Louargat se sont réfugiés dans la “cantine” du cabinet pour trouver un peu de tranquillité et de discrétion, au milieu du défilé de clients. En fait de cantine, il s’agit plus d’une petite cuisine utilisée pour les pauses-café ou déjeuner, qui se compose principalement d’un petit évier, d’un plan de travail avec une cafetière et un micro-ondes, et d’une petite table mélaminée, accompagnée de ses quatre chaises, au design très moderne. Le tout directement venu d’un fabricant suédois de meubles en kit. Pendant que le praticien appuie le bout de ses fesses sur le dossier d’un des sièges, le gendarme reste face à lui, calepin en main. — Je suis vraiment désolé, Docteur, de vous embêter comme ça, et sans rendez-vous, mais j’ai absolument besoin d’en savoir plus sur les deux clients que le docteur Guériec a vus avant-hier soir. Vous pourriez me donner quelques détails ? — Major, comme je l’ai déjà dit à votre capitaine, je compte vraiment sur vous pour qu’on retrouve l’assassin de Guillaume… Le ton se veut aimable, mais laisse filtrer tristesse et émotion. — Vous et vos collègues seront toujours les bienvenus ici pour votre enquête. En même temps, vous comprenez bien que c’est un moment très… pénible et très difficile pour nous. Nous faisons de notre mieux pour accueillir le maximum de clients et, entre guillemets, nous n’avons pas la tête à ça. On prend sur nous, tout le personnel du centre, mais bien sûr, ça… comment dire… ça nous embête un peu de faire encore plus attendre nos clients, s’il faut en même temps répondre à vos questions au milieu des consultations… Alors, si vous pouviez faire en sorte, la prochaine fois… Un peu gêné, le major répond : — Je comprends très bien, Docteur. Cette fois-ci, c’était urgent, mais la prochaine fois, je vous promets de faire en sorte de vous causer le moins de dérangement possible. — Merci ! Alors qu’est-ce que vous voulez savoir ? — Avant toute chose, pourriez-vous me dire tout ce que vous savez sur “le client de 19 heures” ? D’après le cahier de rendez-vous, il s’appelait… — J’ai vérifié : monsieur Schwarz. Et à mon avis, il devait être allemand. Il est entré, m’a dit un « Bonsoir, Monsieur » avec un accent bien marqué et est passé directement dans la salle d’attente. — Vous n’avez rien remarqué de particulier ? — À voir sa tenue, il était venu en vélo, à part ça… — C’est-à-dire ? — Il portait un pantalon ou plutôt un collant, un paletot de cycliste, et il avait un casque genre casque de VTT à la main… Il avait aussi un petit sac à dos. — Et vous pourriez me le décrire ? Le dentiste sourit franchement avant d’enchaîner : — J’ai bien peur que nous tombions dans les clichés, Major… Le peu que je me rappelle était d’une banalité affligeante : plutôt grand, je dirais 1 mètre quatre-vingts, mince, blond à cheveux courts, petites lunettes, mais je ne sais pas si c’étaient des lunettes de vue ou des lunettes de soleil… Une quarantaine d’années… — Et vous seriez capable de nous aider à faire un portrait-robot ? — Là ! Maintenant ? répond, effaré, le plombeur de caries. — Non, mais si vous pouviez passer en coup de vent ce midi, on pourrait l’établir ensemble et commencer à rechercher ce monsieur Schwarz… — Si j’ai bien compris, je vais passer mes vingt minutes de pause de midi chez vous ! C’est réjouissant ! Vous avez autre chose à me demander ? — Juste une question concernant monsieur Langevin, le client de 18 heures 45, vous n’avez rien remarqué de spécial à son sujet ? — Non ! Mais je l’ai à peine vu. Je l’ai juste entraperçu sur le fauteuil quand j’ai dit… au revoir à Guillaume. Il déglutit avec peine sa salive, avant d’ajouter : — Si j’avais pu me douter que c’était la dernière fois que je le voyais… *
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