Le deuxième vendredi.Laure n’a pas eu le temps d’attraper le poignet d’Hugues pour tâter son pouls et vérifier s’il était vivant. Le plafonnier s’est éteint. La laissant dans l’obscurité et dans l’angoisse la plus intense. Le pire scénario possible… En attendant la noyade… Seul petit signe encourageant, les quelques secondes qui se sont écoulées depuis sa reprise de conscience ont permis à son cerveau de refonctionner au maximum de ses possibilités. Elle a pu débloquer son bras gauche, coincé sous la ceinture, et la panique des premiers instants fait maintenant place à une analyse plus professionnelle de la situation. Ses neurones tournent à plein régime pour trouver l’idée, the idea, qui pourrait l’aider à se sortir de là. En une fraction de seconde, elle revoit une émission anglaise, “Top gear”, où l’un des présentateurs s’était livré à une expérience similaire. Il avait essayé de se sortir d’une voiture immergée et n’avait jamais réussi à ouvrir les portes. Il n’avait dû son salut qu’à la présence sur la banquette arrière – sécurité oblige – d’un plongeur qui lui avait donné de l’air avant de le remonter à la surface. Mais ici, pas de plongeur, juste ce bruit lancinant de cascade, venant des ouïes d’aération. Combien de temps lui reste-t-il ?
— Ne panique pas, ma fille, ne panique pas ! Tu as déjà fait de la plongée et c’est le premier précepte. Ne pas paniquer. Ne pas paniquer… Et se dégager de cette f****e ceinture, mais comment, comment ?
À tâtons, ses mains cherchent dans l’eau froide. Avec difficulté, à cause du manque de repères dans ce véhicule inversé, reposant sur le toit, elle essaye de retrouver le vide-poches de sa portière, cherchant un instrument quelconque qui lui permettrait de couper la sangle de sa ceinture. Rien. Le vide-poches est vide, désespérément vide. Alors, elle cherche en dessous de sa tête. Sur le plafond devenu plancher. Ou plutôt piscine. Maintenant, elle peut sentir l’eau à quelques centimètres à peine du sommet de son crâne. Ses doigts atteignent enfin un objet, quand…
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